Les catholiques ivoiriens et leurs pasteurs

26/07/2013 20:01 par perekjean

  • Les catholiques ivoiriens et leurs pasteurs

    Les catholiques ivoiriens et leurs pasteurs

    26/07/2013 20:01 par perekjean

                                     Les catholiques ivoiriens et leurs pasteurs

      Les ivoiriens finiront-ils jamais de digérer « la guerre de la France contre la côte d’Ivoire » ? Rien n’est moins sûr si les choses restent en l’état. Visiblement assommés, ils en ont gros sur le cœur. Parmi eux, les chrétiens cathodiques sont encore indignés de l’attitude de leurs premiers pasteurs : les évêques. Ils ne comprennent pas leur attitude et surtout la confusion qu’ils entretiennent dans leurs propos face au drame que continuent de vivre les Ivoiriens depuis l’intrusion dramatiques des armes dans leur vie politique par ceux qui les dirigent et les narguent aujourd’hui. Après la réaction de MFE que je vous ai partagée il y a deux semaines, j’ai reçu une autre cette semaine que je vous propose : « Bonjour mon père. Je suis un chrétien catholique de Côte d'Ivoire très engagé dans ma paroisse au niveau de la catéchèse dans la pastorale des adultes. Je suis aussi un de vos fidèles lecteurs dans le journal Notre Voie. J’apprécie vos analyses et "prises de position". Mon père, ce qui me chagrine et m'amène à vous déranger, c'est la déclaration des évêques catholiques de Côte d'Ivoire après leur dernière conférence, déclaration dans laquelle ils demandent pardon aux fidèles catholiques après leurs diverses prises de position dans la crise post-électorale sans toutefois nous préciser l'objet exact de leur divergence, et la position autour de laquelle il y a  eu un consensus  à leur niveau. La question fondamentale étant pour beaucoup de chrétiens après «le coup d’état" de la communauté dite internationale, qui avait effectivement gagné ces élections ? Ils nous exhortent au pardon et à la réconciliation dans ce flou, dans la compromission. Les lois ivoiriennes, pour nosseigneurs les évêques, n'existent-elles pas ? Que faisons-nous de notre loi fondamentale pour nos évêques? Le maître a dit "La vérité vous rendra libre". Mon père, pourquoi il n'y a toujours pas cette position courageuse de leur part ? Car, considérant notre loi fondamentale, pour moi, c'est Laurent Gbagbo le vainqueur de cette élection. La loi peut être mauvaise mais son application et son respect pouvaient nous éviter ces morts que nous pleurons aujourd'hui. Alors mon père, je souhaitais poser la question au président de la conférence épiscopale de Côte d’Ivoire afin d'avoir une réponse mais dans les colonnes d'un journal de la place qui voudra bien m'offrir une lucarne. Comment jugez-vous ma démarche et en quels termes dois-je faire cela pour interpeler les fidèles et les évêques catholiques de Côte d'ivoire ? Je m'appelle T. D. (la conscience troublée). Merci mon père de me répondre pour me soulager. Dieu vous bénisse et vous protège, à bientôt et excusez- moi, l'abbé pour ma démarche ! » Quand j’ai essayé de lui faire comprendre, pour l’ « apaiser » que ces questions sont délicates et que je ne vois pas un évêque qui puisse le soulager, et quand j’ai aussi essayé de le convaincre de ne plus avoir « la conscience troublée », mais plutôt la conscience en éveil et de prendre sa part à la libération de notre pays qui doit nous mobiliser tous, que chacun doit y jouer sa partition, que nous devons laisser les évêques jouer la leur s’ils pensent que la voie qu’ils ont prise est la bonne pour le salut de leurs fidèles que nous sommes, il m’a répondu : « Bonjour mon père,
je suis vraiment heureux que ayez pris du temps pour cette lettre. Je vous en remercie infiniment. Mais mon père, comme vous le savez, notre mère Eglise a une place prépondérante dans notre société. Une position courageuse de la conférence des évêques catholiques dans le sens de la vérité ferait que nos autorités actuelles seraient moins arrogantes, la population serait de moins en moins bafouée dans son honneur, et retrouverait sa dignité. Mais bref, l’Évêque de Douala avait vraiment raison quand il les accusait de dire la vérité dans les couloirs des paroisses, mais n'avaient pas assez de courage pour dénoncer l'imposture. Oui, mon père, partager cette inquiétude dans votre rubrique, serait déjà un début de solution, sait-on jamais, cette interpellation fouetterait leur orgueil!
Mon père, un autre sujet: Le silence de  l’Église sur l'accident mortel du nonce Apostolique, même pas une enquête réclamée, comment cela peut être possible?  Un grand diplomate qui meurt dans une situation trouble. Nos pères les évêques ont- ils vendu leur âme au pouvoir? » Jamais les catholiques ivoiriens n’ont été aussi bavards et exigeants sur l’attitude de leurs pasteurs que nous sommes. Il est clair que nous leur devons encore beaucoup d’explications et de témoignages sur les événements qu’a vécus notre pays et qu’il continue encore malheureusement de vivre. Ce qu’ils nous demandent c’est le courage face à l’autorité qui s’exprime de plus en plus par la violence et la dictature. Beaucoup ne comprennent pas que notre Eglise qui était respectée et même crainte pour ses prises de positions courageuses ne compte plus pour rien aujourd’hui dans le débat politique et social qui travaille les Ivoiriens de fond en comble. D’où la question légitime de ce lecteur : « Nos évêques ont-ils réellement vendu leur âme aux autorités politiques actuelles ? » Il est vrai qu’on ne peut pas forcer l’Esprit Saint à parler dans la bouche de nos évêques. Mais tout de même nous osons encore croire que cet Esprit les inspire dans leur méditation, leurs écrits, leur pastoral et leurs homélies. Les chrétiens catholiques Ivoiriens veulent que leurs évêques qu’ils reconnaissent encore, heureusement, comme leurs chefs, leurs pasteurs et leurs premières autorités morales et spirituelles parlent pour qu’ils guérissent ; « Mais dis seulement une parole et je serai guéri », disent-ils chaque dimanche à la messe avant la communion. Ils veulent qu’ils parlent, mais pas n’importe quelle parole ; une parole qui est en lien étroit avec ce qu’ils vivent au quotidien, une parole de l’Evangile par laquelle ils pourront donner un sens et une orientation précise et courageuse à leur vie d’aujourd’hui de plus en plus menacée. De plus en plus, nos fidèles comprennent que leurs pasteurs que nous sommes ne jouent pas franc jeu avec eux, mais surtout avec l’Evangile dont nous sommes pourtant les serviteurs. Sur tous les plans ils nous soupçonnent de tricher avec nos engagements vis-à-vis de Dieu, de l’Eglise et de la société. Ils aiment écouter ceux qui se montrent un peu courageux en dénonçant les injustices et en renonçant aux conforts mondains. Ils répugnent au contraire, et à raison, ceux qui n’ont aucune parole à dire face à leur misère dont ils connaissent les causes. Par leurs actes, nous comprenons que la crédibilité de l’Evangile et de l’Eglise se joue aujourd’hui dans notre pays pris dans la tourmente de la dictature et de la néo-colonisation brutale et excessivement violente. La question que l’attitude des fidèles provoque en nous est de savoir l’importance de la Parole de Dieu et de l’Eglise au milieu d’un peuple dominé, maltraité, pillé et affamé. Jamais la compréhension de l’Evangile et sa mise en pratique n’ont été aussi mises à rude épreuve ces dernières années dans notre pays. Jamais aussi l’attitude du clergé ivoirien n’a été autant suspectée et sujette à caution. Dans les premiers moments de la post crise électorale, un confrère d’Abidjan m’a invité à écouter ses fidèles qu’il voulait libérer du traumatisme de la guerre qu’il venait de vivre. L’exercice était d’écouter patiemment le fidèle et tenter de lui redonner le moral à partir de l’Evangile. Ce que j’ai entendu était terrible. On sent une haine sourde à l’intérieur de chacun. Tous vouaient aux gémonies leurs pasteurs que nous sommes pour notre duplicité et notre manque de courage.

Ouattara et son nord

20/07/2013 01:20 par perekjean

  • Ouattara et son nord

    Ouattara et son nord

    20/07/2013 01:20 par perekjean

Ouattara et son nord

     La visite était très attendue. Les caméras et micros du pays ont été une fois encore réquisitionnés pour la circonstance. Le frère devrait retourner chez lui en famille, au bercail, sur les traces de ses ancêtres. Même transformée pour les besoins de la cause en « visite d’Etat », donc en « visite officielle », elle n’a pas échappé au rituel familial et clanique d’accueil. Le fils était bel et bien « chez lui » à la maison et en famille. Tout le clan était mobilisé. En décidant de rentrer chez lui au nord deux ans après les bombes démocratiques et sarkoziennes qui l’ont porté violemment au pouvoir à Abidjan, notre président a bien voulu rendre un hommage très appuyé à ses parents qui l’ont soutenu de bout en bout, même aveuglement dans la conquête du pouvoir d’Etat situé au sud.  D’ailleurs, ces parents qui ont tout donné- enfants, sang, vie, or, argent, temps- pour le faire roi, n’attendaient que ce « retour de l’enfant soldat » ou plutôt de l’enfant prodige pour lui manifester de nouveau et assez bruyamment leur indéfectible soutien pour « l’injustice » qu’il aurait combattue en chassant du pouvoir du sud le « méchant Gbagbo », lui qui a fait tant de torts au nord et à son digne fils sorti des cuisses de Jupiter et mondialement reconnu. Moi qui depuis le malheureux 11 avril 2011 boude les « activités » et les nombreux voyages de notre président, j’ai compris pourtant que l’entrée du chef qui s’est accaparé du pouvoir du Sud a été très triomphale et même très triomphante. Personne ne pouvait raisonnablement s’en douter. D’ailleurs, comment cela aurait-il été autrement sur un territoire conquis et acquis à sa grande et juste cause ? Cependant, cela a remué fortement en moi quelques préoccupations : serions-nous en train de « perdre le nord » ? Le nord serait-il désormais absolument et irréversiblement acquis à la cause de ses fils qui lorgnent le pouvoir d’Abidjan ? Le nord ne serait-il pas en train, petit à petit, de semer les germes de la dislocation dramatique future du pays ? Les fils du nord ne seraient-ils pas en train, peut-être à leur corps défendant, de favoriser le schisme national ? Ne seraient-ils pas en train de vouloir conquérir pour le dominer, tout le pays par les armes en faisant descendre en grand nombre leurs chasseurs traditionnels dans les fins fonds du pays et en installant les leurs à la tête de l’armée? Ce sont des questions que tout observateur sérieux et averti de la vie politique et sociale de notre pays doit légitimement se poser. Et les propos tenus par notre président dans son nord ne font qu’accroître nos inquiétudes à la fois existentielles et mortelles. En effet, le discours du nord prononcé par Ouattara n’a aucune ambition nationaliste. Au contraire, il est un discours de vainqueur qui encourage chaque région à faire sa guerre de libération et de dignité et pourquoi pas de…cessation. Si hier le nord a fait la guerre aux autres régions du pays pour avoir sa carte d’identité, rien ne dit que le sud ne fera pas la guerre aux autres régions pour revendiquer ses terres annexées et en voie de disparition ou que l’ouest n’ira pas en guerre pour reconquérir ses forêts envahies et confisquées par les étrangers. Tout est une question de logique de survie. On ne se laisse pas mourir. Chaque région de notre pays peut avoir de bonnes raisons de créer et d’avoir son « Soro Guillaume ». En félicitant publiquement comme il le fait très souvent son chef de guerre, Ouattara met volontairement en mal l’unité et la cohésion nationales déjà très entamées et fébriles à cause des armes qu’il a introduites dans la politique de notre pays. Il met aussi en selle tous ces jeunes qui ne manquent pas d’ambition démesurée comme son poulain. Ce discours prend à contre pied le brumeux processus de réconciliation dans lequel tant de milliards sont pourtant engloutis pour de piètres résultats. Quand nos hommes au pouvoir comprendront que la logique guerrière est toujours suicidaire, ils auront fait un grand pas vers la sagesse. Qu’ils se tiennent pour dit : la victoire des armes est toujours éphémère.

     Il a aussi été question de « développement du nord ». La pierre a été méchamment jetée à ceux de nos anciens gouvernants qui auraient abandonné le nord au profit des autres régions qui sont les leurs. On ne peut pas connaître la Côte d’Ivoire et accepté de tels mensonges inventés pour remplir la gamelle qu’on promène dans le monde entier. Si le « développement du nord » intéresse réellement notre président, pourquoi avoir attendu si longtemps après son intrusion au palais présidentiel pour offrir une « visite officielle » à son nord chéri ? Le nord est aujourd’hui pris en otage. A la place de son « développement », ce sont plutôt des prisonniers politiques qu’on lui offre en récompense du soutien au fils prodige. Si  à la fin des nombreux mandats présidentiels des fils du nord qui s’annoncent la tendance des mouvements des peuples de notre pays s’inverse au profit du nord, je comprendrai alors que ceux qui ont gouverné avant eux lui ont fait du tort. Mais je ne rêve pas. Ce sont des discours qui seront toujours servis au nord pour constituer le bétail électoral qui est en fait le vrai rôle qu’on veut lui faire jouer aujourd’hui dans la vie politique de notre pays.

 

 

Le silence de l'Eglise de Côte d'Ivoire

12/07/2013 11:38 par perekjean

  • Le silence de l'Eglise de Côte d'Ivoire

    Le silence de l'Eglise de Côte d'Ivoire

    12/07/2013 11:38 par perekjean

                                               « Le silence de l’Eglise catholique »    

La réflexion de ce weekend m’a été proposée par une lectrice mienne, M.F.E qui a eu l’amabilité de m’envoyer un mail de félicitation et d’encouragement. Je vous propose in extenso son petit mot qui ne manque pas pour autant de pertinence et d’intelligence : « Bonjour mon père, je suis une fidèle lectrice de votre rubrique "au nom de notre foi". Je vous félicite et je suis fière d'avoir un prêtre comme vous ; un prophète qui prêche à temps et à contre temps. En vous lisant je me dis qu'il y a encore dans ce pays des hommes qui ont donné sincèrement leur vie à christ et qui sont prêts à tout pourvu que la dignité humaine soit respectée. J’ai mal quand je vois que des ivoiriennes et ivoiriens sont torturés, tués, brûlés, emprisonnés injustement à côté de nos maisons et que personne ne dit mot. Tous les hommes de Dieu on perdu curieusement la langue. Tout le monde se tait et se fait complice de la souffrance de leurs semblables. Que Dieu vous donne la force mon père pour toujours parler à temps et à contre temps au nom de votre foi. Que vous puissiez aussi interpeller vos confrères pour qu'ils ne nous livrent pas des homélies creuses qui ne collent pas à l'actualité. Nous savons tous que Dieu est amour depuis notre catéchèse jusqu'aujourd'hui, mais que devons nous faire pour que le frère qui est tué, torturé, brûlé emprisonné injustement à côté de nos paroisses sans qu'une petite prière soit dite publiquement pour lui? Dieu nous demandera tous des comptes. Excusez-moi si j'ai été un peu long pour un premier contact. » Pour lui dire merci pour ce mot et surtout pour ce premier contact avec moi, je lui ai demandé de me proposer un thème qu’elle voudrait voir être traité dans la rubrique. Voici sa proposition : « oui mon père. Voici ma proposition : "le silence de l'Eglise catholique face aux violations des droits humains en ci" (tueries, tortures, enlèvements, emprisonnements injustes, confiscation de biens meubles et immeubles). Merci beaucoup mon père pour l'attention que vous avez portée à mes encouragements. Il y a au moins des personnes qui sont attentives à nos "souffrances silencieuses". Au nom de la foi que Dieu vous aide. Soyez toujours rassuré de mes encouragements et de mes prières. Bonne journée. » La pertinence de sa proposition est bien évidente. De plus en plus, les fidèles catholiques africains en général et ivoiriens en particulier s’interrogent sur la mission réelle de leurs pasteurs que nous sommes dans une société qui les maltraitent et dans laquelle ils ne sentent pas le soutien de ceux-là mêmes désignés par Dieu pour les protéger, les couvrir et les défendre dans la tourmente. C’est à juste titre que de plus en plus également, après la messe, les fidèles se demandent ce que leur prêtre leur a raconté dans son homélie. Ils nous disent plus inspirés à prêcher pour la « quête spéciale » qu’à leur faire comprendre, par nos homélies, la profondeur de l’Evangile à partir de ce qu’ils vivent dans la douloureuse réalité de leur quotidien. Notre sœur, qui se fait ainsi l’écho de tant de fidèles ivoiriens, veut comprendre « le silence de l’Eglise catholique face aux violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. » Cela est une préoccupation bien légitime et actuelle. Moi je ne parlerai pas de « silence » mais plutôt de pertinence des réactions de l’Eglise catholique de notre pays face au drame des Ivoiriens. Car il faut reconnaître à sa décharge que l’Eglise catholique n’est jamais restée silencieuse face au désastre humain et matériel que notre pays vit dramatiquement dans sa chair depuis plusieurs années et encore davantage depuis plus de deux ans maintenant après l’irruption brutale et sauvage des « bombes démocratiques » dans la vie politique. Les autorités catholiques ont produit plusieurs déclarations. Mais quelles pertinences ou efficacités et quelles influences ont celles-ci d’abord sur les fidèles, ensuite sur les politiciens et enfin sur l’ensemble des Ivoiriens? Ce qui est à déplorer, c’est que de plus en plus, à l’intérieur de la Conférence épiscopale de notre pays elle-même, les voix sont discordantes qui s’entrechoquent amèrement. Un groupe d’évêques bien connu est véritablement affiché comme soutien au pouvoir actuel de qui il tire certainement beaucoup d’avantages et de profits. Un autre groupe essaie timidement, même mollement de faire entendre des voix contraires mais très vite étouffées pour les besoins de la cause. De cette façon, le risque est de laisser de côté les préoccupations grandissantes des Ivoiriens au profit de batailles inutiles de préséance et d’intérêt de clans pour plaire au pouvoir qui traque, torture, pille et tue de pauvres innocents. Quant aux prêtres eux-mêmes, pris dans le tourbillon du jeu des politiciens, nous nous laissons emporter par la vague et la mêlée, chacun tirant le drap de son côté, accrochés que nous sommes aux intérêts matériels que nous procurent souvent les cadres de nos différentes régions marqués par leur parti politique qui les fait et défait. Nous qui sommes prêtres hors d’Abidjan, nous n’hésitons pas à solliciter les cadres originaires de nos paroisses pour subventionner et parrainer nos activités et pour faire vivre nos paroisses. Dans ces conditions, il va sans dire que le courage prophétique propre à notre ministère et qui devrait marquer nos activités pastorales et nos homélies est fortement biaisé au profit de ces cadres politiquement marqués, et bien entendu au mépris de la douleur d’un peuple chrétien maltraité et humilié par le pouvoir. Les chrétiens ivoiriens rêvent certainement d’avoir des pasteurs à l’image de Desmond Tutu d’Afrique du Sud, du cardinal Christian Tumi, des pères Jean-Marc Ela ou Engelbert Mveng du Cameroun. Ceux-ci ont en effet courageusement lutté contre les injustices et les violations des droits de l’homme des pouvoirs de chez eux. De ce point de vue, le constat est que nous évêques et prêtres ivoiriens avons beaucoup encore à apprendre au niveau de notre engagement pour la justice et les droits de l’homme. L’engagement du prêtre dans la société ne se négocie pas. Il est un ordre divin. La mission qu’il a reçue du Christ lui intime l’ordre de prendre partie, hic et nunc, en faveur des marginalisés, des déshérités, des laissés pour compte de la politique des hommes au pouvoir et des gouvernants prévaricateurs qui ne pensent qu’à leur ventre et à celui de leur clan et région rattrapés. Allant plus loin, le prêtre camerounais, sociologue, anthropologue et théologien, Jean-Marc Ela, lie la violence et la violation des droits de l’homme qui l’accompagne au péché : « Je me suis aperçu que le péché n’est pas seulement quelque chose de personnel ou d’intérieur, de moral et de spirituel. Il a aussi une dimension politique parce que le péché s’inscrit dans les structures d’injustice, de violence et de domination qui font que beaucoup d’hommes sont dépouillés de leurs biens, sont victimes d’un Etat qui affame et tue en fonctionnant par différentes formes de massacres, de violation des droits de la personne et les camps de torture » (Cf. Assogba, Y., Jean-Marc Ela, le sociologue et théologien africain en boubou, Paris, L’Harmattan, 1999, p.65). En Côte d’Ivoire, il nous faut un clergé, mais aussi des fidèles courageux qui savent lutter contre les injustices et non un clergé et un laïcat soumis, accrochés et même scotchés au pouvoir pour des prébendes et autres subsides pour construire des églises et effectuer des pèlerinages en Terre sainte tous frais payés, toutes choses qui ne garantissent pas le courage et l’indépendance d’esprit de l’Eglise et de ses pasteurs qui l’animent. Au nom de l’Evangile et de notre foi, nous devons sortir des sentiers battus du pusillanime pour nous engager aux côtés de la misère qui a pris visage humain chez nous, dans nos presbytères, nos paroisses et nos diocèses.

 

 

 

La dignité africaine

28/06/2013 08:46 par perekjean

  • La dignité africaine

    La dignité africaine

    28/06/2013 08:46 par perekjean

La dignité africaine

     De plus en plus, des voix nombreuses s’élèvent en Afrique et l’on parle de « l’Afrique digne » ou « des Africains dignes ». Ce concept est surtout employé par des intellectuels africains, des journalistes y compris, pour montrer que derrière ce tableau obscur et miséreux que véhicule consciemment et méchamment la presse occidentale pour enfoncer et humilier davantage l’Afrique, il y a une Afrique qui veut bouger et qui refuse de s’aligner sur les ordres des propriétaires du monde qui soumettent sans pitié ce continent en coupe réglée. C’est aussi ce qu’un grand savant africain, Achille Mbembé en l’occurrence, qualifie d’ « Afriques indociles » (Cf. son livre Afriques indociles, christianisme, pouvoir et Etat…, Paris, Karthala, 1988, 213p). Cette « autre Afrique » est constituée surtout d’intellectuels africains de tous les domaines d’activités vivant ou non sur le continent et des étrangers qui prennent de plus en plus fait et cause pour le combat d’émancipation et de dignité que mènent ces intellectuels insoumis contre l’ordre mondial dévoyé et anachronique. Ayant pour la plupart fréquenté les grandes universités du monde et y avoir obtenu leurs diplômes, ils ont suffisamment diagnostiqué le « mal-Afrique », pris le pouls de la situation et ont compris donc le malheur projeté sur ce continent par des groupes d’intérêts mafieux et franc-maçonniques qui ne pensent qu’à la rondeur de leur ventre avec leurs complices locaux qu’ils installent comme leurs relais dans les palais africains. Décomplexés pour la plupart, intègres jusqu’au bout, ils tentent de redorer le blason de l’Afrique étranglée et humiliée à travers écrits, conférences, colloques et manifestations. Si nous devons donner un contenu pur et dur à ce concept, nous avons à comprendre que nous ne devons pas pleurnicher sur notre sort. Nos larmes ont certainement trop coulé, à raison peut-être, à cause de la grandeur de notre drame et de notre profonde amertume. Cependant, l’Afrique digne doit être cette Afrique qui prend conscience de sa situation de dominée et d’humiliée et se donne les moyens, sans rancœur et rancune,  mépris et vengeance, de sortir de sa léthargie chronique et des griffes et crocs de ses agresseurs de plus en plus nombreux, violents et exigeants. C’est aussi cette Afrique qui se dote de présidents dignes, qu’elle choisit elle-même et pour elle-même, selon ses propres visions et intérêts, loin des « bombes démocratiques » et sarkoziennes, porteurs de projets intelligents pour leurs peuples et capables de braver l’adversité et de positionner leurs concitoyens sur le chemin du développement. Tout cela, convenez avec moi, constitue un défi majeur à relever forcément. Car, il y a le poids d’une tradition multiséculaire qui refuse de mourir mais qui s’enracine au fil des ans et il y a aussi, les exigences de développement actuelles dont les Africains dignes sont conscients. Le maître, pour des raisons qui lui sont propres mais que nous connaissons depuis longtemps, refuse de lâcher du lest. En face le néo-colonisé veut prendre, vaille que vaille (on dit chez nous tchoco-tchoco) son envol ici et maintenant. La bataille est épique qui exige que la nouvelle génération, celle qui court derrière sa décolonisation, et non sa « recolonisation » (selon Stéphane Smith), prenne en main le contrôle de la situation. Mais en face, il y a les dinosaures, les timoniers et les « boucantiers » qui ont de tout temps participé aux banquets et à la soupe privilégiés du maître et se sont attachés à son goût au point de croire qu’il est le leur et qu’en dehors de lui, il n’y a pas mieux ailleurs. Ils préfèrent ainsi leur état de dominés et de sous-préfets à tout autre. Mais, dans notre cas, la dignité est une conquête. Elle ne sera jamais un don que le maître voudra nous faire par pure grâce. Il nous faut donc lutter pour la conquérir et en jouir pleinement. En mesurant l’ampleur du drame qui secoue ce continent et l’homme noir depuis leur tumultueuse rencontre avec l’homme blanc, nous déplorons le mépris que celui-ci a toujours eu pour le Noir. Derrière des apparences bons chics bons genres, le Blanc n’acceptera jamais d’être l’égal du Noir. Il dit posséder et contrôler « sa psychologie et son âme ». Au nom de cela, il peut le traiter en esclave et donc en moins que rien. La conquête de notre dignité consistera donc d’abord à prendre conscience que le Blanc nous « aime » parce qu’il peut encore et toujours profiter de nous. Il est donc clair que si les choses restent en l’état, nous continuerons toujours à travailler comme des esclaves pour nous appauvrir et l’enrichir. D’ailleurs, le système actuel mis en place consiste fort bien à nous maintenir dans notre état d’êtres humains subalternes et dominés, taillables et corvéables à merci. Il est malheureux et triste que certains Africains tombent en transe quand, dans des discussions et débats intellectuels, nous évoquons cet aspect nuisible et méprisant de notre relation avec le Blanc. Le pire est qu’on nous défend d’en parler. Pris dans le tourbillon d’une espèce de syndrome de Stockholm où la violée tombe contre toute attente amoureuse de son violeur, ils nous rabâchent chaque fois qu’on n’a pas besoin d’évoquer notre soumission pour nous développer et surtout que le Blanc est là pour nous faire du bien ; qu’il suffit que nous ne voulions pour que notre développement advienne illico presto, ici et maintenant. Le dire, c’est faire semblant d’ignorer tout le système de profits et de rackets mis en place pour que nous demeurions dans notre léthargie chronique. Je suis de ceux qui pensent que nous ne devons pas perdre notre temps à pleurer sur notre sort. Mais je suis tout aussi convaincu que nos malheurs ne viennent pas seulement de nous. La question donc de la conquête et de la découverte de notre dignité reste une priorité. Pour moi, il est le socle sur lequel tout peut se construire en Afrique. Les Asiatiques et les Sud-américains nous en donnent chaque jour l’exemple.

L'amertume d'un prêtre

21/06/2013 11:45 par perekjean

  • L'amertume d'un prêtre

    L'amertume d'un prêtre

    21/06/2013 11:45 par perekjean

L’amertume d’un prêtre

     Beaucoup d’amis miens me félicitent et m’encouragent régulièrement pour la rubrique hebdomadaire « Au nom de notre foi ». Ils vont même jusqu’à louer mon courage selon eux « jamais vu » ! Cette rubrique, depuis plus d’un an que je l’anime, je n’ai jamais reçu d’avis contraires. Je n’ose pas douter cependant que mon opinion ne plaise pas à tous, particulièrement à ceux dont je critique aujourd’hui la politique et la gouvernance dans notre pays ; je suis convaincu qu’ils sont aux aguets, prêts à attaquer, selon leur propre méthode. Mais, en exposant publiquement mes opinions politiques de cette manière et à partir de cette tribune, mon intention n’est nullement de plaire à un camp et de déplaire à un autre camp, loin s’en faut. Mon intention première et essentielle, celle qui me travaille et me guide depuis un moment, est de dénoncer des pratiques inhumaines et honteuses aux antipodes de la civilisation moderne, en prenant la défense des faibles dont je suis. Cela est certainement une prétention de ma part. J’en suis conscient et je l’assume de toutes les façons. Le faisant, j’ai la prétention de m’inscrire dans la lignée glorieuse et la logique légendaire des prophètes bibliques vétéro et néotestamentaires qui ont eu le courage de parler, au nom de Dieu, aux gouvernants de leur temps qui crachaient le feu, maltraitaient et opprimaient leurs peuples de mille et une manières. Je peux citer et encourager à lire Amos, Osée, Jérémie, Ezéchiel, Jean Baptiste, sans oublier Moïse, leur ancêtre commun. Dénoncer, c’est refuser d’accepter une pratique contraire au bon sens et qui porte gravement atteinte à la dignité humaine. Or, depuis le malheureux et triste 11 avril 2011, ceux qui ont été installés sous escorte des bombes démocratiques au palais ivoire font feu de tout bois en matière de violation de la dignité des Ivoiriens qui ne pensent pas comme eux : ils traquent, matraquent, humilient, torturent et tuent leurs opposants.  La barbarie et la violence avec lesquelles ils gouvernent aujourd’hui le pays doivent nous faire sortir de nos sommeils dogmatiques et de nos peurs légendaires pour faire entendre la voix des opprimés et des laissés pour compte de leur ignoble système. Aujourd’hui, les Ivoiriens se regardent en chiens de faïence. Les uns veulent en découdre avec les autres. Malgré le camouflage de cette réalité par le système dominant, ceux qui sont attentifs à la vie du pays, ceux qui ne se plaisent pas à l’étranger, sentent la menace et le danger poindre à l’oraison. En se faisant complice de cette violence et de ce déni d’humanité, la nébuleuse dénie aux Ivoiriens maltraités, humiliés et étranglés le droit à la contradiction, à la démocratie et à la vie. L’amertume que suscite cette attitude doit être criée sous tous les toits afin que le monde entier (et non la « Communauté internationale » seulement) sache qu’en Côte d’Ivoire une partie de la population est méprisée et haïe, maltraitée et bannie à cause de ses opinions politiques et de son indéfectible attachement à un homme en qui elle croit encore parce que porteur de valeurs et de vertus capables de nous sortir de l’emprise des propriétaires de ce monde. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis plus de deux ans maintenant n’est qu’une dictature soutenue et encouragée par les puissances mondiales bien connues en vue du pillage et de l’exploitation systématiques et sans scrupule de nos richesses. Depuis le 11 avril 2011, c’est ce que nous tentons de dénoncer dans nos écrits et nos échanges avec les amis. Le prêtre que je suis crie son amertume devant ce drame qui annonce les prochains malheurs de notre pays. En effet, il n’y a pas à être prophète pour reconnaître que notre pays court vers une autre catastrophe plus grande dans l’état actuel où il se trouve. Nos dirigeants actuels, enivrés par leur victoire d’une guerre qu’ils ont faite par procuration, ferment les oreilles aux cris de détresses et d’angoisses de ceux qu’ils torturent dans les nouveaux camps de concentration et de tortures qu’ils ont créés dans tout le pays. Pendant qu’ils protègent les leurs, ceux issus de leur région, religion, clan, ethnie et parti, ils massacrent les autres avec l’aide  d’une horde de dozos et autres soldats mal famés et incultes transformés pour la circonstance en guérilléros tortionnaires, braqueurs et coupeurs de routes patentés. C’est là justement que la parole du prêtre doit se faire entendre. En parlant au nom de Dieu et non en son nom propre, le prêtre, comme un prophète et ministre du culte, doit attirer l’attention de nos dirigeants actuels sur leurs méfaits et éveiller la conscience des opprimés à partir de la Parole de Dieu. Dans la situation actuelle de notre pays, le risque est que le prêtre, en œuvrant à protéger sa propre tête et ses intérêts personnels, abandonne ses fidèles à l’oppression des dictateurs. Beaucoup malheureusement parmi nous ont fait le choix de ne rien voir, de ne rien dire et de ne rien entendre. Ce choix est foncièrement anti-biblique et suicidaire qui constitue une fuite en avant devant les réalités et les exigences mêmes de sa mission. Le prêtre ne doit pas être un sapeur pompier, celui qu’on sollicite pour éteindre le feu allumé par les politiciens hasardeux en organisant des séances de prières à n’en point finir, mais il doit être un éveilleur de conscience qui prévient les drames en dénonçant les exactions du moment. D’ailleurs, le Concile Vatican II prévient que la prédication du prêtre ne doit pas se contenter ou se limiter à exposer la Parole de Dieu et la doctrine chrétienne de manière générale et abstraite mais celle-ci doit appliquer la vérité permanente de l’Evangile aux circonstances concrètes de la vie (Cf. Décret sur le ministère et la vie des prêtres, n°4). Cela veut tout simplement dire que le prêtre doit faire comprendre les évènements de son temps à  la lumière de la Parole de Dieu.  

 


 

L'amertume d'un prêtre

21/06/2013 11:37 par perekjean

L’amertume d’un prêtre

     Beaucoup d’amis miens me félicitent et m’encouragent régulièrement pour la rubrique hebdomadaire « Au nom de notre foi ». Ils vont même jusqu’à louer mon courage selon eux « jamais vu » ! Cette rubrique, depuis plus d’un an que je l’anime, je n’ai jamais reçu d’avis contraires. Je n’ose pas douter cependant que mon opinion ne plaise pas à tous, particulièrement à ceux dont je critique aujourd’hui la politique et la gouvernance dans notre pays ; je suis convaincu qu’ils sont aux aguets, prêts à attaquer, selon leur propre méthode. Mais, en exposant publiquement mes opinions politiques de cette manière et à partir de cette tribune, mon intention n’est nullement de plaire à un camp et de déplaire à un autre camp, loin s’en faut. Mon intention première et essentielle, celle qui me travaille et me guide depuis un moment, est de dénoncer des pratiques inhumaines et honteuses aux antipodes de la civilisation moderne, en prenant la défense des faibles dont je suis. Cela est certainement une prétention de ma part. J’en suis conscient et je l’assume de toutes les façons. Le faisant, j’ai la prétention de m’inscrire dans la lignée glorieuse et la logique légendaire des prophètes bibliques vétéro et néotestamentaires qui ont eu le courage de parler, au nom de Dieu, aux gouvernants de leur temps qui crachaient le feu, maltraitaient et opprimaient leurs peuples de mille et une manières. Je peux citer et encourager à lire Amos, Osée, Jérémie, Ezéchiel, Jean Baptiste, sans oublier Moïse, leur ancêtre commun. Dénoncer, c’est refuser d’accepter une pratique contraire au bon sens et qui porte gravement atteinte à la dignité humaine. Or, depuis le malheureux et triste 11 avril 2011, ceux qui ont été installés sous escorte des bombes démocratiques au palais ivoire font feu de tout bois en matière de violation de la dignité des Ivoiriens qui ne pensent pas comme eux : ils traquent, matraquent, humilient, torturent et tuent leurs opposants.  La barbarie et la violence avec lesquelles ils gouvernent aujourd’hui le pays doivent nous faire sortir de nos sommeils dogmatiques et de nos peurs légendaires pour faire entendre la voix des opprimés et des laissés pour compte de leur ignoble système. Aujourd’hui, les Ivoiriens se regardent en chiens de faïence. Les uns veulent en découdre avec les autres. Malgré le camouflage de cette réalité par le système dominant, ceux qui sont attentifs à la vie du pays, ceux qui ne se plaisent pas à l’étranger, sentent la menace et le danger poindre à l’oraison. En se faisant complice de cette violence et de ce déni d’humanité, la nébuleuse dénie aux Ivoiriens maltraités, humiliés et étranglés le droit à la contradiction, à la démocratie et à la vie. L’amertume que suscite cette attitude doit être criée sous tous les toits afin que le monde entier (et non la « Communauté internationale » seulement) sache qu’en Côte d’Ivoire une partie de la population est méprisée et haïe, maltraitée et bannie à cause de ses opinions politiques et de son indéfectible attachement à un homme en qui elle croit encore parce que porteur de valeurs et de vertus capables de nous sortir de l’emprise des propriétaires de ce monde. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis plus de deux ans maintenant n’est qu’une dictature soutenue et encouragée par les puissances mondiales bien connues en vue du pillage et de l’exploitation systématiques et sans scrupule de nos richesses. Depuis le 11 avril 2011, c’est ce que nous tentons de dénoncer dans nos écrits et nos échanges avec les amis. Le prêtre que je suis crie son amertume devant ce drame qui annonce les prochains malheurs de notre pays. En effet, il n’y a pas à être prophète pour reconnaître que notre pays court vers une autre catastrophe plus grande dans l’état actuel où il se trouve. Nos dirigeants actuels, enivrés par leur victoire d’une guerre qu’ils ont faite par procuration, ferment les oreilles aux cris de détresses et d’angoisses de ceux qu’ils torturent dans les nouveaux camps de concentration et de tortures qu’ils ont créés dans tout le pays. Pendant qu’ils protègent les leurs, ceux issus de leur région, religion, clan, ethnie et parti, ils massacrent les autres avec l’aide  d’une horde de dozos et autres soldats mal famés et incultes transformés pour la circonstance en guérilléros tortionnaires, braqueurs et coupeurs de routes patentés. C’est là justement que la parole du prêtre doit se faire entendre. En parlant au nom de Dieu et non en son nom propre, le prêtre, comme un prophète et ministre du culte, doit attirer l’attention de nos dirigeants actuels sur leurs méfaits et éveiller la conscience des opprimés à partir de la Parole de Dieu. Dans la situation actuelle de notre pays, le risque est que le prêtre, en œuvrant à protéger sa propre tête et ses intérêts personnels, abandonne ses fidèles à l’oppression des dictateurs. Beaucoup malheureusement parmi nous ont fait le choix de ne rien voir, de ne rien dire et de ne rien entendre. Ce choix est foncièrement anti-biblique et suicidaire qui constitue une fuite en avant devant les réalités et les exigences mêmes de sa mission. Le prêtre ne doit pas être un sapeur pompier, celui qu’on sollicite pour éteindre le feu allumé par les politiciens hasardeux en organisant des séances de prières à n’en point finir, mais il doit être un éveilleur de conscience qui prévient les drames en dénonçant les exactions du moment. D’ailleurs, le Concile Vatican II prévient que la prédication du prêtre ne doit pas se contenter ou se limiter à exposer la Parole de Dieu et la doctrine chrétienne de manière générale et abstraite mais celle-ci doit appliquer la vérité permanente de l’Evangile aux circonstances concrètes de la vie (Cf. Décret sur le ministère et la vie des prêtres, n°4). Cela veut tout simplement dire que le prêtre doit faire comprendre les évènements de son temps à  la lumière de la Parole de Dieu.  

 

 

 

Prolongation à la CPI (deuxième partie)

14/06/2013 19:16 par perekjean

  • Prolongation à la CPI (deuxième partie)

    Prolongation à la CPI (deuxième partie)

    14/06/2013 19:16 par perekjean

Prolongation à la CPI (deuxième partie)

      Le dossier était bel et bien vide. Il n’y a donc rien à redire là-dessus. Tout le monde entier le sait désormais. On peut le constater, la montagne n’a accouché qu’une d’une maigre souris. Dans le langage profane, on qualifierait l’acte de la procureure d’échec patent. On dirait que le travail a été bâclé et donc mal fait. On pourrait même lui donner une note. Il est médiocre. Mais, il faut faire avec le nouvel ordre mondial qui a sa propre terminologie et son propre langage- que les non initiés ne comprennent pas très souvent- pour éviter l’humiliation due à ses échecs. Il a plutôt parlé d’ « insuffisance de preuves ». L’affaire Laurent Gbagbo qui s’est invitée, sous plusieurs aspects, dans tous les débats sérieux depuis le 11 avril 2011 et même bien avant, est sûrement en train de connaître son dénouement voire sa fin. Quel que soit son point de chute, Dieu seul le connaît, elle aurait marqué les consciences et les esprits des générations actuelles. Et rien ne dit qu’elle ne le sera pas pour celles à venir. Elle aurait surtout dévoilé beaucoup de secrets que le commun des hommes n’aurait jamais pu imaginer. L’affaire est donc sérieuse et passionnante. Certainement qu’elle a aiguillonné l’esprit et l’intelligence de tous les juristes du monde qui auraient souhaité être là soit pour condamner soit pour défendre. Il y a beaucoup de matières à ce propos et chacun se croit capable de faire ses preuves dans l’exercice qu’il aurait choisi : défendre ou condamner. Dans tous les cas, il est à retenir que ceux qui ont décidé d’attaquer et de condamner en ce moment ont lamentablement échoué, quoi qu’on dise. Ils n’ont donc pas été à la hauteur de la mission que les puissants de ce monde leur ont pourtant exigée contre espèce sonnante et trébuchante. En voulant tricher avec la vérité qui est synonyme de droit et de justice, ils se sont plantés net à la face du monde. Peut-on éternellement tromper le monde et les hommes ? Peut-on toujours avoir raison des autres ? Peut-on toujours être vainqueur ? Certes, le débat est loin d’être clos vu la tournure politique qu’elle pue. Les enjeux étant énormes, ceux qu’on croit avoir perdu aujourd’hui dans cette affaire de condamnation peuvent bien rebondir à la prochaine audience pour assommer davantage l’adversaire qui semble avoir le vent en poupe en ce moment. Mais une victoire est une victoire. Ne boudons donc pas notre plaisir du moment. Il y a bien longtemps que nous avions ri. Ce que le monde doit impérativement savoir, c’est que Laurent Gbagbo que les médias occidentaux et leurs succursales africaines ont jusque-là présenté comme un assassin, un meurtrier doublé de violeur incorrigible, en définitive un diable, n’est qu’un individu honnête, un intellectuel doué. S’ils étaient eux-mêmes un peu honnêtes, ils n’auraient eu qu’à regarder son parcours pour le connaître véritablement. Et on aurait gagné beaucoup de temps et économisé aussi beaucoup d’argent dans cette nauséeuse affaire qui pue à mille lieues la mascarade. Certainement qu’il leur faudra dorénavant retourner aux origines de l’homme, voir son parcours, étudier son histoire, interroger ses amis- Dieu seul sait combien il en a dans le monde et surtout dans son pays, lire et étudier ses œuvres. A la fin, ils se rendront bien compte qu’ils se sont trompés de cible. Ils concluront honnêtement que Laurent Gbagbo a pris la place d’un autre qu’ils connaissent bien à la CPI et qui se promènent aujourd’hui librement dans le monde entier. Gbagbo Laurent n’a jamais fait de coup d’Etat ; lui en a fait. Gbagbo Laurent n’a jamais monté une rébellion pour parvenir au pouvoir, lui l’a fait et cela tout le monde entier le sait car lui-même ne l’a jamais caché. Quand le nouvel ordre mondial comprendra et acceptera « la vérité historique » des faits qui se sont déroulés dans notre pays en refusant de se laisser désormais corrompre et bourrer le cerveau par sa propre presse et des rapports d’ONG dont l’incompétence et la prévarication sont visibles et ne sont donc pas suspectes, il saura effectivement qui est Laurent Gbagbo. Il me semble que nous devons aussi lire la décision des juges de la Cpi dans cette perspective en ne la limitant pas uniquement à des lacunes propres à la procureure et à son groupe. C’est le regard du monde sur Laurent Gbagbo qu’il faut donc transformer pour recentrer le débat dans sa juste mesure et le placer dans ses dimensions réelles et vraies et faire éclore enfin la « vérité historique ».

 

 

Homélie du mariage de Bernard et Gilberte

07/06/2013 20:34 par perekjean

  • Homélie du mariage de Bernard et Gilberte

    Homélie du mariage de Bernard et Gilberte

    07/06/2013 20:34 par perekjean

Diocèse de Daloa

Paroisse Christ roi de Daloa

Mariage de Bernard et de Gilberte

Samedi 8 juin 2013

 

 

     Chers parents, chers amis de Bernard et de Gilberte, frères et sœurs en Christ, vous qui êtes venus de près ou de loin pour prendre part à cette fête de l’amour, soyez les bienvenus. Soyez les bienvenus dans notre paroisse Christ roi pour célébrer et fêter l’amour à travers le sacrement du mariage que nous sommes en train de célébrer, l’amour entre deux êtres humains (un homme et une femme) qui se sont regardés, vus et se sont aimés et ont donc décidé de prendre leur responsabilité, en mettant ensemble leur amour pour en vivre ensemble les joies et en partager les difficultés.

 

     Je voudrais relever, pour commencer, deux symboles qui me frappent personnellement l’attention dans le mariage de KONE Bernard et de TIZIE Gilberte.

Premier symbole : il s’agit de KONE qui se marie avec TIZIE Gilberte. Pour les Ivoiriens avertis, profondément ancrés dans la tradition, KONE qui vient du Nord et est Senoufo est de tout temps en alliance à plaisanterie avec TIZIE Gilberte qui vient, elle, du Centre Ouest et qui est gouro. Quand un sénoufo et une gouro qui sont en alliance à plaisanterie acceptent de convoler en juste noce, je peux logiquement inférer et certifier qu’ils ne sont plus des plaisantins mais des sérieux. Ils transforment ainsi, au vu et au su de tous, leur alliance à plaisanterie en alliance d’amour. Ils passent ainsi de l’amour-plaisantin à l’amour-sérieux devant Dieu et devant les hommes.

 

Deuxième symbole : il y a peu, cette union entre KONE et TIZIE Gilberte serait passée inaperçue. Certainement qu’elle n’aurait éveillé l’attention de personne. Mais de plus en plus, et dans notre pays, entendre que KONE qui vient du Nord se marie avec TIZIE Gilberte qui vient du sud, selon le découpage politique actuel de notre pays, cela fait dresser les cheveux et aiguiser l’attention et la curiosité de beaucoup d’entre nous et fait forcément des saint Thomas. On pourrait vraisemblablement se demander si cela est encore pensable, possible et même faisable dans notre pays qui sort de sa guerre cauchemardesque volontairement voulue et entretenue entre le Nord et le Sud. Avec ce mariage, nous pouvons comprendre que les barrières montées de toutes pièces et entretenues dans l’imaginaire des assoiffés de pouvoir peut être dynamitée parce que construites sur du faux, de l’artificiel et des préjugés grotesques et burlesques. Ou alors, en supposant même que cela fût vrai, on pourrait inférer, sans vraiment se tromper, que seul le mariage peut encore, dans l’état actuel de notre pays, nous aider à relier notre Nord et notre Sud méchamment et impitoyablement balafrés et traumatisés. L’amour fait forcément sauter les barrières régionales, ethniques et claniques car l’amour ce n’est pas de la plaisanterie, c’est du concret et du sérieux. Merci à KONE et à TIZIE Gilberte de nous faire comprendre cela, au cœur d’une actualité toujours chaude et brulante de notre pays. Alors, chers messieurs et chères mesdames chargés de la réconciliation des Ivoiriens, vous qui peinez depuis toujours à réconcilier les Ivoiriens, KONE et TIZIE Gilberte vous montrent généreusement et gratuitement la voie à suivre pour nous réconcilier : donnez désormais vos filles et vos garçons du Sud à ceux du Nord et inversement et voilà la réconciliation. Cela nous fera économiser beaucoup de temps et surtout beaucoup d’argent mais nous fera gagner et grandir en amour et en vertu! Ne voilà-t-il pas alors que l’amour fait des merveilles là où les hommes, remplis d’orgueil et imbus d’eux-mêmes, sont en passe d’échouer lamentablement?

     Voici les symboles d’amour que je relève de cette union et que j’ai bien voulu porter à votre connaissance et partager avec vous.

 

     Frères et sœurs, dans un monde de plus en plus dépravé et qui s’homosexualise à volonté, il est heureux que nous nous retrouvions autour de Bernard et de Gilberte (et non de Bernard et de Bernadin ou de Gilberte et de Bernadette) pour donner une réplique cinglante à tous ceux qui, de plus en plus, affectionnent cette union bizarre et surréaliste. Nous, nous avons choisi, avec Bernard et Gilberte de célébrer dignement l’union matrimoniale comme Dieu le veut, à savoir un homme et une femme et non un homme et un homme ou une femme et une femme comme l’occident civilisé nous le montre maintenant sans honte et avec grande fierté et une  publicité à la fois bruyante et honteuse. Nous n’avons pas à cautionner et à promouvoir, chez nous, sous aucun prétexte, une telle dépravation et prostitution de l’amour et de l’union matrimoniale qui porte gravement atteinte à l’honneur, au bon sens et à la dignité de l’espèce humaine, au progrès et à la civilisation de la famille. Préservons, pendant qu’il est encore temps, la pureté de l’union conjugale entre l’homme et la femme, selon la volonté du Créateur. Pour cela, et pour bien d’autres, Bernard et Gilberte méritent notre soutien et nos bénédictions.

      Nous sommes donc en joie (autour de Bernard et de Gilberte) et cette joie est d’autant plus grande que la consécration de cet amour entre Bernard et Gilberte se fait devant Dieu même et sous nos yeux d’hommes. Dieu ayant créé lui-même l’amour, nous pouvons être sûrs et certains qu’il partage en cet instant précis, chaleureux et solennel notre joie et prend donc part à notre festin de noces. Mais en même temps, il nous rappelle les objectifs que lui-même a fixés pour le mariage chrétien.

      Quels sont alors ces objectifs ?

     Premier objectif : la sanctification : Bernard et Gilberte s’unissent aujourd’hui devant Dieu et les hommes pour leur propre sanctification. Ainsi, par ce mariage Bernard s’engage à contribuer à la sanctification de Gilberte et Gilberte pareillement s’engage à contribuer à la sanctification de Bernard.

     Deuxième objectif : la procréation (mettre au monde des enfants) : par leur union de ce jour, Bernard et Gilberte s’engagent à procréer, c’est-à-dire à participer à l’œuvre de la création commencée par Dieu et que l’homme a reçu, depuis toujours, ordre et mission de poursuivre, de parfaire et de perpétuer. Bernard et Gilberte deviennent donc par leur union conjugale, co-créateurs et cela en réponse à l’exigence même de Dieu formulée depuis le début de l’humanité : « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-là » (Gn1, 28).

     Troisième objectif : l’éducation des enfants : par le mariage, Bernard et Gilberte auront à procréer. Ils auront donc des enfants. Mais il ne suffit pas d’en avoir ; tout le monde peut en avoir. Il faut surtout les éduquer, c’est-à-dire les élever, les dresser, les bâtir et les construire pour en faire des hommes agréables à vivre. On n’enfante pas pour la rue, on enfante pour l’humanité et la société.

     Avec ces trois objectifs clairement définis, nous comprenons que le mariage chrétien est une mission : mission de sanctification, de procréation et d’éducation qui se résument en mission d’amour et de responsabilité. Le sacrement de mariage met en évidence l’amour préférentiel et prévenant de Dieu pour les hommes et l’amour de l’homme et de la femme entre eux. C’est une mission à accomplir avec sagesse, sérieux et responsabilité. Vu ainsi, le mariage n’est pas un jeu d’enfants. On ne se marie donc pas pour jouer et plaisanter, mais on se marie pour aimer et assumer son choix et son amour.

     Bernard et Gilberte, ce pas décisif que vous êtes en train de faire dans votre vie est un pas de vie, un engagement que vous prenez devant Dieu, vos parents et amis et vos frères et sœurs en Christ ici présents. Vous êtes les premiers responsables de votre propre engagement. C’est pourquoi, rien, absolument rien ne doit vous distraire. Soyez forts dans la foi pour résister à toutes sortes d’épreuves, de tempêtes et de tentations. Résistez à tout : à la jalousie des uns et des autres, résistez aux commérages, à la haine de l’entourage et des amis, à la médisance, aux calomnies, aux coups de dents, de langues et de pattes de ceux qui n’ont pas aimé vous voir unis ; résistez aux dénigrements, aux diffamations, aux ragots et aux rumeurs. Vous devez résister à tout cela, à tous ces obstacles. Ne perdez pas de vue vos objectifs et projets et donnez une âme à votre foyer en allant à l’essentiel. Oui, il vous faut impérativement aller à l’essentiel et cet essentiel c’est votre amour et votre bonheur sans limite. Continuez à vous aimer comme au jour de votre première rencontre. Mais si d’aventure surviennent n’importe quelles épreuves, retenez que l’amour n’est pas que rose, joie, fête, paix, tranquillité et jouissance à satiété et à perpétuité. Il est aussi et très souvent épines, flèches, aiguillon, arête et écharde. Quand ceux-ci surviennent, sachez toujours entrer au plus profond de vous-mêmes pour y puiser les ressources vitales dans votre foi pour rebondir de plus belle. Si un jour, l’un d’entre vous ne voudrait plus aimer l’autre, qu’il comprenne que c’est en ce moment précis qu’il est appelé à l’aimer de plus belle. Car l’amour a ceci de paradoxal qu’il faut aimer davantage même quand on n’a plus envie d’aimer.

     Soyez pleins d’imagination pour inventer d’autres façons de vivre votre amour quand vous sentirez la lassitude, la fatigue et surtout la monotonie inévitables dans la vie conjugale et qui pourraient constituer des dangers contre votre amour. Aimez-vous d’un amour-souci qui tient compte de la présence de l’autre et non d’un amour-profit qui regarde l’intérêt, le profit, la poche, le bien et la richesse de l’autre en vue de l’exploiter davantage. Ne laissez passer aucune occasion d’amour et de plaisir. En un mot, que votre amour demeure toujours jeune et frais, efficace et profond, chaleureux, dynamique et plus sensationnel au fil des ans. Ne vous laissez pas vieillir. Demeurez toujours jeunes dans votre amour et votre façon de le vivre. Pour cela, il vous faudra toujours créer et inventer, imaginer et susciter, risquer et tenter de nouvelles méthodes et approches d’amour pour consolider et rajeunir votre foyer. Fortifiez et raffermissez votre amour et votre foyer dans la fidélité à votre foi et à votre engagement. Vivez votre amour  avec passion et selon votre époque et croquez-le à pleine dent. Ne boudez pas votre plaisir de vous aimer et vous offrir l’un à l’autre gracieusement et follement. Que votre foyer soit plein de vie, de bonheur et d’amour et qu’il soit toujours généreux et ambitieux. Que votre amour ne soit pas hypocrisie et haine, rancœur, rancune et méchanceté. Ne soyez pas un couple avar et méchant. Comme nous l’enseigne saint Paul, «votre amour doit être sincère. Détestez le mal, attachez-vous au bien. Ayez de l’affection l’un pour l’autre comme des frères qui s’aiment : mettez du zèle à vous respecter l’un et l’autre. Soyez patients dans la souffrance ; priez avec fidélité. »

    Bernard et Gilberte, que l’étranger soit toujours le bienvenu chez vous, qu’il y trouve à boire, à manger et à se reposer avant de poursuivre sa route. Ne refusez jamais l’hospitalité et le couvert à quelqu’un. Tout ceci est une mission que vous devez assumer sous la conduite de personnes bienveillantes et avisées, notamment vos témoins ici présents que vous-mêmes aviez choisis librement.

     Chers témoins, sûrement, vous n’avez pas été choisis au hasard par Bernard et Gilberte. Votre façon de vivre votre foi et votre amour, votre manière d’être les ont conduits vers vous pour que vous soyez pour eux des modèles dans la conduite et la foi. Jouez pleinement ce rôle-là. Conduisez-les à Dieu en leur apprenant à s’aimer toujours et davantage aussi bien dans le malheur que dans le bonheur. Soyez leur soutien, attentifs à leur amour et prenez soin d’eux en les aidant à atteindre leurs objectifs de sanctification, de procréation et d’éducation. Que leur mission soit aussi la vôtre.

     A vous chers parents de Bernard et de Gilberte, merci infiniment car c’est grâce à vous que la présente cérémonie a lieu. Merci aussi pour l’éducation que vous leur aviez donnée pour qu’ils pensent à s’unir à cette période où beaucoup ne pensent jamais au mariage, surtout au mariage chrétien. Soutenez-les maintenant afin que cette éducation que vous leur aviez donnée leur serve de code de conduite morale pendant leur vie commune. N’entreprenez rien qui puisse les distraire mais au contraire soyez pour eux des guides et la lumière qui brillent sur leur chemin d’amour. Laissez-les construire tranquillement leur famille et réaliser leurs projets de demain en toute quiétude.

     A vous, amis de Bernard et de Gilberte qui êtes venus les soutenir et partager leur joie, merci de votre amitié à leur endroit. Par leur engagement, ils vous montrent une autre façon de vivre l’amour en le célébrant solennellement et officiellement devant Dieu et devant les hommes. Que vos hésitations, vos peurs, vos angoisses et autres appréhensions somme toute légitimes du mariage chrétien se dissipent ici même par votre participation à ce mariage. Vivre avec sa fiancée et sans jamais songer à officialiser cet amour est un manque grave de responsabilité. Vous devez assumer votre choix et votre amour en prenant vos responsabilités. La femme idéale ou l’homme idéal, qui convient parfaitement à votre goût, que vous cherchiez n’existe nulle part. Ne vous faites pas d’illusion. On ne peut pas prendre le risque d’attendre éternellement d’avoir la femme ou l’homme que l’on veut pour se marier. Personne ne se marierait sur cette terre si tel était le cas. Se marier est une affaire de maturité, de confiance, d’engagement et de responsabilité. Alors, prenez vos responsabilités et mariez-vous. Ayez confiance en votre conjoint et conjointe. Un homme ou une femme qui veut être responsable dans la société et se faire respecter comme tel doit d’abord commencer chez lui ou chez elle à la maison en consacrant officiellement son amour. Vivre éternellement dans le concubinage et la fornication certifiés est une atteinte à l’amour et surtout à la dignité de l’autre. C’est un manque grave de respect. Alors, unissez-vous devant Dieu si vous aimez d’un amour sincère celle ou celui avec qui vous vivez à la maison. Ne soyez pas exigeants et hypocrites en amour. Soyez plutôt tolérant, compréhensifs et raisonnables, car Dieu vous demandera compte de votre façon d’avoir aimé. Prenez dès aujourd’hui votre engagement et votre responsabilité pour répondre à l’appel d’amour de Dieu. C’est aussi l’appel que vous lancent vos amis Bernard et Gilberte qui se marient sous vos yeux aujourd’hui.

     Soyons tous de vrais amoureux de Dieu et des hommes pour bâtir un monde d’amour, de justice et de paix et que Dieu dans son grand amour nous accorde la force nécessaire dont nous avons besoin pour accomplir sa mission d’amour au milieu des hommes.

     Pour terminer, je formule pour Bernard et Gilberte cette prière : « Seigneur, tu as fait l’homme et la femme à ton image, et tu as mis en leur cœur l’amour qui les attache l’un à l’autre pour qu’ils ne soient plus qu’un ; à travers les peines et les joies de leur vie, au long des fatigues et des merveilles quotidiennes, tu leur dis que tu es proche ; par la communion de leur amour et de leur destin, tu fais grandir en eux ta propre vie de Père, jusqu’au jour où tu combleras tout leur espoir, en Jésus-Christ, ton Fils bien-aimé.» Accorde à Bernard et à Gilberte de vivre cet idéal d’amour en comptant sur toi afin de bâtir un foyer prospère pour eux-mêmes et les siens.

 

Prolongation à la Cpi

07/06/2013 07:22 par perekjean

  • Prolongation à la Cpi

    Prolongation à la Cpi

    07/06/2013 07:22 par perekjean

                                                  Prolongation la CPI

 

     La nouvelle est certainement l’une des plus grandes de ces débuts de vacances : le « dossier en béton » dans l’affaire procureure contre Gbagbo n’était en fait qu’un château de cartes. Elle continue encore de faire du bruit sur la toile. Les juges de la CPI ont ainsi sifflé la prolongation inattendue dans le combat politico-juridique qui oppose accusateurs et défenseurs. Ladite prolongation va commencer, contre toute attente, avec un avantage certain pour la défense qui est en passe de mettre groggy son adversaire qui est sommé de revoir ses techniques d’attaque. Cette douche froide que viennent de prendre honteusement les accusateurs de Laurent Gbagbo est une véritable humiliation, une catastrophe intellectuelle. Or donc le dossier était vide qui ne pesait absolument rien. Tout ce bruit dans le monde pour rien ! Ou du moins rien que pour ternir définitivement l’image de quelqu’un qui a refusé jusqu’au bout de s’aligner sur les discours officiels des tenants et architectes du nouvel ordre mondial et qui paie cash en ce moment son outrecuidance face aux puissants du monde. Toutes ces sommes qui auraient pu servir à soigner les pauvres et à les nourrir ont été jetées à l’eau pour payer des fonctionnaires qui ne savent pas faire leur travail et pour nuire par pure méchanceté à Laurent Gbagbo en qui se reconnaît une bonne partie de l’Afrique digne. Nous autres, dès le départ et depuis toujours, avions clairement claironné que le béton n’était que du ciment mal mélangé, le gravier ayant été ramassé au bord de la route et non là où il fallait le chercher. Mais n’ayant pas de voix officielle, nous avons été méprisés par ceux qui voulaient coûte que coûte en finir avec Laurent Gbagbo une fois pour toutes. Le « béton » qui n’était qu’une revue de presse mal compilée des journaux partisans du pouvoir d’Abidjan, ceux qui font et défont l’actualité, n’avait rien de sérieux tant il était grossier et grotesque. D’ailleurs, lors de l’audience de confirmation ou infirmation des charges, un des avocats, comme un bon prophète du haut de sa tribune, avait courageusement dit que c’était un « brouillon ». Ce qui n’avait pas manqué de susciter la colère de l’accusation. A l’arrivée, nous nous retrouvons au point de départ, zéro à la base, avec effectivement un brouillon mal relié et de surcroît illisible en main. Le monde entier, petit à petit est certainement en train de sortir de son sommeil dogmatique pour se rendre compte de la grande mascarade et du grand mensonge volontairement et méchamment entretenus autour de cette affaire qui pue à mille lieues la haine et la méchanceté contre un individu. La justice des vainqueurs, au fil du temps, se dévoile. Il nous faut être patients pour attendre la fin du film qui selon les prévisions des analystes sérieux, n’est plus pour longtemps tellement les événements s’enchainent à un rythme incroyable et effroyable. En renvoyant la procureure et son groupe à leur copie, les juges de la CPI veulent faire un effort pour être au-dessus de la mêlée, quoique l’idéal eût été de libérer purement et simplement Laurent Gbagbo. Comment peut-on maintenir dans les liens de la prison quelqu’un dont les accusations formulées contre lui sont sans fondement et gravement « insuffisantes » ? Mais en même temps qu’il leur faut dire le droit, il faut aussi faire plaisir au sponsor officiel et éternel de l’institution et par conséquent assurer leurs propres arrières. Car, le cordon de la bourse de la CPI est fortement détenu par les parrains constitués en communauté internationale qui sont en fait les vrais juges de la CPI. Ce sont eux qui écrivent les articles, les lisent et en orientent les décisions. Comprenons que la partie n’est

point aisée pour nos pauvres juges pris en otage dans les serres de la communauté internationale. Comme a dit Don Melo commentant cette actualité, « Espérons que Messieurs les courageux juges ne plient pas sous le rouleau compresseur du réseau françafricain qui va se déployer pour sauver les meubles après cette gifle ». Allant dans son sens, Théophile Kouamouo a lui aussi soutenu que « plus que jamais aussi, les juges de la Chambre préliminaire I seront « travaillés au corps » par la puissante coalition internationale qui a intérêt à maintenir Gbagbo dans son statut actuel. Celui d’otage. » C’est donc une nouvelle guerre juridique qu’on pourrait assimiler à une prolongation qui commence à la CPI. De fait, l’essentiel pour nous n’est plus que Gbagbo soit en prison ou non. L’essentiel est que la vérité éclate au grand jour pour que l’on découvre que le roi était nu ; non seulement il l’était, mais aussi il était un menteur plein de haine pour ceux qui ne le caressent pas dans le sens du poil et refusent donc de le porter dans son hamac. C’est sûr, habitué à la complaisance et à la corruption, la procureure fabriquera d’autres preuves à charge contre Gbagbo. Elle remuera le ciel et la terre ivoiriens pour découvrir d’autres victimes et les brandir à la CPI et à la face du monde. Les moyens colossaux lui seront gracieusement donnés pour parcourir la planète. Mais à l’arrivée que devons-nous vraiment retenir ? Comme a dit le sage juif : « Vanité des vanités, tout est vanité »! Nous sommes convaincus que le nouvel ordre mondial n’acceptera pas aussi facilement cette « gifle » retentissante qui met à nu toutes ses malveillances et manigances contre les Africains dignes qu’il déporte dans sa « prison dorée » de la CPI. Attendons-nous donc à la réplique qui ne nous sera pas une partie de plaisir. C’est pourquoi, en saluant les avocats qui ont fait un travail extraordinaire, nous l’avons tous vu, nous leur demandons de faire encore et toujours preuve de vigilance. Le serpent n’est pas encore mort. Mais, si les preuves brandies contre Gbagbo ne sont pas « suffisantes », il n’est pas sûr que celles qu’on brandit contre les guérilleros au pouvoir ne le soient pas. Car en réalité, ce sont eux les vrais coupables qu’on fait passer aujourd’hui pour les victimes. Alors, si madame la procureure a encore de l’honneur et de la dignité à sauvegarder, pourquoi ne regarderait-elle pas de ce côté-là. En se penchant depuis sur un seul côté de cette grave affaire, elle a fini par montrer toutes ses lacunes au monde entier. Peut-être faudrait-il qu’elle aille maintenant investiguer dans le camp des vrais meurtriers. C’est sûr que de là-bas, elle sortira avec un dossier en béton plus fiable.

 

 

L'Afrique et son cinquantenaire

31/05/2013 08:13 par perekjean

  • L'Afrique et son cinquantenaire

    L'Afrique et son cinquantenaire

    31/05/2013 08:13 par perekjean

L’Afrique et son cinquantenaire

 

     La parade était parfaite. Les lampions bien en vue. Le rituel et le folklore habituels n’ont point fait défaut. Les caméras et les micros étaient bien sélectionnés pour être de la partie et à la hauteur de la mission. Nos chefs d’Etats africains se sont donné rendez-vous comme d’habitude pour ne pas manquer l’occasion et la cérémonie. Aucun d’entre eux ne voulait vivre dans l’anonymat ce cinquantenaire des Africains : interview par-ci, séance de photos par-là, éclats de voix et coups de gueule plus loin. Chacun est parti au pays d’Hailé Sélassié avec ses thuriféraires et autre griots louangeurs insatiables et par trop zélés et inspirés. En somme, tout le décor était bien planté pour que la fête fût belle. Et elle le fut en effet. L’Afrique n’a-t-elle pas cinquante ans bien comptés, ou du moins son organisation qui regroupe tous ses Etats ? Tous étaient donc là pour montrer à la face du monde que l’Afrique est là, bel et bien là, malgré la Françafrique. Mais, je pense moi, qu’il y avait un invité de trop, un peu encombrant et gênant. Un invité qui n’aurait pas dû être à cette circonstance. Un invité dont la présence et le discours n’augurent pas d’un avenir certain et rassurant pour nous pour les cinquante prochaines années. Comment l’Afrique peut-elle prétendre au développement quand, fêtant son jubilé d’or, elle ne peut pas prendre le risque et le courage d’écarter ceux qui la maintiennent dans l’état piteux et cauchemardesque dans lequel elle se trouve depuis plus de cinquante ans? Au contraire elle les met en valeur ! Or, il est de plus en plus urgent et vital de couper courageusement le cordon ombilical avec l’ancienne colonie pour être sûr d’aller plus loin. C’est que le ministre Koné Justin appelle justement et opportunément « l’audace de la rupture ». Couper le cordon ombilical veut aussi et surtout dire, couper le cordon de la bourse détenu injustement et orgueilleusement par le Maître alors que l’Afrique elle-même détient la clef du développement du monde. Mais je parie que ceux-ci ont certainement contribué pour le couvert et la boisson nécessaires à l’organisation de notre fête du jubilé, pour nos noces d’or. La méthode et la pratique n’ont donc pas évolué, pour notre grand malheur. Et le décor est planté pour que le système reste en l’état et même se renouvelle de plus belle. Les analystes sérieux l’ont toujours soutenu, il faut à l’Afrique une rupture courageuse avec ses maîtres occidentaux si elle veut se développer. Car le développement ne peut jamais être possible quand on est inextricablement noué à la racine tutélaire qui oriente, téléguide ou télécommande. Le discours de cet invité qui est venu recadré et formaté nos chefs d’Etat nous maintient toujours dans la peur de la rupture et de l’autonomie véritables. On nous annonce un sommet sur l’Afrique pour la lutte contre l’islamisme dans notre région. Mais la particularité de ce sommet est qu’il se tiendra en France ! Et cela a toujours été la méthode d’approche du Maître pour disposer de « l’âme et de la psychologie » des Africains ; parler de nous et faire notre bonheur à partir de chez lui, c’est-à-dire à mille lieues de chez nous, souvent même sans nous et contre nous. C’est sûr que beaucoup ont applaudi ce discours et cette annonce, relevant une fois de plus, à cor et à cri, la grande attention et la sublime magnanimité de la France à l’égard de l’Afrique dont elle ne veut pas voir mourir comme des mouches ses fils. Mais, les habitués du rituel franco-africain comprennent déjà que le Maître veut toujours maintenir son poids, sa suprématie et sa domination dont il ne veut jamais s’en passer. Et la réalité du terrain, cinquante ans après, est que les choses et les habitudes n’ont point changé. Le panafricanisme et la renaissance demeurent encore des grimoires sous nos tropiques. Les intrigues et les coulisses perdurent, les mallettes d’argent survolent toujours l’Atlantique et le désert en direction de la Méditerranée. La Françafrique, la franc-maçonnerie, le franc Cfa demeurent le socle des relations entre l’Afrique et ses « partenaires » occidentaux. Ce cercle vicieux est hermétiquement bouclé qui engouffre les non initiés qui veulent penser autrement et au profit de leur peuple le « partenariat ». À l’occasion de cette parade jubilaire digne de nos timoniers, nous avons appris que ceux-ci, on ne sait pour quelle raison, ont copieusement tancé la CPI, cette Cour qui ne règle que le compte des Africains, cette prison ou Gouatanamo pour Africains indociles et difficilement malléables et contrôlables. Ce semble une grande première. Mais jusqu’où ira ce « courage » jubilaire quand nuitamment, en allant faire obédience au maître, gamelle en main, certains l’encourageront à « sauver l’Afrique » et à la débarrasser de ses insoumis ? La réalité qui saute aux yeux est que malgré leur Union, les Africains ne sont pas unis. Chacun tire le drap de son côté pour se protéger, laissant l’autre se débattre tout seul pour survivre. Notre solidarité mille fois ressassée n’est que clanique et tribale. On s’unit très facilement pour sauver le clan et l’ethnie en danger de mort. Par exemple on s’unit pour rattraper l’ethnie en danger comme dans notre pays. On traine les pas vis-à-vis des autres en périls. Chacun veut garder sa couverture et ses intérêts en prenant grand soin de ne pas se faire « rouler dans la farine ». On torpille les uns, on livre les autres à la vindicte populaire. Notre solidarité est donc trop surfaite qui ne se manifeste qu’à l’occasion des investitures de nos chefs d’Etat et autres parades pour célébrer leur gloire personnelle. Notre Union a donc encore du chemin à parcourir. Il lui faut d’abord se débarrasser de ses tyrans et dictateurs installés à travers les bombes démocratiques, attirer l’attention de ceux qui gouvernent leur pays sous la dictée de l’Occident, rompre avec ce qui l’encombre, couper le cordon de la bourse, protéger ses ressources et ses matières premières contre le pillage et l’exploitation, avoir confiance en elle-même et être courageuse et responsable d’elle-même. En un mot comme en cent, l’Afrique doit revenir aux Africains selon la belle expression de Pierre Biarnès « l’Afrique aux Africains » pour les cinquante prochaines années.