La joie de vivre

27/05/2013 00:17 par perekjean

  • La joie de vivre

    La joie de vivre

    27/05/2013 00:17 par perekjean

Savoir être mère

27/05/2013 00:13 par perekjean

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    Savoir être mère

    27/05/2013 00:13 par perekjean

l'espoir fait vivre

27/05/2013 00:07 par perekjean

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    l'espoir fait vivre

    27/05/2013 00:07 par perekjean

Ourémi et les autres

27/05/2013 00:00 par perekjean

  • Ourémi et les autres

    Ourémi et les autres

    27/05/2013 00:00 par perekjean

 

Ourémi et les autres

      Le monstrueux Ourémi, nous dit-on, a été enfin « arrêté ». Il l’aurait été après une traque planifiée par les FRCI et gendarmes de chez nous, selon la version officielle et dont le pouvoir s’en vante orgueilleusement. Selon d’autres versions qu’on doit aussi prendre en considération, la Licorne aurait joué un rôle extrêmement important dans la « capturation » du monstre du Péko. Quand on connaît la force de nuisance de cette Licorne et ses méthodes en Afrique et en Côte d’Ivoire en particulier, on ne peut pas nier cette version. C’est ce même pouvoir qui sait pourquoi depuis deux ans qu’il est aux affaires, c’est bien maintenant qu’il a décidé de capturer ce dangereux et sanguinaire Ourémi. Mais là n’est pas la préoccupation la plus importante. Elle se trouve, en mon sens, dans le fait de savoir le sort de l’Ouest après Ourémi. La question peut donc être formulée ainsi : Que devient l’Ouest de notre pays après Ourémi ? Ne le cachons pas, Ourémi n’a pas pris le Mont Péko en otage et ne l’a pas systématiquement pillé de son propre gré. Les observateurs sérieux disent qu’il était sous contrat. Il agissait donc en seconde main, en bras séculier. Où se trouve alors son inspirateur ? Car, on ne peut pas comprendre qu’un étranger, même en temps de guerre, débarque dans un pays et qu’il prenne en otage tout une région et y commette des crimes aussi graves sans être inquiété et qu’à la fin, on se contente, par acquit de conscience, d’une simple capture médiocrement médiatisée. Il est à reconnaître que l’Ouest de notre pays qui continue de subir dans la chair et le sang les affres de notre sale guerre, reste encore aujourd’hui sous la tutelle envahissante et dominante d’étrangers et autres mercenaires de guerre qui veulent se payer eux-mêmes leurs efforts de guerre que leurs employeurs refusent de leur payer. La nébuleuse communauté internationale le sait très bien mais ferme les yeux pour faire plaisir à son poulain d’Abidjan. C’est sûr, à travers un jeu de magie politico-juridique, on fera payer au sieur Ourémi tous les crimes commis par la rébellion et ses chefs qui roulent carrosse aujourd’hui dans Abidjan et tout le pays. Avec Ourémi, le bouc-émissaire est tout trouvé. La magie juridique nationale et internationale sera bientôt actionnée pour montrer au monde entier que la « justice des vainqueurs » est bel et bien terminée, que tous les criminels paieront pour leurs crimes et que la justice de notre pays est impartiale et a retrouvé, pour notre propre et grand bonheur, ses lettres de noblesse. Le décret qui signera « la fin de l’impunité » sera publié au vu et au su de tous à grand renfort de publicité.  Mais tout cela, l’on sait, ne sera que du bluff  et du saupoudrage pour appâter quelques bailleurs de fonds encore exigeants et réticents sur tous les bords et pour distraire les Ivoiriens qui refusent de s’aligner sur les discours officiels. Au-delà de l’arrestation du seigneur du Mont Péko, ce que l’on doit savoir, c’est que cette portion de notre pays reflète suffisamment l’image actuelle du pays que la propagande prend bien soin de dissimuler pour des raisons qui lui sont propres. En effet, ce pays, depuis deux ans est pris en otage par des seigneurs de guerre qui ont fait fortune dans le sang innocent des Ivoiriens. Ces chefs de guerre, la plupart des étrangers venus de la sous région, narguent les Ivoiriens et par d’absurdes réflexions leur imposent leur violence et leur barbarie. Ils disent que leurs frères ont développé ce pays et qu’ils ont donc droit de profiter aujourd’hui de ses richesses acquises par leurs sueurs et leur sang. Les zones forestières sont ainsi envahies et systématiquement soumises en coupe réglée par ces guérilleros et leurs frères qu’ils imposent aux populations autochtones. Le Mont Péko est bien l’image grandeur nature de ce pays défiguré, humilié et envahi par une horde de mercenaires de guerres doublés de pillards sans scrupule. Chasser donc Ourémi du Mont Péko ne résout aucun problème vu que celui-ci n’était qu’un maillon certes important, mais tout de même négligeable d’un système d’exploitation et de pillage scientifiquement conçu et orchestré avec la bénédiction de la nébuleuse. Les autres Ourémi qui se pavanent sous nos yeux et se la coulent douce ne sont pas moins des criminels identifiés comme tels par les ONG des droits de l’homme sérieuses. Un Ourémi en cache donc un autre. On gagnerait alors à les mettre tous hors d’état de nuire à commencer par le sommet. La guerre imposée à notre pays sera un long feuilleton dont le dénouement tardera à se faire jour, tant le puzzle demeure difficile à reconstituer et les enjeux très serrés et divers. Le feuilleton Ourémi dont la première saison vient de s’ouvrir, on l’espère, s’arrêtera sur les frères d’armes de celui-ci que toutes les enquêtes sérieuses ont désignés depuis comme de dangereux criminels de guerre. Les Ouattara, soro, Wattao, Zacharia et consorts doivent eux aussi être capturés au nom de la justice et pour le respect de la mémoire des victimes de leur barbarie commis contre les Ivoiriens. Cela y va de la paix et de la réconciliation chantée à longueur de journée par des thuriféraires et autres vaticinateurs mal inspirés. Dans tous les cas, Ourémi et les autres doivent comparaître devant la justice des hommes et celle de Dieu.

 

 

 

Homélie à l'occasion de la messe de requiem de l'abbé KRA Aristide

20/05/2013 22:54 par perekjean

     Frères et sœurs,

     Je voudrais vous inviter à méditer, au moment de cet ultime adieu à notre frère KRA Aristide, la Parole de Dieu, à la scruter pour essayer ensemble de comprendre, dans la foi, le sens de la mort et le réconfort que cette Parole, dans la douleur, nous procure devant le drame de la mort. Mais aussi vous inviter à lire l’évènement de la mort de notre frère Aristide à la lumière de notre foi chrétienne catholique.

     Mais avant tout, je m’incline très révérencieusement devant la dépouille de notre regretté frère KRA Aristide. Je présente, au nom de la communauté paroissiale de Sainte Marie de Zuénoula, communauté dans laquelle exerçait KRA Aristide, mes sincères condoléances à notre père évêque, très affecté par ce décès de l’un de ses fils dans la foi, au presbyterium de notre diocèse, aux religieux et religieuses, à la famille de notre frère KRA Aristide et au Peuple de Dieu douloureusement frappé par ce deuil. Que l’âme de notre frère repose en paix.

 

     Matthieu, dans l’Evangile, nous indique clairement que le Christ est le vrai repos et il nous appelle donc à recevoir et à entrer, dans la foi, dans ce vrai repos : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt11, 28). Le Christ est le repos, il nous fait entrer, dans la foi, dans son repos, un repos éternel.

     Affronter les épreuves qui conduisent à la mort n’est pas un jeu de plaisir. L’homme, par un reflexe naturel et par pur instinct de survie, veut s’en détourner. Le Christ lui-même, de nature aussi humaine, au seuil de sa passion, n’a pas échappé à cette épreuve de la survie. En effet, à l’approche du supplice de la croix, il s’écrie, la voix certainement nouée d’amertume et de douleur : « Père, tout est possible pour toi. Eloigne de moi cette souffrance. Cependant non pas ce que je veux mais ce que tu veux » (Mc14, 36).

     Cependant, quoique l’épreuve de la mort fût douloureuse et toujours incompréhensible, il faut y aller avec la confiance et dans la foi, à l’image du vieillard Siméon : « Maintenant, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut » (Lc2, 29). Cette confiance ne peut être possible que par la puissance de l’Esprit. Saint Paul nous en donne l’assurance et la certitude quand il nous dit que « L’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur : c’est un Esprit qui fait de nous des fils » (Rm8, 15).

     Tout bien pesé et de mille manières, la plus grande assurance et la plus grande espérance pour nous chrétiens, fils de Dieu, c’est la résurrection en tant qu’héritage de foi à nous promis par le Christ. Méditons encore ces paroles divines : « Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. » (1 Cor15, 19-20) ; « Nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus. » (Rm6, 3-9).

    De son côté, l’Eucharistie, repas du Christ nous garantit sans mesure cet accès au Royaume par la résurrection. Elle est le repas de la vie : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » Et le Christ lui-même nous donne cette assurance qui nous fortifie et nous conforte dans notre foi : « La volonté du Père qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour » (Jn6, 39). Déjà, l’Ancien Testament nous avait donné une idée de ce que serait cette résurrection à travers le personnage de JOB, homme de foi que Satan n’a pu arracher à l’emprise de Dieu : « Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts : avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu » Jb19, 25-26).

 

     Frères et sœurs, ce bref passage en revue de la Parole de Dieu, Parole à la fois éternelle, circonstancielle et surtout contextuelle, Parole qui nous parle au cœur des événements que nous vivons, nous permet de revenir à une et une seule réalité devant l’amertume et le drame provoqués par la mort. Cette réalité est bel et bien la réalité de la foi en Jésus-Christ. Quand par l’émotion et les sentiments mêlés nous avons pleuré la mort d’un être cher ; quand par pure superstition nous avons essayé, par des acrobaties incroyables, de trouver ou de retrouver le meurtrier de notre frère, une seule chose nous reste à faire: comprendre la réalité de la foi en Jésus-Christ devant le mystère de la mort ; la comprendre dans toute sa rigueur et dans tout son spectacle. L’émotion nous fait pleurer et nous devons alors pleurer toutes les larmes de notre corps, autant que cela fût possible. La superstition nous fait lorgner l’autre comme le dangereux meurtrier où l’assassin de mon frère ou de mon fils. Mais la réalité de la foi nous fait comprendre le vrai sens de la mort dans le miroir de la vie, de la mort et de la résurrection de notre seigneur Jésus-Christ.

    

     Pour nous chrétiens, la mort, bien qu’une réalité naturelle, se couvre aussi d’un manteau toujours surnaturel, voire transcendantal et mystique qui nous fait entrer immanquablement et dynamiquement dans le mystère de Dieu et de son dessein éternel de salut pour les hommes, ces créatures que nous sommes. Dans ce sens également, pour nous chrétiens, mourir, ce n’est plus se faire abattre par un vilain et méchant sorcier aux dents exagérément longues et noires, mais c’est de répondre au dessein salvifique d’un Dieu qui appelle, à travers la mort, à passer du mystère de la vie au mystère de la mort afin de contempler à l’infini son visage par une vision béatifique qu’il nous offre gracieusement. Passer du mystère de la vie au mystère de la mort, c’est aussi une des particularités de notre foi chrétienne et le Christ nous en a tracé lui-même le chemin. Dans ce sens, la mort ne devient plus la victoire des forces du mal et des ténèbres sur un homme, mais plutôt la victoire éternelle de la vie sur la mort. En cela, cette hymne polyphonique de l’Apôtre Paul doit vivement nous interpeller : « O mort où est ta victoire ! O mort où est ton dard venimeux ? » Aussi, avec le même saint Paul, nous pouvons soutenir que nous sommes toujours livrés à la mort « afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle » (2Co4, 11).

     Ce mystère dynamique vie et mort, qui trouve son épicentre dans la vie, la mort et la résurrection mêmes de notre seigneur Jésus-Christ, Aristide l’a lui-même compris et enseigné de son vivant. C’est pourquoi, je suis convaincu que d’auprès du Père où il se trouve en ce moment, il ne comprend rien à ce triste spectacle et à ce honteux concert qu’on crée inutilement et méchamment autour de sa mort. En effet, les mauvaises langues, les faux prophètes et les faux visionnaires comme il y en a en quantité industrielle aujourd’hui sur le marché et dans tous les camps, aussi bien chez les chrétiens que chez les païens, aussi bien chez les prêtres, religieux et religieuses que les laïcs, et qui ne vivent que des songes et des mensonges, disent méchamment, sans fermer les yeux, qu’Aristide a été tué. Le disant, sans le savoir, ils proclament haut et fort, et contre notre foi chrétienne, la puissance des forces du mal sur les forces du bien, donc la puissance du Diable sur Dieu. Or de son vivant, Aristide, à ma connaissance, et je ne me trompe pas, pour l’avoir connu, n’a adoré et servi que le vrai Dieu, le Dieu de la vie. Alors, en mourant, répond-il à l’appel de Satan à le rejoindre dans son Royaume pour combattre maintenant Dieu ou au contraire, répond-il à l’appel de son Dieu à entrer dans son Royaume pour prendre sa part d’héritage ? Ma question n’est pas subsidiaire ?

      Pour nous chrétiens, même encerclés et pris dans le tourment et l’étau de nos traditions qui n’ont pas encore pu faire leur mue et leur transmutation, n’existerait-il plus une mort naturelle, c’est-à-dire une mort dans la foi ? Si oui, pourquoi professer à cor et à cri et dans un vacarme abasourdissant plein de haine et de mépris envers le clergé, qu’Aristide a été soit empoisonné, soit tué par des sorciers ou de méchants amis? Dans quel camp faudrait-il alors, dans ce cas précis, trouver ou retrouver son empoisonneur et son sorcier meurtriers ? Ce spectacle ahurissant devient plus horrible et scandaleux quand nous prêtres, religieux et religieuses faisons chorus avec les païens et les sorciers pour chanter, dans leurs propres camps, leurs musiques païennes et sorcières dissonantes et disharmonieuses. Que devons-nous enseigner finalement à nos fidèles si devant la réalité de la mort, aussi tragique et douloureuse fût-elle, nous-mêmes, prêtres, religieux et religieuses, manquons de foi, de sérénité, de lucidité, de discernement et de claire vision, et sommes plus tourmentés que les autres et qu’au lieu de tourner leur regard vers le Christ qui est mort et ressuscité et qui nous appelle à sa vie après notre mort, nous les orientons, nous-mêmes à leur tête, vers le Diable et ses suppôts ?  Que vaut encore pour nous la Bible quand devant la mort nous la méprisons, la déchirons et la jetons pour lire le grimoire, ce livre des sorciers pour évoquer les démons ? Devant la mort, il parait urgent que nous revenions à l’essentiel qui est la réalité de notre foi en Jésus-Christ mort et ressuscité et qui nous appelle, à notre tour, à mourir et à ressusciter avec lui. Nous devons donc sortir de cette grisaille ténébreuse indigne et de cette mêlée étourdissante pour méditer et réfléchir à la lumière de notre foi et de l’Evangile.

     De mon point de vue, il serait plus intéressant d’abandonner ce vacarme abasourdissant aux païens pour nous concentrer et consacrer à faire comprendre le mystère de la vie et de la mort devant ce choc terrible qui nous perturbe tous. Ne prenons pas le grave risque, pendant qu’il est encore temps, de laisser prendre en otage notre foi par des considérations abracadabrantes dignes des réalités de nos forêts sacrées et autres temples du Diable.

      Beaucoup de frères et sœurs parmi nous, soutiennent, à tort ou à raison, qu’en faisant ceci ou cela ou qu’en évitant ceci ou cela dans les derniers jours d’Aristide, notre frère, on aurait pu le sauver. Beaucoup également disent aussi que si Aristide est mort, c’est parce qu’un jour quelqu’un lui a dit ou lui a fait ceci ou cela concernant sa vocation sacerdotale, et que ce sont ces méchantes et jalouses personnes-là qui l’ont tué. Tout cela peut être vrai certainement. Je ne le nie pas systématiquement ou radicalement, outre mesure. On peut toujours y croire. Tout est possible. On ne sait jamais. Nous sommes des hommes, surtout nous sommes Africains, portant encore les stigmates encore trop visibles de nos traditions malgré notre degré de foi et les nombreuses messes et autres célébrations auxquelles nous participons assez bruyamment.

     Toutefois, nous pouvons aussi comprendre que même nos bonnes actions envers un malade, Aristide en l’occurrence, ne peuvent rien changer au dessein de Dieu pour ce même Aristide. La logique et la cohérence d’un raisonnement, la promptitude et l’exactitude d’un acte peuvent-il étouffer ou contrecarrer la volonté de Dieu ? Aristide aurait-il pu résister ou s’opposer à la merveilleuse volonté de Dieu de le choisir ici et maintenant parmi nous et avant nous pour avoir sa part d’héritage auprès de lui ? Retenons simplement qu’un raisonnement ne peut pas sortir quelqu’un de la volonté et de la logique de Dieu. Evitons donc, pour l’honneur et la foi de notre frère Aristide cet absurde raisonnement qui ne pourra jamais le faire revenir à la vie parmi nous. Ne serait-il pas plus sage, plus chrétien et plus spirituel, de notre part, nous prêtres, religieux et religieuses et fidèles laïcs, de comprendre la mort de notre frère Aristide comme l’un de ces grands mystères insondables et impénétrables que Dieu réserve à ses créatures et que par conséquent nous devons plutôt prier pour lui et non chercher le méchant sorcier qui aurait mangé son âme et croqué sans pitié ses os? Aristide notre frère, mériterait-il vraiment tout ce vacarme et ce tohu-bohu indescriptibles et inintelligibles et contre tout bon sens méchamment orchestrés autour de sa mort et dont nous prêtres, religieux et religieuses sommes les instigateurs, comme des païens le feraient selon leurs rites et rituels particuliers et diaboliques?

 

      Quant à moi, je pense que ce qui nous manque en pareille circonstance, c’est une méditation profonde, sérieuse et sereine sur notre foi à partir du mystère de la mort et de la résurrection du Christ. La sublimité de ce mystère est telle qu’il nous échappe malgré notre degré de foi et d’engagement, même malgré notre degré de science. Or, il nous faut toujours revenir et recourir à l’essentiel qui ne se situe point dans l’émotion, dans l’événementiel, dans les sentiments mêlés ou démêlés et dans la douleur mais plutôt dans le mystère de la foi. C’est pourquoi, nous devons nous consoler autour de notre évêque et nous laisser instruire par sa propre expérience de foi et non l’accabler de prophétie et de grimoire. C’est pourquoi aussi, je salue la sagacité de notre père évêque qui a su, avec foi, habilité et humilité nous éviter un horrible spectacle en préparation dans les coulisses de ces obsèques. Quand la foi nous manque, confions-nous sans hésiter à notre évêque qui est le gardien même de la foi dans notre diocèse et qui a le devoir de nous conduire à la vraie foi. Nous espérons que cette rencontre de foi que nous avions eue a pu véritablement baisser la tension et étouffer les haines et les mépris nourris à l’encontre de quelque suspect méchamment identifié et estampillé.

     A ce niveau de ma méditation, et par rapport à ce que je viens de dire, je voudrais faire une brève incursion dans la vie et la mission du prêtre dans le but de préciser davantage certaines incompréhensions et rumeurs qui couvrent de leur ombre opaque et brumeuse la mort de notre frère Aristide. Cette précision est d’autant plus importante pour moi qu’elle a la prétention d’éclairer un tant soit peu et d’une lumière nouvelle, quelque lanterne.

     Qui est le prêtre ? Telle est ma problématique. Le prêtre est un envoyé de Dieu. Il est choisi et oint par Dieu pour se mettre à son service en servant l’Eglise et les hommes. S’inscrivant dans la logique de la mission même du Christ qui est le prêtre par excellence, le prêtre a pour mission de montrer le visage du christ rayonnant de vie à l’humanité. Bien plus, le christ étant Chemin, Vérité et Vie, le prêtre a pour devoir de communiquer la Vie du christ à ses frères qu’il rencontre. Gardien et protecteur de la vie, le prêtre ne peut pas vouloir et attenter à la vie d’un individu, fût-il son ennemi. Au contraire, il s’oppose lui-même à tout ce qui peut anéantir cette vie.

     Quelles sont les rumeurs qui remplissent encore, de leur dard vénimeux, tout Daloa et l’ensemble de notre diocèse et même certainement l’ensemble du pays? Des prêtres auraient tué Aristide. Aussi invraisemblable et grotesque que fût cette rumeur mensongère et dangereuse, elle a malheureusement envahi les esprits et les consciences de beaucoup d’entre nous. A partir de la mission du prêtre que j’ai tenté de vous présenter, on peut battre en brèche et d’un seul coup, cette rumeur perfide et nauséeuse qui n’édifie pas et ne construit pas le peuple de Dieu que nous sommes. Il est vrai que dans l’accomplissement d’une tâche que l’évêque lui confie, le prêtre peut légitimement émettre son avis sur une question précise touchant à cette tâche. C’est d’ailleurs de cette façon que l’on a toujours procédé dans l’Eglise et dans notre diocèse en particulier. Dans ce cas-ci qui nous concerne, le prêtre qui est chargé des vocations doit exprimer un avis favorable ou non concernant l’admission au diaconat ou au sacerdoce d’un candidat. Cet avis n’est qu’une simple opinion car il revient toujours, en dernière instance et selon notre droit canonique, à l’évêque de prendre la dernière et bonne décision en vertu de son autorité suprême dans son diocèse. Personne n’a à redire ou à discuter la décision de l’évêque car il agit sous l’autorité bienveillante de l’Esprit Saint. Tout au plus, le prêtre qui s’oppose à une ordination ne peut que manifester clairement son opinion contraire à l’évêque, sans plus. Il n’a aucun pouvoir de décision finale. Bien davantage, le sacerdoce n’étant plus une affaire d’héritage familial à partager entre héritiers qui seraient ici des prêtres, comme dans l’Ancien testament, un prêtre ne peut pas s’opposer à l’admission aux ordres d’un candidat au point de le tuer pour avoir tout seul part à cet héritage. Permettez-moi de le dire de façon triviale, le sacerdoce n’est jamais la plantation de cacao d’un individu ou d’un groupe. Que gagne un prêtre à tuer un candidat au sacerdoce sachant bien que cette mort ne lui procurera rien en termes d’héritage matériel ? A titre d’exemple précis, les biens de notre frère Aristide ont été récupérés et sont gardés en lieu sûr loin des regards de ceux qu’on accuse de l’avoir tué. Alors, peut-on simplement tuer quelqu’un alors qu’on n’est pas sûr de voir et d’avoir part à ses biens ? Dans tous les cas de figure et par tous les bouts qu’on la prendrait, l’accusation portée contre des prêtres autour de cette mort qui nous rassemble est non seulement grave mais reste aussi extrêmement faible. C’est pourquoi, sur les sages conseils de notre père évêque nous devons garder toute notre sérénité. Sauvons notre foi en danger sous les coups de boutoir de considérations purement païennes, fétichistes et sorcières. Ne nous donnons plus en triste spectacle. Ne laissons plus prospérer cette étrange rumeur qui porte gravement atteinte à notre foi, à notre diocèse et à notre presbyterium qui ne la méritent pas. De toute évidence, sachons et retenons qu’un prêtre n’est pas fait pour tuer mais pour protéger la vie de ses frères et sœurs. Encore moins, un prêtre n’est pas un sorcier mais un homme de Dieu, un homme de prière, un homme de la vie.

     Respectons la foi de notre frère Aristide en voulant coûte que coûte lui trouver un meurtrier dans un camp ou dans un autre. Ma foi à moi qui ai vécu les 75 derniers jours de sa vie avec lui, c’est qu’Aristide est mort parce que Dieu l’appelle maintenant à contempler éternellement son visage ; à entrer dans sa béatitude et sa félicité éternelles ; un point un trait. D’ailleurs, en lisant l’Evangile avec foi et non comme le feraient les païens, c’est ce que nous découvrons. Mais si d’aventure et par extraordinaire, parce que le Diable serait plus fort que Dieu, et que pour cela il nous faut retrouver vaille que vaille le sorcier meurtrier d’Aristide, alors je vous invite à retourner dès le premier jour de sa naissance, à explorer tous les lieux et endroits où il est passé, là où il a été aimé comme là où il a été haï, maltraité et renvoyé avec un rapport accablant. Explorons les écoles qu’il a fréquentées ; jetons un coup d’œil curieux dans les maisons de formation qu’il a visitées, mieux, le danger ou l’ennemi ne venant jamais de loin, regardons surtout dans sa propre famille, etc, etc. Mais voyez-vous, le faire maintenant ou même plus tard serait non seulement fastidieux et astreignant, mais aussi et surtout, se serait manquer gravement de foi et faire gravement du tort à notre frère Aristide qui, je n’en doute pas, contemple le visage de Dieu en ce moment même. Alors, arrêtons de le distraire avec nos supputations, nos sirènes et prophéties ensorcelées et envoûtées aux ingrédients et allures excessivement ubuesques et païens. Et prions pour notre propre conversion et notre espérance en la résurrection.

    Pour terminer, comme notre père évêque nous l’a appris hier à la levée, ce dont notre frère Aristide a besoin maintenant, ce sont nos prières à son endroit et non de prophétie et autres visions ténébreuses qui révéleraient à notre face son meurtrier. Dans la position où lui-même se trouve en ce moment, il est assez puissant pour identifier ses meurtriers et pourquoi pas, venir les chercher. Alors, comme disent les jeunes, pourquoi se fatiguer ici pour quelqu’un qui peut lui-même faire son palabre ? Soyons convaincus que si notre frère Aristide a un meurtrier qui lui a joué ce sale tour, il viendra le chercher dans les jours qui viennent quel que soit le camp dans lequel ce meurtrier se trouve. En attendant, gardons notre foi et prions pour lui.

     Seigneur Jésus, regarde avec amour ceux qui sont dans la tristesse, accueille leurs prières pour Aristide qu’ils pleurent. Toi seul es saint, toi seul es capable de miséricorde : pardonne à notre frère Aristide toutes ses fautes. Tu t’es livré à la mort pour que tous les hommes soient sauvés et passent de la mort à la vie : ne permets pas qu’Aristide soit séparé de toi, mais, puisque ton amour est plus fort que la mort, donne-lui de vivre dans la lumière, le bonheur et la paix, pour les siècles sans fin.

Pour le sursaut (2è partie)

10/05/2013 09:40 par perekjean

Pour le sursaut (deuxième partie)

     Aujourd’hui, il nous faut impérativement lutter contre les forces d’oppression qui ont pris notre pays en otage par la violence avec la bénédiction de leurs alliés eux-mêmes violents. Cela est une obligation qui ne peut pas attendre encore longtemps et qui s’impose donc à nous. La république est en danger de mort permanent à cause des forces de la violence qui s’en sont accaparée à travers la violence et les bombes démocratiques. Il nous faut alors retrouver l’idéal commun qui nous a portés, il y a peu, et qui nous a poussés davantage à braver les chars licorniens, ces puissances de feu et mort. L’appel du Fpi au Pdci doit sonner comme le glas d’une république bananière et de chiffon qu’on nous impose aujourd’hui, les armes sous la tempe. Si le Fpi nous invite à s’unir pour le combat, c’est qu’il nous invite en même temps à prendre la pleine mesure du danger et même du drame qui plane sur nos têtes. Dès lors, les couleurs politiques et les alliances qui nous servent en ce moment deviennent caduques qui nous imposent une nouvelle forme d’alliance plus engagée et plus responsable vis-à-vis de la nation et du peuple en péril et aussi une nouvelle stratégie de lutte dont l’objectif commun et communautaire est la survie de notre pays. Eux ont la puissance des armes et du feu. Cela est leur marque déposée. Nous, nous aurons la puissance du peuple et de sa mobilisation. Or, il est de notoriété publique que les armes n’ont aucun pouvoir devant un peuple debout et déterminé. Il nous faut aujourd’hui comprendre où se trouve notre vrai intérêt et se donner les moyens de le (re) conquérir par les voies démocratiques et civilisées. Le piteux état dans lequel se trouve notre pays et qui fait la gloire de ceux qui pensent le diriger doit interpeller nos consciences et nos intelligences et nous pousser à l’action. Le drame que nous vivons au quotidien dans tous les domaines doit nous faire comprendre que notre lutte doit continuer. Le mépris qu’on nous sert chaque jour doit nous rassembler davantage pour combattre l’humiliation collective. La démocratie qu’on étrangle et humilie depuis le 11 avril 2011 doit fouetter notre orgueil et nous rassembler pour l’action. Il nous faut donc agir et bien agir pour retrouver l’éclat de notre pays défiguré de plus en plus. La guerre qui nous oppose aujourd’hui à la violence et aux forces du mal et de la terreur ne peut être gagnée que dans la mesure où l’amour de notre pays nous pousse à étouffer nos orgueils personnels pour sauver démocratiquement l’essentiel. Une guerre ne se gagne jamais tout seul. Les coalitions qui vont en guerre contre d’autres défendent des intérêts communs qu’ils pensent légitimes à un moment déterminé. Dans notre pays, je suis convaincu que nous devons désormais atteindre cette étape car nous avons maintenant un ennemi commun qui est la violence et la barbarie du Rdr. L’allié Pdci fait lui-même l’expérience douloureuse et amère de cette violence aussi bien en actes qu’en paroles. En érigeant depuis sa création la violence comme mode d’accès au pouvoir et à sa gestion, le Rdr nous démontre fort bien qu’il n’est rien sans cette violence qui se manifeste dramatiquement dans la manipulation des armes et des bombes. Avec des responsables aux propos et actes violents et guerriers comme le sieur Amadou Soumahoro, ce parti né dans la violence et aux antipodes de la démocratie et de la civilisation nuit aux intérêts de notre pays. Par sa violence et sa guerre, il pompe et pille aujourd’hui les richesses de ce pays avec ses complices de la nébuleuse communauté internationale. Je ne pense pas que la meilleure façon de lui répondre soit notre silence et nos peurs. Devant une patrie en danger, le silence et la peur deviennent eux-mêmes d’autres ennemis et d’autres complices. Nous cautionnerons la barbarie du Rdr si nous le regardons l’accroître et la perfectionner à cause de notre silence et de nos peurs. Il nous faut donc impérativement nous mettre ensemble, unir nos forces et nos intelligences pour lui résister. Seul notre amour pour le pays peut être l’arme fatale contre ce parti et sa violence. En lisant l’appel du Fpi dans ce sens, nous serons plus forts. En actionnant ses sirènes de la soi disant « xénophobie du Fpi », le Rdr veut nous distraire pour rester maître absolu dans sa logique de violence et de pillage. Il veut surtout remuer et agiter la sensibilité de la communauté internationale sur ce sujet sensible pour compter sur sa tutelle protectrice. Mais nous devons comprendre que l’Occident n’est plus aujourd’hui un modèle de lutte contre la xénophobie. D’ailleurs, l’a-t-il jamais été ? Les actes de xénophobie qui prospèrent sur ses territoires sont légions ; encore que dans notre cas il ne s’agit point de xénophobie mais plutôt d’arracher notre pays des mains de violents et de pillards qui assassinent la démocratie et ses valeurs qui ont été acquises de hautes luttes. Le Pdci et les autres forces démocratiques de ce pays sont-ils prêts à comprendre cet appel pour le relèvement démocratique de notre pays ? Les prochaines semaines doivent nous situer.

 

 Père JEAN K.

perejeank@yahoo.fr

www.perekjean.vip-blog.com

 

 

Pour le sursaut

04/05/2013 19:26 par perekjean

                                               Pour le sursaut

      Le FPI a appelé, il y a peu, les forces vives de ce pays, et particulièrement le PDCI, à se retrouver dans une sorte d’union nationale pour traquer la violence et la dictature du RDR qui a pris ce pays en otage à travers sa violence caractérisée et institutionnalisée. Je salue et soutiens cet appel à la civilisation. En effet, « le pays va mal », comme a chanté ce militant bien bruyant du RDR. Cet appel fait couler en ce moment beaucoup d’encre et de salive. Et c’est tant mieux. Certainement, le RDR lui-même mesure l’ampleur dudit appel et ses répercussions sur la vie de la nation et surtout sur le développement et le devenir démocratiques de notre pays dans les semaines à venir. C’est pourquoi elle a mis en branle toute sa machine de violence et de guerre pour faire front à cette décision. Il a actionné son griot de Venance Konan pour décourager les frères du PDCI de s’allier au «  diable » de FPI., oubliant que ce dernier fut, il y a peu, un pourfendeur zélé de leur mentor. Mais nous qui suivons de très près la vie politique de notre pays, en dehors des officines politiques et syndicales, nous ne doutons pas que le PDCI donnera une réponse favorable et raisonnable à cet appel historique des frères du FPI. En effet, ayant bâti ce pays à la sueur de son front et avec intelligence, quoi qu’on dise, ce parti, malgré ses faucons et caciques accrochés à la soupe rdriste, n’acceptera point de le voir disparaitre sous le coup de boutoir de la violence du RDR et des étrangers qui tentent de le phagocyter pour leurs propres intérêts et ceux des leurs. Le sursaut national auquel nous sommes invités doit être pour chacun de nous la prise de conscience du danger qui nous guette et qui risque de nous emporter si nous ne prenons pas nos responsabilités hic et nunc devant l’histoire. Je disais la semaine dernière dans cette même rubrique que la réponse à la violence du RDR ne doit pas être la violence, loin s’en faut, pour des hommes civilisés que nous sommes ; mais plutôt notre amour pour notre pays et surtout notre union sacrée et « indéboulonnable » autour de valeurs nationales et démocratiques qui nous portent depuis toujours. C’est ainsi que se sont construites les grandes nations qui nous dominent aujourd’hui. Pour une raison ou une autre, et guidés par nos appétits égoïstes, on peut se haïr et se diviser un moment comme cela a été fait, chacun selon sa méthode. Mais cette inconscience passée, nous devons regarder dans la même direction. Et cette même direction pour nous Ivoiriens aujourd’hui, c’est le salut de notre nation en danger d’annexion et de disparition. Dire cela, ce n’est pas être xénophobe. Les grandes manœuvres souterraines et nocturnes qui se trament aujourd’hui pour que les Ivoiriens ne soient plus maîtres chez eux intriguent plus d’un, y compris les frères du PDCI qui en parlent en coulisse. Il nous faut donc saisir cette opportunité que nous offre le FPI. Nous avons à comprendre que ce n’est pas la tête du FPI et celle de ses responsables qu’il faut sauver dans l’état actuel de notre misère, mais bien la tête de notre pays violenté et confisqué. Nous ne pouvons pas accepter éternellement une politique qui exclut les Ivoiriens et accorde sa priorité aux frères étrangers. L’hospitalité n’est pas une marche forcée encore moins un déni de soi. Un étranger, conscient de son statut d’étranger ne peut jamais être heureux si l’on doit, pour lui faire plaisir, mépriser et écraser son hôte. Mais, dans notre cas, ce qui est bien en jeu, c’est bien moins le statut de l’étranger que la survie de notre nation. Les étrangers demeurent toujours nos frères que nous aimons pourvu qu’ils respectent leur statut. Il s’agit de sauver les acquis démocratiques de notre pays. Il s’agit aussi de préserver nos richesses bradées aujourd’hui aux multinationales de la violence et de la guerre. Il s’agit d’assurer l’avenir de nos progénitures. Il s’agit de préserver notre environnement contre les envahisseurs et les agresseurs qui agissent à travers les « bombes démocratiques » pour asseoir leur dictature rampante et criminalisée. L’heure n’est donc pas au calcul des avantages et dividendes qu’on doit légitimement engranger de nos alliances, ni du côté du PDCI, ni même de celui du FPI qui est demandeur. Ce qui nous est demandé aujourd’hui dans l’état lamentable où nous nous retrouvons, ce sont bien moins nos égoïsmes que nos convictions et nos déterminations, notre farouche volonté à sauver la situation qui devient de plus en plus préoccupante malgré les dénonciations qui fusent de toutes parts. Le pouvoir « indéboulonnable » d’Abidjan, comptant sur ses alliés étrangers travaillent à l’appauvrissement des Ivoiriens et à la promotion de ses alliés. Il nous produit des chiffres mystificateurs et imaginaires pour nous endormir afin de mieux nous voler et nous dépouiller. En se servant subrepticement du PDCI qu’ils manipulent aisément et à qui ils font du chantage honteux et quotidien, les rdristes jouent avec le feu mais ils jouent gros leur destin. Ils oublient qu’un pouvoir n’est pas éternel et qu’il peut partir comme il est venu sous la pression de certaines circonstances et événements. Ils oublient aussi qu’une alliance politique n’est pas éternelle. On la tisse pour un moment selon les intérêts et stratégies en place. En faisant régulièrement chanter le PDCI, les rdristes infantilisent ce parti dont ils abusent sans scrupule. Il est temps de nous laisser raisonner après avoir pris le pouls du drame. Selon Léon Gambetta, « la politique est l’art du possible ». Les renversements spectaculaires pour faire bouger les lignes sont toujours possibles. Je suis convaincu qu’au PDCI, des frères sont toujours prêts et aptes à cette sorte de « révolution copernicienne » pour relever le défi avec leurs frères qui les invitent à se mettre ensemble aujourd’hui pour sauver notre nation en péril de mort avancé. En pensant à Jean Anouilh qui soutient que « rien n’est irréparable en politique », je suis tenté de relever, moi, que rien n’est fortuit en politique quand on prend véritablement conscience que nous sommes dominés et que nous devons résister pour survivre. Quand nous identifions clairement notre bourreau commun, la nécessité de le combattre ensemble et avec les mêmes armes et arguments ne se négocie pas.

 

 

Comprendre la liberté dans l'oeuvre littéraire Le printemps de la liberté de Camara Nangala

04/05/2013 19:20 par perekjean

Comprendre la liberté dans l’œuvre littéraire Le printemps de la liberté de Camara Nangala

 

L’œuvre : Camara Nangala, Le printemps de la liberté, Abidjan, Calao-Frat mat, 2010, 372p. (Pour la version intégrale).

 

  1. Résumé de l’œuvre

     Wonouplet est une jeune fille timide et réservée. Elle tire ce trait de caractère d’une adolescence émaillée d’expériences douloureuses, notamment de son viol par son professeur d’histoire et géographie, un violent et monstrueux personnage.

      Au cours d’un voyage qui la ramène dans sa ville natale d’Hambol à Katiola, un incident douloureux la met aux prises avec un des passagers du véhicule de transport en commun, un passager qu’elle avait trouvé bizarre dès le départ à la gare. Au-delà de cet incident anodin, l’homme lui parait étrange. Cependant il la fascine et l’envoûte même. Une relation naît entre eux qui devient une grande et belle histoire d’amour sur fond de polyphonie et d’intertextualité qui convoque merveilleusement bien la littérature, la poésie, la musique, la peinture, la sculpture, bref, tous les arts.

     Wonouplet découvre à travers le temps et ses relations avec Pessa, un homme solitaire et isolé, mais un homme de conviction, un combattant acharné de la liberté qui refuse toute compromission avec le pouvoir, un homme qui a déclenché contre sa personne les foudres des hommes du pouvoir, ces  impitoyables demi-dieux.

     Mais, wonouplet aura-t-elle le courage de s’engager dans la lutte sans merci que mène Pessa pour le triomphe de la liberté comme il l’y invite prestement? Leur amour, si passionné, résistera-t-il aux coups de boutoir et aux foudres d’un pouvoir dictatorial qui manie aisément aussi bien le sexe que l’arme et qui est toujours prêt à tuer pour consolider son règne terroriste ? Pessa et sa compagne de la liberté survivront-ils aux foudres meurtrières des demi-dieux dont Boniface? Cette œuvre littéraire est à la fois voyage et initiation : voyage vers l’inconnu, initiation à la liberté.

 

 

2- Les personnages principaux de l’œuvre

  1. : Pessa :
  • Portrait physique : le personnage de Pessa est décrit dès le début de l’œuvre par celle-là même qui deviendra sa compagne inattendue de l’amour et de la liberté : « Sous le hangar de fortune, censé abriter les voyageurs du soleil et des intempéries, un homme. Ses yeux sont dissimulés derrière des lunettes de soleil. Son allure et sa coiffure retiennent d’emblée l’attention ». Wonouplet le décrit comme un « colosse, espèce de force brut de la nature, tout en muscles, mais sans exagération. Rien à voir avec les haltérophiles disgracieux aux allures de batraciens. Point d’embonpoint. Pas de débordements adipeux remplissant une chemise à n’en point finir. L’homme a un port de tête magistral. Il assume sa taille et sa forme avec un réel bonheur. C’est une statue de bronze dans la féerie des couleurs qui font le charme des tropiques. Il se tient sagement assis sur un banc bancal qui ploie piteusement sous son poids ». Il est, cependant, un détail qui choque Wonouplet dans l’apparence de cet homme : « sa coiffure. Pas du tout un look d’enfer, mais…Comment peut-il rompre – si mal à propos – l’harmonie de sa belle carrure avec un crâne quasiment nu ? s’indigne Wonouplet en son for intérieur. Il porte pourtant une barbe fournie qui lui sied à merveille. Voici le genre d’individus excentriques dont accouche notre société malade ! conclut-elle. Wonouplet est exaspérée par l’incongruité de la coiffure de Pessa. En effet, le crâne presque rasé du barbu lui donne un aspect de loubard. Or les personnes, reconnues comme telles, n’ont pas bonne presse…Cependant, « à observer attentivement le barbu, il n’a ni le physique inquiétant, ni l’allure belliqueuse des loubards. Son blue-jean et sa chemise sont propres. Le cuir de ses souliers resplendit de tout son éclat. Il se dégage de sa personne une certaine sérénité, quelque chose qui en impose ». « Le barbu semble captivé par quelque invisible spectacle. Son attention est concentrée sur un point fixe dont il ne détache pas les yeux. Il ne parait guère s’apercevoir du remue-ménage qui a cours autour de lui : le tourbillon multicolore du petit monde de la gare routière qui s’enroule et se déroule sans cesse. » (pp23-24).
  • Portrait moral : au-delà de ce personnage à l’aspect physique très peu attrayant, peut-être même repoussant, l’on doit voir en Pessa un homme rempli de vertus : vertus à la fois morales et intellectuelles. D’ailleurs, tous les hommes mus par des convictions solides le font voir très souvent à travers leur aspect physique souvent bizarre.

 

     Pessa est le genre d’homme intègre, probe, incorruptible, plein de conviction et qui n’est pas prêt à les brader sous aucun prétexte, même sous des menaces ou des espèces sonnantes et trébuchantes. Ce qui le remue et le travaille intérieurement et fortement de fond en comble, c’est son désir ardent de liberté. Il est un homme libre et il veut aussi que les hommes soient libres. Il assume sa liberté et vit volontairement en marge d’une société dont les valeurs morales ne comptent pas. Aussi se retire-t-il pour vivre sa liberté en un endroit quasi isolé, un ermitage : La Muette, comme Wonouplet a baptisé sa maison. Pessa refuse la corruption et l’embastillement. La preuve, ses parents dont sa propre mère veulent le contraindre à les rejoindre dans le camp du pouvoir, là où il y a à manger et à boire en abondance, là où on croit être protégé ad vitam aeternam. Pessa est la photographie idéologique de son père. Celui-ci, en effet, fut assassiné par le pouvoir à cause de ses idées subversives. Il était un prisonnier politique d’Aboussa, anagramme d’Assabou, terrible prison de Yamoussoukro où ont séjourné, à l’époque, tous les opposants au pouvoir du premier président de ce pays.

 

      Depuis, Pessa a compris qu’il devait continuer, contre vents et marrées, le combat politique et idéologique de son père, d’où son engagement subversif dans une société dont les puissants ne font aucun cadeau aux faibles et aux vulnérables.

 

      La révolte sourd en lui. A son frère aîné qui est venu le convaincre au nom de leur mère de jeter l’éponge dans un combat dont il sortirait inévitablement perdant, il répond courageusement : « Si cette femme m’a engendré dans le but de me précipiter sur les voies de l’infamie et de l’indignité, j’aurais aimé n’avoir jamais habité ses entrailles. Le regard ardent de cet homme, notre père, ne trouble-t-il pas ta conscience, pendant que tu te vautres dans la luxure que t’offrent les mains maculées de son sang ? » (p.256)… « Aujourd’hui, vous avez pignon sur rue, vous roulez carrosse, vous vous couvrez d’or, par la grâce et la volonté des assassins de mon père dont le seul crime fut de penser par lui-même, de penser autrement, d’avoir une opinion. Qu’avez-vous fait de sa mémoire ? » (p.259).

 

     Sur le plan intellectuel, Pessa passe pour un érudit, qualité qui contraste fort bien avec son aspect physique. A sa première visite à La Muette, Wonouplet est fortement saisie et séduite par l’impressionnante bibliothèque de Pessa son nouvel ami. Pessa lit beaucoup et écoute de la musique, du Jazz notamment, musique réservée à une élite intellectuelle. Au campus de l’université, une poésie engagée et subversive, un pamphlet contre le pouvoir, est distribuée sous le manteau. Wonouplet découvrira plus tard et avec émotion qu’elle est de Pessa.

 

     Au total, Pessa est un personnage extra-ordinaire. C’est le type de personnage qui ne transige pas avec ses idées, ses convictions, ses vertus et les portent très loin. Il ne se laisse pas distraire par les sirènes et les menaces qui se succèdent et s’enchaînent à un rythme effréné, provenant de ceux que les convictions contraires et solides dérangent. Pessa est épris de liberté. Il respire la liberté. Il vit pour la liberté. Il promeut la liberté. Il défend la liberté. Pour paraphraser Alfred de Musset qui soutenait qu’ « on ne badine pas avec l’amour », disons, à l’endroit de Pessa, qu’il ne badine pas avec la liberté.

 

 

  1.  Wonouplet

     Wonouplet (dont le nom signifie petite maman en langue locale Tagouana) est une jeune étudiante. Comme toutes les jeunes filles de son âge, elle veut découvrir le monde à partir de l’amour : aimer, se faire aimer et se laisser aimer.

    

     Sa rencontre banale et inattendue avec Pessa lui fait comprendre et découvrir autrement le monde, la société et les hommes. Pendant que Wonouplet cherche à aimer, elle découvre un personnage étrange qui certes, accepte son amour mais la contraint à aller au-delà de cet amour charnel et physique. Elle est en effet invitée par Pessa à aimer la liberté en plus de l’amour. Wonouplet doit donc faire l’expérience de l’amour et de la liberté. À la fin, et à son avantage, elle découvrira qu’en fait, le vrai amour conduit à la liberté et la liberté elle-même est le socle de l’amour. Avec son ami Pessa, elle apprend qu’aimer c’est être libre et être libre c’est savoir aimer. Comment concilier cette philosophie de l’amour qui la bouleverse durant les premiers moments de rencontre avec Pessa ?

 

     Malheureusement autour d’elle, se cristallise une société à qui ces belles notions, cette belle philosophie ne dit absolument rien. Rappelons qu’elle a été violée adolescente par son professeur d’histoire et géographie, signe visible que même les éducateurs et les forgeurs de conscience ne sont pas toujours à la hauteur de leur précieuse et délicate mission.

    

     Traumatisée par son passé violenté,  elle doit pourtant apprendre à aimer. Elle se retrouve en face d’un gourou, d’un « coutrou », un homme du pouvoir qui la courtise et lui fait des promesses mirobolantes mais qu’elle n’aime pas et à qui elle doit résister parce qu’il peut user de tous les moyens pour la faire plier. Le soutien ne vient pas de sa cousine Sarah qui est elle-même prise dans le tourment de l’amour violent et dépravé et sert de guide au lugubre et horrible Boniface, cet homme du pouvoir, pour la conquête sexuelle de Wonouplet. C’est auprès de Pessa qu’elle sent l’amour dans tous ses sens et la liberté. Le rapport entretenu désormais avec Pessa lui fait oublier l’horreur et l’amertume de son viol. Avec lui, elle fait l’expérience de l’amour selon Honoré de Balzac : « L’amour n’est pas seulement un sentiment. Il est un art aussi ». Ainsi, avec Pessa elle vit l’amour et se laisse initier à la liberté. Elle accepte d’aller à la conquête de la liberté aussi jeune fût-elle avec ses risques. Wonouplet fait l’expérience de l’amour tel que le comprend Antoine de Saint-Exupéry : « Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. » Pour les deux héros principaux de cette œuvre, « la même direction » ce sont l’amour et la liberté.

 

 

 

 

 

2- 3 : Boniface

     Camara Nangala surfe et flashe sur le personnage de Boniface pour nous faire entrer dans le mystère du pouvoir de chez nous et de ce qui le caractérise en réalité.

 

     Boniface est un homme du pouvoir. Il est au cœur du pouvoir. Et il en est fier. Ce lugubre et odieux personnage nous fait comprendre l’attitude et la vraie vie de ceux qui chez nous, ont la prétention de nous gouverner et de régenter notre société et notre existence. Boniface nous fait pénétrer brutalement au cœur du pouvoir en nous présentant quatre tableaux sombres, caractéristiques de ce pouvoir : le sexe, la luxure et la dépravation ; le gaspillage, l’inconscience et l’intimidation ; la violence, le viol et la dictature ; le fétichisme, la sorcellerie et le mysticisme. Sous nos tropiques et dans nos pays africains, telle est la caractéristique essentielle, le vrai visage, la marque déposée de nos gouvernants. Boniface, un des « faucons du système » (p.206), photographie exacte de ce pouvoir, veut user de tous les moyens à sa disposition, y  compris les moyens mystiques, pour avoir Wonouplet dans son lit douillet. Il est prêt à lui donner toute sa fortune et même celle de la République si elle accepte d’assouvir sa libido débridée démesurée. Il entre en conflit indirect avec Pessa et jure de l’avoir à l’usure sur son chemin et par tous les moyens.

    

     Avec Boniface, nous comprenons comment la question de la liberté est de moindre importance dans l’esprit et les actes de ceux qui ont pris en otage nos palais présidentiels africains. Sous nos tropiques et dans nos palais, liberté ne rime jamais avec pouvoir et gouvernance. Pendant qu’eux-mêmes refusent la liberté et la confisquent, ils pourchassent et traquent ceux qui en font son éloge.

 

      Pessa et Wonouplet, épris et enivrés l’un et l’autre de liberté sont opposés à Boniface, ennemi public et juré de la liberté.                                         

 

 

3- Comment l’auteur comprend-il la liberté ?

     Selon Jean-Paul Marat, « C’est par la violence que l’on doit établir la liberté ». Chez Camara Nangala au contraire, la liberté est un printemps, c’est-à-dire un renouvellement, un rajeunissement, un refleurissement, mieux une renaissance des cellules et de l’esprit. Pour nous chrétiens, on peut la comprendre avec Camara Nangala comme une résurrection, un surgissement de la vie des entrailles et des ténèbres de la mort. De ce point de vue, la liberté surgit alors  après un hivernage, un temps moins glorieux et trouble caractérisé par le gel, la glace, le froid, l’inertie, la léthargie, l’improduction, le blocage, la non-vie, l’emprise des forces contraires sur la nature et l’esprit des hommes. Pour tout dire, un temps où tout est confondu, en reprenant à notre compte ce sermon de Bossuet : « Laisse passer l’hiver de ce siècle, où toutes choses sont confondues »

 

     L’auteur de Le printemps de la liberté conçoit la liberté comme une conquête toujours possible et ouverte. Elle est une quête et surtout une conquête qui se font avec des hommes convaincus et convaincants dont Pessa et Wonouplet sont les images glorieuses, les modèles achevés dans son œuvre. Si elle est une conquête c’est qu’elle n’est jamais une génération spontanée, un acquis, encore moins un don ou une grâce spéciale. Mieux, comme toutes les conquêtes, elle ne s’acquiert pas solitairement. Bien plus, cette conquête est un risque ; le risque d’essuyer l’adversité et l’incompréhension, la méfiance, la banalisation et  l’ostracisme, le mépris et la confrontation, la méchanceté et l’anéantissement des hommes. De la rencontre houleuse entre Pessa et son frère, on peut retenir que même le prochain, le familier peut être un obstacle majeur sur le chemin de la liberté (pp.253-261). De cela, on peut affirmer que la liberté est un domaine réservé, un lieu sacré inaccessible au non initié. En définitive, la liberté est une affaire d’initié. Etre initié à la liberté, c’est d’abord se faire une idée claire et précise de la liberté et ensuite savoir en emprunter le chemin et vaincre héroïquement les obstacles qui s’y présentent. C’est ce que soutient Friedich August Von Hayek quand il affirme que « la Liberté ne signifie pas seulement que l’individu ait à la fois l’occasion et l’embarras du choix ; elle signifie aussi qu’il doit supporter les conséquences de ses actes, et en recevoir louange ou blâme. Liberté et responsabilité ne peuvent être séparées l’une de l’autre » (In La constitution de la Liberté, Paris, Litec, 1994, p.69). Tout bien pesé, emprunter le chemin de la liberté, c’est accepter d’assumer ses responsabilités, c’est-à-dire accepter d’être soi-même, afficher son identité et sa personnalité propres. Pessa, le héros courageux de l’œuvre de Camara Nangala l’a si bien compris qu’il doit affronter l’opposition et l’hostilité farouches et impitoyables de ses parents dans sa conquête et sur sa route de la liberté. « Tant pis ! Advienne que pourra » (p.261), conclut-il, amer, après avoir éconduit son frère aîné de chez lui.

 

      Au demeurant, avec le personnage de Pessa, ce héros convaincu et convaincant de la liberté, Camara Nangala nous fait comprendre également que nous devons faire l’éloge de la liberté, en faire une hymne polyphonique jouée par plusieurs instruments merveilleusement accordés les uns aux autres. Et cette hymne doit sonner non pas dans nos oreilles souvent distraites mais plutôt dans nos cœurs et nos actes.

 

     Plus concrètement, faire l’éloge de la liberté c’est comprendre la domination des faibles et des pauvres et ouvrir leurs cœurs et intelligences à la conquête de la liberté. Car, il est de notoriété publique que la liberté vient toujours du camp des faibles, des pauvres, des dominés et exploités de nos sociétés. Ce sont eux qui ont besoin de liberté ; jamais du camp des riches, des repus, des gourous et autres « coutrous » de Boniface. En se présentant à la société comme le défenseur de la liberté, Pessa, comme un prophète, se fait la voix des sans voix ; la voix des voix étouffées par la peur : peur de l’autre, peur du dictateur, peur de la société, peur de perdre ses avantages et privilèges. Or, comme a dit Martin Luther King, « il vient un temps où le silence est trahison » (In Je fais un rêve, Paris, Bayard, 2010, p.165).

 

      Comment ne pas trahir le peuple ? Comment les intellectuels que nous prétendons être peuvent être la voix et la voie de la liberté de nos peuples étouffés et marginalisés ? Comment arracher courageusement des griffes de nos gouvernants notre peuple emprisonné et embrigadé ?

 

     Le personnage de Camara Nangala nous donne une belle réponse à travers son engagement héroïque et sans compromission pour la liberté.

 

     L’espoir d’une société libre est-il possible dans l’état actuel de ce monde volontairement compartimenté entre Nord et Sud et dont les pauvres et les faibles sont mortellement livrés et exposés aux pouvoirs des puissants, condamnés à mendier pour survivre ? Les Ivoiriens que nous sommes peuvent-ils rêver aujourd’hui un printemps de la liberté devant l’adversité farouche et traumatisante qu’ils doivent affronter aujourd’hui : adversité qui a pour nom : néo-colonialisme, agenouillement devant l’ancien colon, bombes démocratiques, multinationales, rattrapage ethnique, détournement de biens publics, dictature, course au pouvoir, élections truquées ?

 

     Avec Pessa et Wonouplet, ces partenaires de la liberté, osons rêver. Osons Rêver davantage avec Nelson Mandela, Thabo Mbeki, Mère Teresa, Jean-Paul II.  Osons rêver surtout avec nos héros maltraités,

emprisonnés et même tués comme Patrice Lumbumba et Thomas Sankara. Osons rêver aujourd’hui encore avec Martin Luther King, ce Noir courageux : « Je continue de croire que nous vaincrons. La foi peut nous donner le courage de faire face aux incertitudes du futur. Elle donnera à nos pieds fatigués une force nouvelle pour poursuivre notre route vers la cité de la liberté. Quand nos jours seront obscurcis par la menace de nuages bas et lourds, quand notre ciel nocturne se fera plus noir qu’un millier de minuits, nous saurons que nous sommes pris dans le tourbillon créateur d’une civilisation authentique qui se débat pour naître. » (Idem, p.81).

 

Rdr égal violence

30/04/2013 17:22 par perekjean

          Rdr égal violence

 

Question : la violence a – t- elle un père fondateur en Côte d’Ivoire ?

Réponse : Oui la violence a un père fondateur en Côte d’Ivoire.

Question : Qui est-il ?

Réponse : le rdr

 

Je dédie la rubrique de ce weekend à toutes les victimes connues et inconnues du rdr. Comment peut-on encore aujourd’hui douter, de bonne foi, que le Rdr (Rassemblement Des Républicains ou des Rebelles) soit un parti de violents, de rebelles, d’hommes assoiffés de violences, de barbaries et de sang ? Ceux qui refusent encore d’intérioriser cette évidence doivent de plus en plus se rendre compte de leur grande cécité. Les élections « wouya-wouya », cette mascarade qu’on vient de nous servir avec la glorieuse complicité de la Nébuleuse, consolident nos convictions « indéboulonnables » que le parti d’Alassane Dramane Ouattara, lui aussi « indéboulonnable » est le père de la violence politique et de la barbarie sauvage dans notre pays. Il y a introduit la violence et s’en sert à merveille avec la bénédiction de ses parrains occidentaux dont le très brumeux Sarkozy. Alassane Dramane Ouattara avait lui-même déjà photographié et caractérisé son parti en révélant qu’il allait mélanger ce pays s’il n’est pas président. Nous connaissons bien la suite. Sa violence a appelé la rébellion dont il est à la fois l’initiateur, le pourvoyeur, le conseiller, le père spirituel et le profiteur. Elle s’est surtout nourrie des « bombes démocratiques » pour entrer avec fracas au palais ivoire. Depuis, sa bande de violents constituée de coxers analphabètes et désœuvrés sème partout la violence contre ses adversaires et ses propres supporters et autres alliés. Les municipales et régionales que nous venons de vivre ont encore révélé, de façon crue, la violence et le sang qui caractérisent ce parti bâti sur des fonts tribaux,  ethniques, régionalistes et religieux qui a pris une partie du pays et de la population en otage aidé de burkinabé et autres apatrides qu’on veut aujourd’hui imposer aux Ivoiriens par la violence. Les journaux de l’opposition et ceux de son propre camp ont été assez lucides pour nous relater dans les menus détails la brutalité dont ont usé les  indéfectibles « rdristes » pour imposer leur méthode à ceux qui refusent de s’aligner. Un parti arrivé au pouvoir dans « le feu, la flamme et la boue » ne peut rien proposer aux Ivoiriens que sa violence et sa barbarie caractérisées. En prenant en otage le Pdci, le Rdr veut imposer sa barbarie à toute la Côte d’Ivoire en la camouflant par un jeu qui lui est propre et dans lequel il a toujours excellé et prospéré. Le Pdci, de son côté, en acceptant de cautionner et d’assumer la barbarie de son allié du Rdr, veut abandonner sa propre logique et philosophie de paix pour se rallier à une cause dans laquelle elle ne se reconnaît et ne se retrouve même pas et dont elle subit, contre toute attente, les conséquences et autres effets directs et collatéraux. C’est pourquoi il doit accepter la main que lui tend le Fpi pour construire aujourd’hui un pays civilisé, débarrassé de la barbarie et de la guerre que des hommes venus d’ailleurs lui imposent à coups de violences et de kalaches. Ce parti sait fort bien qu’en dehors de la violence, des armes, des gourdins, des haches, qu’il sait fort bien manipuler, il n’a rien de sérieux à proposer à nous autres victimes et futures victimes de sa machine de violence et de barbarie. Faut-il regarder éternellement le rdr nous prendre en otage et s’imposer à nous sur nos propres terres ? Je crois et je suis fortement convaincu que le sursaut national auquel nous invite le Fpi doit être la méthode pacifique que nous devrions utiliser pour désarmer le Rdr et ses bandes criminalisées semées et éparpillées dans tout le pays. Il est la seule issue. Contre sa violence, opposons-lui notre sursaut national et notre patriotisme. Quelle force aurait ce parti devant l’ensemble des Ivoiriens conscients du drame qu’on impose à leur pays aujourd’hui et qui sont déterminés à l’arracher des griffes des violents et des barbares « rdristes »? N’en déplaise à Venance Konan, aujourd’hui introduit au cœur de la mangeoire et de la soupe « rdriste », nous devons constituer un front de sursaut national. Les drames vécus durant ces « élections » doivent davantage rassembler et mobiliser les Ivoiriens qui portent encore ce pays dans leur cœur pour constituer l’alliance pour le sursaut national. Car le danger de notre étouffement et de notre extermination collectifs nous guette tous au fur et à mesure que le rdr déroule son programme de violence sous nos yeux. Des gens veulent vivre ensemble chez nous, mais sans nous et surtout contre nous. Quel candidat du sud, du centre, de l’ouest avons pu trouver au nord pour ces élections, pendant que beaucoup de frères du nord ont gagné des communes ailleurs dans le pays? Pourquoi devons-nous vivre ensemble chez nous pendant que chez eux, nous sommes bannis, poursuivis et traqués à longueur de journée ? La comédie du « vivre ensemble » et sa perfidie ont trop duré et prospéré pour que nous restions encore les yeux fermés. En politique, tout est possible. Les alliances se tissent en fonction des intérêts du moment. Les nôtres en ce moment, c’est de sauver notre mère patrie en danger permanent de mort, pris en otage par des violents qui le violent, le pillent et le bradent à leurs alliées eux aussi violents qui sèment morts et désolations partout en Afrique. Si à un moment donné de notre marche commune, nous nous sommes trompés de bonne foi en s’alliant à un parti qui cachait son jeu, nous devrions aujourd’hui nous réveiller pour constater les dégâts de notre choix et prendre un nouveau chemin, un nouvel engagement et se lancer un nouveau défi qui implique l’amour de notre pays à protéger et à sauver contre la violence et la barbarie qu’on nous sert à longueur de discours démagogiques et d’actes. Il n’y a pas de honte à se retrouver pour se protéger comme hier nous n’avons pas eu honte à se rallier chacun au rdr quand bien même nous étions conscients de ses méthodes violentes. Si hier le Fpi s’est rallié au rdr pour s’opposer au pdci, alors au pouvoir, si à son tour, le pdci, pour lui rendre la monnaie, s’est rallié au rdr pour combattre le pouvoir du Fpi incarné par Gbagbo, le Fpi et le pdci doivent aujourd’hui se mettre ensemble pour s’opposer à la violence et à la barbarie du rdr qui, de plus en plus, font tant de maux à notre pays et dont ils sont les grandes victimes. Le passé reste le passé. L’avenir doit être ouvert et radieux. L’intérêt du pays est le plus urgent dans l’état actuel où le rdr l’a dramatiquement positionné. Si hier Venance Konan a traité Alassane Dramane Ouattara de « Mossi » et d’ « apatride » et l’a vilipendé sous tous les toits et qu’aujourd’hui le « Mossi » est devenu « Ivoirien » et « sauveur des Ivoiriens » selon le même Venance Konan, rien ne peut empêcher le Pdci de répondre favorablement à l’appel urgent de ses frères du Fpi pour arracher notre pays des mains des violents qui s’en sont accaparé contre nous. Victimes de la violence du Rdr, levons-nous et mettons-nous ensemble. Démocrates Ivoiriens de tout bord, l’heure de notre résurrection a sonné.

 

Grève de survie

24/04/2013 12:29 par perekjean

Grève de survie

     « Nous mourons en consommant les sauces de deux jours, trois jours, voire quatre jours. Parce que nos conditions de vie et de travail se dégradent chaque jour ». Cet aveu qui frise la misère est d’un enseignant syndicaliste qui lutte aujourd’hui pour une revalorisation salariale. C’est la presse qui a rapporté ses propos. Je dédie la réflexion de ce jour à tous les enseignants qui sont en grève et en lutte pour conquérir leur dignité dans notre société ivoirienne qui ne véhicule plus aucune valeur éthique, en dehors de celles des armes et de la médiocrité. J’ai longtemps observé cette grève des enseignants et je comprends de mieux en mieux que la lutte est toujours possible dans ce pays malgré l’épée de Damoclès qui plane sur chacune de nos têtes. J’ai surtout remarqué la mauvaise foi des gouvernants actuels qui refusent le minimum vital à ceux qui se consacrent à l’éducation dans ce pays. Prêtre, et donc enseignant, j’ai compris alors que l’Ecole n’est pas leur point fort, encore moins leur priorité malgré le boucan communicationnel autour de l’Ecole. Quoi de plus normal pour des individus parvenus au pouvoir avec les armes et non avec les « bics », les cahiers, les livres et les diplômes. Logiquement, la guerre faite aux Ivoiriens est la guerre contre l’Ecole ivoirienne vu le niveau intellectuel de ceux qui se pavanent aujourd’hui au sommet de notre Etat pris en otage par les « bombes démocratiques », vu aussi que nos brillants professeurs d’université sont soit en prison, torturés et leur avoir gelé donc affamés, soit en exil. Que peut-on donc attendre d’un tel gouvernement, apte à promouvoir la racaille et prêt à étouffer et à assassiner l’intelligence, à brûler les diplômes et à fermer les universités ? Mieux, quand un ministère comme l’Education et la formation est pris en otage par des personnes venues d’ailleurs, dont le souci est d’assassiner l’intelligence des Ivoiriens pour arrêter net leur progrès à la base, que peut-on espérer ? C’est une véritable catastrophe intellectuelle, un déni d’intelligence aggravés par le malheureux « Kandiarousse » qui nous est servi à longueur de discours démagogiques sur l’Ecole. Eux, se rassasient aujourd’hui avec leurs armes qu’ils ne sont pas prêts à abandonner. Pendant ce temps, les autres dont les enseignants sont affamés, traqués et maltraités, leurs droits syndicaux bafoués. Ils refusent de leur accorder la revalorisation de leur salaire qu’ils ont acquise depuis. La « grève de survie » qu’ils ont entamée est le symbole d’un peuple qui ne veut pas mourir affamé par des copains devenus tous milliardaires aujourd’hui en pillant systématiquement notre pays par la force des armes et la complicité de leurs frères de lumière. Nos enseignants sont à honorer et à encourager parce que leur lutte, qui n’est pas politique, est celle de tous les Ivoiriens épris de liberté. C’est une lutte pour la survie. Eux l’ont baptisée « grève de survie ». Dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, manger devient une nécessité et un enjeu de taille. Et pour manger, il faut, pour le fonctionnaire ivoirien, un salaire conséquent vu que tout est devenu cher dans l’indifférence totale de nos gouvernants dont les femmes ; maîtresses et copines font leur marché dans les avions et les grandes surfaces occidentales. La grève de survie est donc la grève pour ne pas mourir de faim. Nous constatons bien que l’enjeu de notre fameux ppte a été fortement détourné par nos gouvernants qui ne juraient que par lui. Avec ce maudit ppte, qui devrait nous nourrir et soigner tout devrait pourtant être réglé une fois pour toutes selon les promesses mirobolantes. A l’arrivée nous nous rendons bien compte qu’aucune promesse n’est tenue. Encore une fois, nous avons tous été trompés. Le ppte a donc accouché d’une souris. Et d’ailleurs, il continue d’affamer les pauvres et d’enrichir davantage les riches qui peaufinent davantage leur politique et stratégie d’accumulation et de gaspillage tous azimuts. La grève de survie nous rappelle à l’ordre et nous intime d’être solidaires dans le malheur et la misère face à l’arrogance d’un pouvoir dictatorial qui ne se préoccupe que du ventre d’un clan. En menant cette grève opportune et juste, nos enseignants nous aident à découvrir le vrai visage social du pouvoir actuel et nous font comprendre subséquemment que l’épreuve de force engagée par les gouvernants pour résoudre les problèmes de survie qui leur sont légitimement et consciemment posés est vaine et révèle, de façon crue, l’incompétence d’un pouvoir plutôt prompt à brimer qu’à résoudre intelligemment les sérieux problèmes de survie que lui posent ses compatriotes pris dans le feu de la galère. Préoccupés à faire le tour du monde avec leur gamelle, leur chef en tête, nos hommes forts d’Abidjan n’ont aucun égard pour la population et sont fondamentalement et viscéralement déconnectés de la réalité sociale. Le soutien que nous devons apporter aux enseignants se situe à ce niveau précis: lutter pour une juste répartition des biens de ce pays pris en otage par une clique de rattrapés et leurs suiveurs de l’extérieur. Ceux d’entre les enseignants qui comprennent ce message en envers ou qui ne le comprennent pas du tout et qui par conséquent voient à travers cette grève les intérêts menacés de leurs gourous de politiciens, rament vraisemblablement à contre-courant de l’évolution sociale. Ils font la grave confusion entre intérêts politiques de leurs mentors et leurs propres intérêts sociaux, à moins qu’ils aient part, nuitamment, à la mangeoire. Notre intérêt à nous est  de soutenir et encourager cette grève de survie parce que nous sommes tous des affamés. « Le contrat social » n’aura plus de sens si les biens d’un peuple restent confisqués et confinés entre les mains de quelques privilégiés arrogants qui demeurent sourds aux cris de détresses et de misères de l’ensemble du peuple. Nous constatons donc qu’il y a une digue entre savoir manipuler les armes pour accéder au pouvoir et savoir diriger les hommes en assurant leur pain quotidien et leur bien-être social. Vouloir coûte que coûte résoudre les difficultés par la force et les intimidations grossières n’engendre que d’autres difficultés et d’autres crises bien plus graves. Cette grève de survie doit aussi être vue comme un ballon d’essai pour tester l’intelligence des gouvernants actuels. Et la forme qu’eux-mêmes ont donnée à cette balle risque de les perturber en premier lieu. Il faut donc savoir raison garder en toute chose. En répondant à la grève de survie par le mépris et la ponction, le pouvoir ne fait qu’exacerber une tension et en susciter d’autres. Profitons de cette aubaine pour mesurer nos forces en vue de faire face à un pouvoir qui méprise ceux qui ne pensent pas comme lui.