La France catholique homosexuelle

10/02/2013 00:53 par perekjean

La France catholique homosexuelle

   A moins d’un cataclysme ou d’un sursaut d’orgueil de dernière minute, la France catholique, certainement au nom de l’égalité et de la fraternité, votera dans quelques jours seulement sa fameuse et horrible loi sur le mariage homosexuel et l’adoption des enfants par ces misérables couples homosexuels en mal de dévergondage. La France franchit ainsi la ligne rouge de l’immoralité et de l’inconduite. Pourtant, elle dit, par la bouche de sa ministre Taubira, être fière de ce qu’elle fait et tente de faire remarquer que ce mariage ne fait rien à ceux des hétérosexuels. Pour être clair, je suis de ceux qui portent en haine viscérale l’homosexualité et tous ceux qui la pratiquent et la défendent. Pour moi, l’homosexualité est la pire des bêtises contre le genre humain, l’humanité, la société et surtout contre la Loi de Dieu. Et je suis convaincu que ceux-là subiront le même sort que Sodome et Gomorrhe. La Bible ne ment pas. Je préfère, moi, un dépravé et dévergondé hétérosexuel à un « bon » homosexuel. La France est ainsi engagée sur deux fronts : elle doit chasser les méchants et diaboliques islamistes et djihadistes du Nord mali et au même moment, ouvrir les portes des salles de mariage de ses mairies à des homosexuels sans foi ni loi. Pourquoi ce deux poids deux mesures ? Pourquoi combattre des djihadistes et tolérer et accepter des homosexuels ? Des deux, qui est le meilleur sur le plan éthique ? Un homosexuel vaut-il mieux qu’un djihadiste ? Moi, je ne vois pas de différence. Car tous deux s’opposent à la Loi de Dieu sur l’amour. Le premier tue son prochain au nom de sa foi. Quant au second, il tue l’autre parce qu’il ne l’aime pas et au nom de sa liberté. Il le viole et le tue dans son amour propre et dans son être profond. Ainsi, le djihadiste comme l’homosexuel ont un point commun : donner la mort à l’autre et renier Dieu dans ce qui lui est de plus essentiel et fondamental : l’Amour. Alors, pourquoi traquer les djihadistes (qui de toute façon ne toléreront jamais l’homosexualité) dans le désert sableux et chaud du Mali et aimer les homosexuels de l’hexagone? Les deux doivent être combattus au même titre et avec les mêmes armes. La France, qui ne cessera jamais de surprendre et d’étonner l’Afrique n’est jamais à un paradoxe près. Ma conviction sur le sujet est tout aussi claire car tirée de ma foi catholique : jamais je n’admettrai dans mon cercle d’amis un homosexuel, ce maudit et résidu de la « société moderne ». La France, la fille aînée de l’Eglise, s’adonne aujourd’hui à ce triste et honteux spectacle en marchant pour soutenir une loi sur l’homosexualité et mobilise de ce fait son parlement à accepter une telle loi qui fait sa honte et celle de l’humanité entière. Qu’est-ce que nous autres chrétiens catholiques africains pouvons attendre encore aujourd’hui de la France sur le plan spirituel et moral ? Rien du tout. La France catholique, rendue perverse, dépravée et homosexuelle n’a plus aucune leçon de morale et de foi à donner à l’Afrique et au reste du monde. Je comprends la douleur de mes confrères français qui vont devoir faire avec cette vilaine loi, car beaucoup de leurs fidèles sont homosexuels déclarés. Comment se comporteront désormais ces missionnaires français en Afrique, toujours prêts et zélés à vouer aux gémonies nos coutumes et nos traditions les traitant de barbares et d’archaïques, de diaboliques et de perverses ? Auront-ils seulement le courage maintenant de se jeter la pierre à eux-mêmes quand ils auront accepté cette vilaine loi contre Dieu et contre l’homme? Il est très facile de critiquer et de détruire les coutumes des autres et bien difficile d’indexer les siennes propres même quand elles contiennent des germes d’immoralité. Pendant plusieurs siècles, les missionnaires français qui ont accompagné les colons en Afrique n’ont fait que vilipender et diaboliser nos coutumes en convainquant ceux d’entre nous qui ont accepté leur évangélisation de faire table rase de nos réalités culturelles pour n’embrasser que la loi nouvelle que charrie cette évangélisation européanisée. Aujourd’hui, nous sommes bien obligés de reconnaître que ce type d’évangélisation nous a fait plus de mal que de bien. Pourquoi ces missionnaires restent muets devant cette ignominie de leurs compatriotes et gouvernants ? Ne lisent-ils plus l’Evangile de Jésus-Christ qu’ils nous brandissaient ici pour traiter nos coutumes de fétichistes et de sorcellerie ? Pourquoi le saint siège reste-il aussi muet lui qui s’en prend toujours et rappelle à l’ordre nos théologiens qui revendiquent quelque liberté dans la pratique de la foi en Afrique ? L’homosexualité serait-elle en train de s’installer subrepticement dans nos consciences chrétiennes catholiques ? Aujourd’hui, la morale a fondamentalement changé de camp. Comme toujours, l’Afrique ne tirera jamais profit d’une telle dérive sexuelle et morale française pour s’exprimer et s’afficher. Empêtrée qu’elle est dans sa logique de quémandeuse et de mendiante géante, elle va devoir soutenir l’horreur française pour ne pas avoir affaire aux multinationales dont la plupart cautionnent et soutiennent à grands frais ces genres de lois perverses. D’ailleurs, notre pays a donné le ton en votant dans la précipitation sa fameuse loi sur le mariage. Si aujourd’hui, pour le « bien » de la famille, l’homme et la femme peuvent discuter pour décider qui doit être le chef de cette famille, pourquoi ne peuvent-ils pas aussi dans un proche avenir discuter pareillement pour décider s’ils doivent être ou non homosexuels et adopter des enfants? La ligne de démarcation entre ces deux lois est tellement ténue qu’on ne peut pas conclure que la loi sur l’homosexualité n’est pas loin de nous. Que feront aujourd’hui nos gouvernants, si prompts à quémander l’aide financière française, si cette aide devrait désormais être conditionnée par la reconnaissance officielle des droits des homosexuels français qui vivent aussi chez nous en nombre pléthorique? Il y a peu, David Cameron avait exigé cela aux pays africains attachés à sa soupe. Heureusement, le grand Mugabe l’a traité de « porc » et de « chien ». Il y a donc urgence ! Il nous faut nous battre, pour nous qui croyons encore avoir quelques valeurs éthiques à protéger, pour s’opposer à cette loi qui nous guette. Sur le sujet, ne faisons pas trop confiance à l’Eglise car elle aussi doit faire bouillir sa marmite avec l’aide  des bienfaiteurs français, même homosexuels.

 

Père JEAN K.

perejeank@yahoo.fr

mon Homélie pour le père Bernard Ouédraogo

09/02/2013 23:55 par perekjean

Messe d’action de grâce du père Bernard OUEDRAOGO

Dimanche 10 février 2013

 

 

 

     Mon cher Bernard,

     Comment ne pas être reconnaissant à ton égard pour cette marque de sympathie et de fraternité que tu me manifestes en me demandant de te parler et de parler en ton nom aujourd’hui même où tu célèbres cette messe pour rendre grâce au Seigneur pour tous ses bienfaits à ton endroit!

 

     Aujourd’hui où il te plaît de convoquer tout le peuple chrétien de sainte marie de Zuénoula et des parents et amis venus d’ailleurs, tu fais en même temps reconnaître à tous que la Parole de Dieu est sans limite et elle s’intéresse à tous les hommes ; Parole éternelle d’amour et de vérité, Parole de grâces et de fidélité à Dieu et aux hommes, Parole qui rassemble et édifie.

   

     Dans la mouvance de la joie due à ton ordination sacerdotale, nous voici rassembler autour de l’autel du Seigneur, convoqués par toi. Tu nous invites à partager la joie qui est la tienne et à nous émouvoir avec toi de ce que le Seigneur lui-même, de son propre chef et par pure grâce, fait pour toi. Ce qu’il a fait pour toi et pour lequel nous répondons à ton invitation pressante et enthousiaste de ce jour, c’est qu’il ta consacré. Il t’a oint, faisant de toi un envoyé, un prêtre. Tu rejoins ainsi la noble lignée de nos Ancêtres prêtres dont l’Ancien testament fait échos, lequel échos est merveilleusement repris et amplifié par le Christ lui-même, Grand prêtre par excellence dont tu deviens serviteur.

 

     Qu’est-ce qu’un prêtre ? Qui est-ce qui est le prêtre que tu es devenu depuis le 2 février 2013 grâce à la consécration reçue des mains de notre évêque?

    

     Dans l’Ancien testament, le prêtre était chargé de la garde du sanctuaire et du temple. Il assumait cette tâche spirituelle aux côtés des tâches royales et prophétiques assumées respectivement par le roi et les prophètes. En tant qu’autorité spirituelle, il avait une charge cultuelle au milieu du peuple pour qui il priait. Il était le sanctificateur. La prêtrise à cette époque était une affaire de clan et de tribu. Elle était exclusivement réservée à la tribu de Lévi et les descendants d’Aaron en recevaient un statut particulier.

 

     Dans le Nouveau testament, le Christ assume toute la prêtrise et le sacerdoce qui en découle de façon particulière et la conduit à sa plénitude. Désormais, avec lui, il n’y a plus qu’un seul prêtre : le Christ lui-même ; un grand prêtre éminent qui a traversé les cieux, non pas pris entre les hommes et établi par les hommes afin d’offrir des sacrifices pour eux et pour lui-même, mais établi par Celui qui a dit : « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui », et dont le sacrifice est offert une fois pour toutes, pour un rachat définitif de toute l’humanité. Il est « prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech », ce prêtre extraordinaire et providentiel dont parlait déjà l’Ancien testament. Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire pour se purifier. Il est entré dans les cieux. Il est ainsi le prêtre parfait assis pour toujours à la droite de son Père.

 

     L’Eglise, par la voix du saint Concile Vatican II définit le prêtre comme serviteur du Christ Docteur, Prêtre et Roi, ministre de la Parole de Dieu, ministre des sacrements et de l’Eucharistie, chef du peuple de Dieu et agissant en la Personne du Christ.

 

     Permets-moi ici, mon cher Bernard, de te rappeler à toutes fins utiles ce que tu voulais faire une fois devenu prêtre. Cela tu l’as exprimé clairement et publiquement, selon le rite d’ordination, devant tout le peuple de Dieu réuni pour ton ordination le samedi 2 février dernier en l’Eglise Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Face de Daloa.

 

  • Tu as voulu devenir prêtre, collaborateur des évêques dans le sacerdoce, pour servir et guider le peuple de Dieu, ministre des sacrements et de l’Eucharistie, chef du Peuple de Dieu et agissant en la Personne du Christ.
  • Tu as voulu également accomplir fidèlement le ministère de la Parole, c’est-à-dire annoncer l’Evangile et exposer la foi catholique.
  • Tu as voulu enfin, en devenant prêtre, célébrer avec foi les mystères du Christ, selon la Tradition de l’Eglise, pour la louange de Dieu et la sanctification du peuple chrétien.

 

 

     Mon cher Bernard,

     Voilà ce que tu es devenu. Tu es choisi par Dieu du milieu des hommes, de tes parents et amis, pour le servir en servant les hommes, le Peuple que Dieu lui-même s’est acquis. C’est donc une mission que tu reçois : une mission de Service. Au cœur de cette mission, se trouve l’homme : tout homme et tout l’homme. En effet, depuis qu’il a plu au Seigneur de t’imposer les mains par son serviteur, notre évêque, tu as signé un pacte de relation avec l’homme. L’homme devient ainsi pour toi le vrai sens de ton sacerdoce. Ta mission auprès de lui sera de lui révéler ce qu’il est en réalité : c’est-à-dire créature et fils de Dieu. Cette mission ne sera possible que dans la seule mesure où tu aimeras véritablement cet homme. L’amour véritable sera au cœur de ta relation avec les hommes que Dieu te confie. Il doit être un amour vrai et sincère, un amour sans compromission possible, un amour qui instruit et libère de toute servitude, de tout enfantillage et de tout mensonge. Et les vertus et autres qualités humaines qu’il te faut posséder pour accomplir cette mission sont celles-là mêmes que nous enseigne notre Maître commun, le Christ : la patience, la sagesse, l’intelligence, la prudence, la justice, la délicatesse et la finesse.

 

     Je voudrais ici même reprendre à ton profit les conseils de l’Apôtre Paul à son fils bien aimé Timothée que nous avons écoutés dans la deuxième lecture: « Fils bien-aimé, sois pour les croyants un modèle par ta façon de parler et de vivre, par ton amour et ta foi, applique-toi à lire l’Ecriture aux fidèles, à les encourager et à les instruire. Ne néglige pas le don de Dieu qui est en toi, ce don que tu as reçu grâce à l’intervention des prophètes, quand l’Assemblée des Anciens a imposé les mains sur toi. Tu dois prendre à cœur tout cela et t’y donner, afin que tous voient tes progrès. Sois attentif à ta conduite et à ton enseignement ; mets-y de la persévérance. En agissant ainsi, tu obtiendras le salut, pour toi-même et pour ceux qui t’écoutent. » (1 Tim4, 12-16). Au même fils Timothée, saint Paul demandera que personne ne méprise son jeune âge mais qu’il soit au contraire pour les fidèles un modèle en parole, en amour et en conduite (1Tim4, 12).

      Ces hommes viendront de toutes parts et de tous milieux pour te parler et t’écouter leur enseigner la Parole de Dieu qui libère et qui donne la vie. Reçois-les tels qu’ils sont, surtout avec leurs qualités et leurs défauts.

 

     Mon cher Bernard,

     Voici le chemin tout tracé que tu dois emprunter pour accomplir et réussir cette précieuse mission auprès des hommes. Mais, ne te fais pas d’illusion. Le sacerdoce n’efface pas la nature. C’est pourquoi tout cela ne peut être possible qu’en mettant fortement et fermement ta foi à contribution. Il te faudra donc prier, prier beaucoup et prier toujours. La prière sera le moteur et la force de toutes tes activités. Elle leur donnera du goût et de la saveur, du parfum et du punch, de l’entrain et de l’élan.

 

     Dans ta lourde et noble mission de pasteur et de prêtre, tu rencontreras forcément de l’adversité, de l’opposition, des frustrations, même de la haine et du mépris de tout genre et même de toute part y compris dans ton environnement immédiat. La confraternité n’est malheureusement pas un paradis. Mais demeure fort pour surmonter toutes les adversités et les contradictions confraternelles. Efforce-toi de vaincre la haine et le mépris qui se dresseront sur ton chemin.

 

     Tu n’entreprendras rien avec la haine et le mépris. Tu te rappelleras à tout instant que ton maître est passé par là et qu’il en est sorti vainqueur et que devenu son disciple et son serviteur, un autre chemin, mieux que le sien ne t’est possible. Sois donc fort et courageux en toutes occasions. Sache en qui tu as mis ta foi et ta confiance.

 

     Dans ton ministère sacerdotal, que la vérité te soit une alliée sûre. Tu feras tout et tu diras tout dans la vérité selon ce que le Christ exige et impose à ses disciples et à ses serviteurs. La vérité te rendra libre si tu sais la faire et la dire. Aie quotidiennement le souci de la vérité. Elle te libèrera de tout. Fais-en une partenaire sûre et fidèle qui saura te tenir et te maintenir en toutes occasions. Aujourd’hui, la situation quasi tragique que nous vivons dans notre pays s’explique en grande partie par le mensonge et la duplicité érigés en modèles de gouvernement aussi bien dans la société que dans l’Eglise. La vérité est prise en otage par des gouvernants et politiciens ignares, véreux et affairistes, prompts à mentir en fabriquant des slogans trompeurs qu’à travailler pour le bien-être du peuple. Ceux qui nous gouvernent et ceux qui aspirent nous gouverner mentent copieusement et pompeusement, sans honte devant caméras et micros. Le mensonge est lamentablement et honteusement érigé en constitution dans notre pays par le pouvoir et son opposition. Chacun ment pour avoir le plus de supporters nationaux et internationaux. Le président et ses ministres mentent au peuple. Les directeurs généraux mentent à leurs employés pour garder pour eux seuls les ressources de l’entreprise. Les députés et les maires mentent eux aussi à leurs administrés pour se faire aimer et réélire souvent dans le feu et le sang. Mon cher Bernard, tu n’inscriras jamais ton sacerdoce et ta mission dans ce registre mensonger fait de demi-vérités, de contre-vérités, de faux fuyants et de louvoiement. Ce registre est dangereux. Sois un homme et un prêtre de vérité. Dis-là à temps et à contretemps selon ce que l’Evangile nous enseigne et quel que soit ce que cela te coûtera. Car l’Evangile n’est pas fondé sur le mensonge mais sur la Vérité. Le Christ est la Vérité. Il a été tué pour avoir dit la vérité aux gouvernants de son époque. Dis la vérité à tous : dis-la à tes confrères infidèles, aux politiciens véreux, aux gouvernants affairistes, aux enseignants corrompus, aux élèves et aux étudiants paresseux et tricheurs, aux administrateurs incompétents, aux maires et aux conseillers généraux détourneurs de fonds publics. Fuis le mensonge comme une peste. Ne sois pas l’allié des menteurs. Embrasse et enseigne la vérité comme une amie fidèle qui sait se livrer et s’offrir à tout moment et dignement. Sois un prêtre courageux, intègre et digne, exigeant envers toi-même d’abord et envers les autres ensuite. Ne brade point et ne vends point ta dignité sur l’autel du mensonge, de la fausseté, de l’argent et du gain faciles. Ne sois pas l’allié des politiciens pour profiter de leur largesse et pour fermer ta bouche à la vérité que tu dois leur dire. N’aie pas peur de leur dire la vérité, même fraternellement ou douloureusement, qu’ils l’acceptent ou pas. dans le domaine de la vérité, ne fais plaisir à personne.

 

     Dans ton sacerdoce, mon cher frère Bernard, sois familier au temps. Fais-en un allier sûr et fidèle, formidable et incontestable. Le temps, c’est sûr, est l’autre nom de Dieu. C’est en lui, avec lui et par lui que doit s’inscrire tout ton sacerdoce et ton action pastorale. Ne va pas plus vite que le temps. Ne reste pas non plus en retard sur le temps. Ne sois pas pressé. Ou alors, parce que tu es pressé par le temps va doucement, lentement mais sûrement. Donne du temps au temps. Accorde de l’importance au travail bien fait dans le temps. Organise, planifie, dirige et conduit toute ta pastorale dans le temps et avec le temps. Vis dans le temps et surtout vis ton temps. Demeure fort et vigoureux dans le temps. Sois un prêtre de ton temps. Les solutions et remèdes que tu proposeras aux problèmes qui se poseront à toi doivent s’inspirer aussi de ton temps. Ne sois pas un prêtre dépassé et périmé, démodé et dépaysé par les réalités et les enjeux de son temps. Sois au parfum de l’actualité et de l’évolution de ton temps. Aie un esprit frais et nouveau, toujours garni et vif, prêt à bondir et à rebondir. C’est pourquoi il te faut te cultiver ardemment, t’instruire sagement et t’éduquer harmonieusement. Instruis-toi sans cesse pour être en phase avec les réalités de la vie moderne. Ne te lasse jamais de fouiller dans les livres pour apprendre la science et le savoir de Dieu qui s’y trouvent consignés. Ne sois pas un prêtre fainéant et paresseux, toujours fatigué parce que dépassé par les évènements et en retard de plusieurs années sur son temps, sur l’actualité et l’évolution du monde. Ne te contente pas uniquement de lire et de méditer la Bible et de prier ton bréviaire. Accompagne tout cela d’autres lectures et méditations qui te feront davantage comprendre la Bible. Ne sois pas non plus un prêtre fonctionnaire. Sois imaginatif, inventif et créatif. Suscite, crée et recrée, dynamise et redynamise ta pastorale. Donne-lui toujours un souffle nouveau. Ne sois pas un prêtre antiquaire, occupé et préoccupé à gérer des institutions et des projets pastoraux surpassées et largement démodées en contradiction fragrante avec l’esprit moderne. Ne sois pas un prêtre affairiste, toujours à la recherche de l’argent et beaucoup plus préoccupé à compter les quêtes ordinaires et spéciales, à s’investir dans les affaires, l’immobilier ou le mobilier et à multiplier ses comptes en banque. Contente-toi du nécessaire, de ce qu’il te faut juste pour la mission. Ne t’encombre pas avec le luxe. Tiens-toi bien loin de l’argent. Il est un très bon serviteur mais un très mauvais maître. Il peut te lâcher à tout moment.

 

     Respecte les exigences de ton sacerdoce, entre autres le célibat et la chasteté. Ne sois point objet de scandale sur ce terrain trop facilement glissant, encombrant, engouffrant et trop souvent épuisant et étouffant.

 

     Prends soin de toi. Ne néglige rien pour maintenir ta santé intacte et vigoureuse pour la mission que Dieu te confie par les soins de notre évêque. Ne néglige point le repos du pasteur toujours nécessaire pour se revigorer et se régénérer. Jouis de cette santé qui te permettra de répondre toujours présent là où la mission t’appelle.

 

     Avec tes confrères prêtres, tu n’entreprendras point d’actes et ne prononceras point de paroles qui mettraient en cause votre confraternité. Vis, mange et travaille avec eux. Apprends ta mission auprès d’eux. Ne forme point de bande à part contre eux. Ne t’allie pas avec certains pour dénigrer d’autres. Sois humble avec eux, surtout avec les aînés qui auront beaucoup à t’apprendre sur ce chemin délicat que tu empruntes maintenant. Profite de leur expérience du sacerdoce que tu embrasses maintenant pour forger la tienne. Cela sera pour toi un grand avantage dans tes actions pastorales. Sois discret dans toutes tes activités et moins bavard en compagnie de tes amis. Ne flirte pas avec l’alcool, n’en fais point un allié, aussi important fût-il. Fuis-le quand il le faut. Il risque de noyer dangereusement tout ton sacerdoce, tout ton dynamisme et toutes tes bonnes idées. Sois modéré et doux, équilibré et pondéré, prudent et raisonnable en tout ce que tu diras et feras. Evite de trop parler. Sache parler et te taire quand il le faut. Sois raisonnablement rigoureux. Ne sois point déraisonnable, incompréhensible et illisible ; ne sois pas non plus démesuré et passionné. Prends le temps de t’asseoir, de réfléchir et de bâtir ta pastorale. Ne sois jamais un prêtre toujours parti, plus présent ailleurs que dans sa paroisse. Ne sois jamais aussi un prêtre malheureux et accablé, triste, miséreux et piteux quelles que soient les circonstances et les difficultés qui de toutes les façons ne manqueront jamais. Souviens-toi-toi toujours, quelles que soient les circonstances, que tu as choisi une bonne part auprès du Seigneur et des hommes. Dans ton ministère pastoral, sois généreux, bienveillant et charitable avec tout le monde. Accorde une place de choix aux plus pauvres qui auront toujours recours à toi malgré ta pauvreté. Ne sois jamais avare. Tu en amasseras beaucoup de dividendes et de grâces.

 

 

     Mon cher Bernard,

     Voilà ce que m’inspire cet évènement heureux que tu nous permets de vivre aujourd’hui avec toi, les tiens et le peuple de Dieu rassemblés ici en ton nom. Ces petits conseils, fais-en ton vade-mecum quand tu méditeras quotidiennement la parole de Dieu. Trouve dans celle-ci et ces modestes conseils l’énergie nécessaire et vitale pour aller plus au large dans ton sacerdoce que je souhaite fructueux, abondant, généreux, riche et prolifique pour toi et pour tout l’ensemble du peuple de Dieu que tu auras à servir.

 

     La Vierge Marie, notre mère du Ciel et mère des prêtres se tient auprès de toi chaque jour qui prie sans cesse pour toi, te conduisant et t’éclairant sans cesse sur le chemin qui mène à son fils. Ce chemin, elle le sait tortueux. C’est pourquoi elle ne t’abandonnera jamais. Tu es entré, par le sacerdoce, dans le cercle privilégié de ceux qu’elle aime d’un amour prévenant et plein de sollicitude. Fais-lui confiance en toutes occasions. Remets-toi à elle quand tout semble s’obscurcir devant toi. Son soutien ne te manquera jamais.

 

     Puisse le Seigneur, Lui-même qui a fait de toi son serviteur, te conduire sur ses chemins et te bénir, toi, ta famille et tous ceux que tu connais.

 

 

 

                                                                  Père Colbert Jean KONAN

                                                                                  05 69 11 69

                                                                                  doud_iojean@yahoo.fr

                                                                                   www.perekjean.vip-blog.com

mon Homélie pour le père Bernard Ouédraogo

09/02/2013 22:49 par perekjean

  • mon Homélie pour le père Bernard Ouédraogo

    mon Homélie pour le père Bernard Ouédraogo

    09/02/2013 22:49 par perekjean

Messe d’action de grâce du père Bernard OUEDRAOGO

Sainte Marie de Zuénoula

Dimanche 10 février 2013

 

 

     Mon cher Bernard,

     Comment ne pas être reconnaissant à ton égard pour cette marque de sympathie et de fraternité que tu me manifestes en me demandant de te parler et de parler en ton nom aujourd’hui même où tu célèbres cette messe pour rendre grâce au Seigneur pour tous ses bienfaits à ton endroit!

 

     Aujourd’hui où il te plaît de convoquer tout le peuple chrétien de sainte marie de Zuénoula et des parents et amis venus d’ailleurs, tu fais en même temps reconnaître à tous que la Parole de Dieu est sans limite et elle s’intéresse à tous les hommes ; Parole éternelle d’amour et de vérité, Parole de grâces et de fidélité à Dieu et aux hommes, Parole qui rassemble et édifie.

   

     Dans la mouvance de la joie due à ton ordination sacerdotale, nous voici rassembler autour de l’autel du Seigneur, convoqués par toi. Tu nous invites à partager la joie qui est la tienne et à nous émouvoir avec toi de ce que le Seigneur lui-même, de son propre chef et par pure grâce, fait pour toi. Ce qu’il a fait pour toi et pour lequel nous répondons à ton invitation pressante et enthousiaste de ce jour, c’est qu’il ta consacré. Il t’a oint, faisant de toi un envoyé, un prêtre. Tu rejoins ainsi la noble lignée de nos Ancêtres prêtres dont l’Ancien testament fait échos, lequel échos est merveilleusement repris et amplifié par le Christ lui-même, Grand prêtre par excellence dont tu deviens serviteur.

 

     Qu’est-ce qu’un prêtre ? Qui est-ce qui est le prêtre que tu es devenu depuis le 2 février 2013 grâce à la consécration reçue des mains de notre évêque?

    

     Dans l’Ancien testament, le prêtre était chargé de la garde du sanctuaire et du temple. Il assumait cette tâche spirituelle aux côtés des tâches royales et prophétiques assumées respectivement par le roi et les prophètes. En tant qu’autorité spirituelle, il avait une charge cultuelle au milieu du peuple pour qui il priait. Il était le sanctificateur. La prêtrise à cette époque était une affaire de clan et de tribu. Elle était exclusivement réservée à la tribu de Lévi et les descendants d’Aaron en recevaient un statut particulier.

 

     Dans le Nouveau testament, le Christ assume toute la prêtrise et le sacerdoce qui en découle de façon particulière et la conduit à sa plénitude. Désormais, avec lui, il n’y a plus qu’un seul prêtre : le Christ lui-même ; un grand prêtre éminent qui a traversé les cieux, non pas pris entre les hommes et établi par les hommes afin d’offrir des sacrifices pour eux et pour lui-même, mais établi par Celui qui a dit : « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui », et dont le sacrifice est offert une fois pour toutes, pour un rachat définitif de toute l’humanité. Il est « prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech », ce prêtre extraordinaire et providentiel dont parlait déjà l’Ancien testament. Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire pour se purifier. Il est entré dans les cieux. Il est ainsi le prêtre parfait assis pour toujours à la droite de son Père.

 

     L’Eglise, par la voix du saint Concile Vatican II définit le prêtre comme serviteur du Christ Docteur, Prêtre et Roi, ministre de la Parole de Dieu, ministre des sacrements et de l’Eucharistie, chef du peuple de Dieu et agissant en la Personne du Christ.

 

     Permets-moi ici, mon cher Bernard, de te rappeler à toutes fins utiles ce que tu voulais faire une fois devenu prêtre. Cela tu l’as exprimé clairement et publiquement, selon le rite d’ordination, devant tout le peuple de Dieu réuni pour ton ordination le samedi 2 février dernier en l’Eglise Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Face de Daloa.

 

  • Tu as voulu devenir prêtre, collaborateur des évêques dans le sacerdoce, pour servir et guider le peuple de Dieu, ministre des sacrements et de l’Eucharistie, chef du Peuple de Dieu et agissant en la Personne du Christ.
  • Tu as voulu également accomplir fidèlement le ministère de la Parole, c’est-à-dire annoncer l’Evangile et exposer la foi catholique.
  • Tu as voulu enfin, en devenant prêtre, célébrer avec foi les mystères du Christ, selon la Tradition de l’Eglise, pour la louange de Dieu et la sanctification du peuple chrétien.

 

 

     Mon cher Bernard,

     Voilà ce que tu es devenu. Tu es choisi par Dieu du milieu des hommes, de tes parents et amis, pour le servir en servant les hommes, le Peuple que Dieu lui-même s’est acquis. C’est donc une mission que tu reçois : une mission de Service. Au cœur de cette mission, se trouve l’homme : tout homme et tout l’homme. En effet, depuis qu’il a plu au Seigneur de t’imposer les mains par son serviteur, notre évêque, tu as signé un pacte de relation avec l’homme. L’homme devient ainsi pour toi le vrai sens de ton sacerdoce. Ta mission auprès de lui sera de lui révéler ce qu’il est en réalité : c’est-à-dire créature et fils de Dieu. Cette mission ne sera possible que dans la seule mesure où tu aimeras véritablement cet homme. L’amour véritable sera au cœur de ta relation avec les hommes que Dieu te confie. Il doit être un amour vrai et sincère, un amour sans compromission possible, un amour qui instruit et libère de toute servitude, de tout enfantillage et de tout mensonge. Et les vertus et autres qualités humaines qu’il te faut posséder pour accomplir cette mission sont celles-là mêmes que nous enseigne notre Maître commun, le Christ : la patience, la sagesse, l’intelligence, la prudence, la justice, la délicatesse et la finesse.

 

     Je voudrais ici même reprendre à ton profit les conseils de l’Apôtre Paul à son fils bien aimé Timothée que nous avons écoutés dans la deuxième lecture: « Fils bien-aimé, sois pour les croyants un modèle par ta façon de parler et de vivre, par ton amour et ta foi, applique-toi à lire l’Ecriture aux fidèles, à les encourager et à les instruire. Ne néglige pas le don de Dieu qui est en toi, ce don que tu as reçu grâce à l’intervention des prophètes, quand l’Assemblée des Anciens a imposé les mains sur toi. Tu dois prendre à cœur tout cela et t’y donner, afin que tous voient tes progrès. Sois attentif à ta conduite et à ton enseignement ; mets-y de la persévérance. En agissant ainsi, tu obtiendras le salut, pour toi-même et pour ceux qui t’écoutent. » (1 Tim4, 12-16). Au même fils Timothée, saint Paul demandera que personne ne méprise son jeune âge mais qu’il soit au contraire pour les fidèles un modèle en parole, en amour et en conduite (1Tim4, 12).

      Ces hommes viendront de toutes parts et de tous milieux pour te parler et t’écouter leur enseigner la Parole de Dieu qui libère et qui donne la vie. Reçois-les tels qu’ils sont, surtout avec leurs qualités et leurs défauts.

 

     Mon cher Bernard,

     Voici le chemin tout tracé que tu dois emprunter pour accomplir et réussir cette précieuse mission auprès des hommes. Mais, ne te fais pas d’illusion. Le sacerdoce n’efface pas la nature. C’est pourquoi tout cela ne peut être possible qu’en mettant fortement et fermement ta foi à contribution. Il te faudra donc prier, prier beaucoup et prier toujours. La prière sera le moteur et la force de toutes tes activités. Elle leur donnera du goût et de la saveur, du parfum et du punch, de l’entrain et de l’élan.

 

     Dans ta lourde et noble mission de pasteur et de prêtre, tu rencontreras forcément de l’adversité, de l’opposition, des frustrations, même de la haine et du mépris de tout genre et même de toute part y compris dans ton environnement immédiat. La confraternité n’est malheureusement pas un paradis. Mais demeure fort pour surmonter toutes les adversités et les contradictions confraternelles. Efforce-toi de vaincre la haine et le mépris qui se dresseront sur ton chemin.

 

     Tu n’entreprendras rien avec la haine et le mépris. Tu te rappelleras à tout instant que ton maître est passé par là et qu’il en est sorti vainqueur et que devenu son disciple et son serviteur, un autre chemin, mieux que le sien ne t’est possible. Sois donc fort et courageux en toutes occasions. Sache en qui tu as mis ta foi et ta confiance.

 

     Dans ton ministère sacerdotal, que la vérité te soit une alliée sûre. Tu feras tout et tu diras tout dans la vérité selon ce que le Christ exige et impose à ses disciples et à ses serviteurs. La vérité te rendra libre si tu sais la faire et la dire. Aie quotidiennement le souci de la vérité. Elle te libèrera de tout. Fais-en une partenaire sûre et fidèle qui saura te tenir et te maintenir en toutes occasions. Aujourd’hui, la situation quasi tragique que nous vivons dans notre pays s’explique en grande partie par le mensonge et la duplicité érigés en modèles de gouvernement aussi bien dans la société que dans l’Eglise. La vérité est prise en otage par des gouvernants et politiciens ignares, véreux et affairistes, prompts à mentir en fabriquant des slogans trompeurs qu’à travailler pour le bien-être du peuple. Ceux qui nous gouvernent et ceux qui aspirent nous gouverner mentent copieusement et pompeusement, sans honte devant caméras et micros. Le mensonge est lamentablement et honteusement érigé en constitution dans notre pays par le pouvoir et son opposition. Chacun ment pour avoir le plus de supporters nationaux et internationaux. Le président et ses ministres mentent au peuple. Les directeurs généraux mentent à leurs employés pour garder pour eux seuls les ressources de l’entreprise. Les députés et les maires mentent eux aussi à leurs administrés pour se faire aimer et réélire souvent dans le feu et le sang. Mon cher Bernard, tu n’inscriras jamais ton sacerdoce et ta mission dans ce registre mensonger fait de demi-vérités, de contre-vérités, de faux fuyants et de louvoiement. Ce registre est dangereux. Sois un homme et un prêtre de vérité. Dis-là à temps et à contretemps selon ce que l’Evangile nous enseigne et quel que soit ce que cela te coûtera. Car l’Evangile n’est pas fondé sur le mensonge mais sur la Vérité. Le Christ est la Vérité. Il a été tué pour avoir dit la vérité aux gouvernants de son époque. Dis la vérité à tous : dis-la à tes confrères infidèles, aux politiciens véreux, aux gouvernants affairistes, aux enseignants corrompus, aux élèves et aux étudiants paresseux et tricheurs, aux administrateurs incompétents, aux maires et aux conseillers généraux détourneurs de fonds publics. Fuis le mensonge comme une peste. Ne sois pas l’allié des menteurs. Embrasse et enseigne la vérité comme une amie fidèle qui sait se livrer et s’offrir à tout moment et dignement. Sois un prêtre courageux, intègre et digne, exigeant envers toi-même d’abord et envers les autres ensuite. Ne brade point et ne vends point ta dignité sur l’autel du mensonge, de la fausseté, de l’argent et du gain faciles. Ne sois pas l’allié des politiciens pour profiter de leur largesse et pour fermer ta bouche à la vérité que tu dois leur dire. N’aie pas peur de leur dire la vérité, même fraternellement ou douloureusement, qu’ils l’acceptent ou pas. dans le domaine de la vérité, ne fais plaisir à personne.

 

     Dans ton sacerdoce, mon cher frère Bernard, sois familier au temps. Fais-en un allier sûr et fidèle, formidable et incontestable. Le temps, c’est sûr, est l’autre nom de Dieu. C’est en lui, avec lui et par lui que doit s’inscrire tout ton sacerdoce et ton action pastorale. Ne va pas plus vite que le temps. Ne reste pas non plus en retard sur le temps. Ne sois pas pressé. Ou alors, parce que tu es pressé par le temps va doucement, lentement mais sûrement. Donne du temps au temps. Accorde de l’importance au travail bien fait dans le temps. Organise, planifie, dirige et conduit toute ta pastorale dans le temps et avec le temps. Vis dans le temps et surtout vis ton temps. Demeure fort et vigoureux dans le temps. Sois un prêtre de ton temps. Les solutions et remèdes que tu proposeras aux problèmes qui se poseront à toi doivent s’inspirer aussi de ton temps. Ne sois pas un prêtre dépassé et périmé, démodé et dépaysé par les réalités et les enjeux de son temps. Sois au parfum de l’actualité et de l’évolution de ton temps. Aie un esprit frais et nouveau, toujours garni et vif, prêt à bondir et à rebondir. C’est pourquoi il te faut te cultiver ardemment, t’instruire sagement et t’éduquer harmonieusement. Instruis-toi sans cesse pour être en phase avec les réalités de la vie moderne. Ne te lasse jamais de fouiller dans les livres pour apprendre la science et le savoir de Dieu qui s’y trouvent consignés. Ne sois pas un prêtre fainéant et paresseux, toujours fatigué parce que dépassé par les évènements et en retard de plusieurs années sur son temps, sur l’actualité et l’évolution du monde. Ne te contente pas uniquement de lire et de méditer la Bible et de prier ton bréviaire. Accompagne tout cela d’autres lectures et méditations qui te feront davantage comprendre la Bible. Ne sois pas non plus un prêtre fonctionnaire. Sois imaginatif, inventif et créatif. Suscite, crée et recrée, dynamise et redynamise ta pastorale. Donne-lui toujours un souffle nouveau. Ne sois pas un prêtre antiquaire, occupé et préoccupé à gérer des institutions et des projets pastoraux surpassées et largement démodées en contradiction fragrante avec l’esprit moderne. Ne sois pas un prêtre affairiste, toujours à la recherche de l’argent et beaucoup plus préoccupé à compter les quêtes ordinaires et spéciales, à s’investir dans les affaires, l’immobilier ou le mobilier et à multiplier ses comptes en banque. Contente-toi du nécessaire, de ce qu’il te faut juste pour la mission. Ne t’encombre pas avec le luxe. Tiens-toi bien loin de l’argent. Il est un très bon serviteur mais un très mauvais maître. Il peut te lâcher à tout moment.

 

     Respecte les exigences de ton sacerdoce, entre autres le célibat et la chasteté. Ne sois point objet de scandale sur ce terrain trop facilement glissant, encombrant, engouffrant et trop souvent épuisant et étouffant.

 

     Prends soin de toi. Ne néglige rien pour maintenir ta santé intacte et vigoureuse pour la mission que Dieu te confie par les soins de notre évêque. Ne néglige point le repos du pasteur toujours nécessaire pour se revigorer et se régénérer. Jouis de cette santé qui te permettra de répondre toujours présent là où la mission t’appelle.

 

     Avec tes confrères prêtres, tu n’entreprendras point d’actes et ne prononceras point de paroles qui mettraient en cause votre confraternité. Vis, mange et travaille avec eux. Apprends ta mission auprès d’eux. Ne forme point de bande à part contre eux. Ne t’allie pas avec certains pour dénigrer d’autres. Sois humble avec eux, surtout avec les aînés qui auront beaucoup à t’apprendre sur ce chemin délicat que tu empruntes maintenant. Profite de leur expérience du sacerdoce que tu embrasses maintenant pour forger la tienne. Cela sera pour toi un grand avantage dans tes actions pastorales. Sois discret dans toutes tes activités et moins bavard en compagnie de tes amis. Ne flirte pas avec l’alcool, n’en fais point un allié, aussi important fût-il. Fuis-le quand il le faut. Il risque de noyer dangereusement tout ton sacerdoce, tout ton dynamisme et toutes tes bonnes idées. Sois modéré et doux, équilibré et pondéré, prudent et raisonnable en tout ce que tu diras et feras. Evite de trop parler. Sache parler et te taire quand il le faut. Sois raisonnablement rigoureux. Ne sois point déraisonnable, incompréhensible et illisible ; ne sois pas non plus démesuré et passionné. Prends le temps de t’asseoir, de réfléchir et de bâtir ta pastorale. Ne sois jamais un prêtre toujours parti, plus présent ailleurs que dans sa paroisse. Ne sois jamais aussi un prêtre malheureux et accablé, triste, miséreux et piteux quelles que soient les circonstances et les difficultés qui de toutes les façons ne manqueront jamais. Souviens-toi-toi toujours, quelles que soient les circonstances, que tu as choisi une bonne part auprès du Seigneur et des hommes. Dans ton ministère pastoral, sois généreux, bienveillant et charitable avec tout le monde. Accorde une place de choix aux plus pauvres qui auront toujours recours à toi malgré ta pauvreté. Ne sois jamais avare. Tu en amasseras beaucoup de dividendes et de grâces.

 

 

     Mon cher Bernard,

     Voilà ce que m’inspire cet évènement heureux que tu nous permets de vivre aujourd’hui avec toi, les tiens et le peuple de Dieu rassemblés ici en ton nom. Ces petits conseils, fais-en ton vade-mecum quand tu méditeras quotidiennement la parole de Dieu. Trouve dans celle-ci et ces modestes conseils l’énergie nécessaire et vitale pour aller plus au large dans ton sacerdoce que je souhaite fructueux, abondant, généreux, riche et prolifique pour toi et pour tout l’ensemble du peuple de Dieu que tu auras à servir.

 

     La Vierge Marie, notre mère du Ciel et mère des prêtres se tient auprès de toi chaque jour qui prie sans cesse pour toi, te conduisant et t’éclairant sans cesse sur le chemin qui mène à son fils. Ce chemin, elle le sait tortueux. C’est pourquoi elle ne t’abandonnera jamais. Tu es entré, par le sacerdoce, dans le cercle privilégié de ceux qu’elle aime d’un amour prévenant et plein de sollicitude. Fais-lui confiance en toutes occasions. Remets-toi à elle quand tout semble s’obscurcir devant toi. Son soutien ne te manquera jamais.

 

     Puisse le Seigneur, Lui-même qui a fait de toi son serviteur, te conduire sur ses chemins et te bénir, toi, ta famille et tous ceux que tu connais.

 

 

 

                                                                  Père Colbert Jean KONAN

                                                                                  05 69 11 69

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l'argent ne circule pas: le pays est en grève

07/02/2013 14:44 par perekjean

                        L’argent ne circule pas : le pays est en grève

Dans son message très attendu par ses partisans et ses suiveurs zélés, Alassane Dramane Ouattara avait dit que l’argent ne circule pas parce qu’il travaille. Comme il en a pris l’habitude, il a chanté la litanie de ses réalisations en cours. Sans être économiste, je ne suis pas sûr que cela soit une théorie économique. Même si par extraordinaire il l’était, elle serait la pire d’entre les autres. En réponse à cette piètre et triste théorie sortie de la bouche d’un « expert en économie », dont les « mérites » sont surestimés et vantés dans le monde entier par des amis aveuglement acquis à sa cause, les fonctionnaires ivoiriens, qui refusent de mourir de faim, ont décidé légitimement de rentrer en grève. Selon les témoignages recueillis ici et là, dans tout le pays, cette grève est très largement suivie nonobstant l’arrogance et les lâches menaces de ceux qui devraient légitiment la faire éviter. Ainsi, les fonctionnaires ivoiriens, dans leur grande majorité et dans leur diversité politique, ont refusé de croire aux sirènes qui font pleuvoir des milliards à chaque déplacement du mentor du Plateau. Je salue personnellement ces braves fonctionnaires qui à leur manière disent non ici et maintenant à la dictature des chiffres truqués qu’on impose aux ivoiriens depuis deux ans maintenant. A l’épreuve des faits, on se rend bien compte que nous vivons dans le mensonge d’Etat arrosé et entretenu avec le soutien suspect et nauséeux de la maudite Communauté internationale qui ne sait en réalité que faire la guerre en suscitant des rebellions dans le monde pour imposer davantage son pouvoir vicieux et sa dictature franc-maçonnique. Dame Lagarde, lors de sa visite de prestige et de charme chez nous, il y a peu, s’est donné en triste et horrible spectacle devant notre Assemblée régionale et tribale. Aujourd’hui, la grève des enseignants et du personnel de la santé rattrape fort bien ce mensonge international planifié. Les chiffres qu’on prend pour nous endormir ne sont en fait que de la pure mystification , un opium pour couvrir les conséquences du rattrapage ethnique avec son lot de détournements de fonds à l’avantage des roitelets guerriers que Sarkozy et sa clique françafricaine nous ont imposé depuis deux ans à travers leurs bombes démocratiques. L’on parle d’une vidéo où le criminel Wattao s’enorgueillit derrière des liasses de billets de banques, son trésor de guerre acquis dans le sang des ivoiriens. Quant au petit gros, il serait à la tête d’un colossal empire financier et sa femme peut se permettre d’offrir une Peugeot 4X4 flambant neuf à sa mère lors de la fête des mères à Zakoua dans le département de Daloa. Ainsi va la Côte d’Ivoire moderne, dirigée par des affairistes sans foi ni loi, programmée et téléguidée pour être émergente, pas en 2020 mais à « l’horizon 2020 » ! Où se situe cet horizon brumeux? Les fonctionnaires de notre pays en grève, que je soutiens dans leur lutte pour conquérir leur dignité sociale, nous lancent un appel fort que nous devons saisir pour orienter notre lutte contre la dictature abidjanaise. Tant que ces politiciens opposants véreux et affairistes agiront dans leurs différentes chapelles politiques et pour leur propre calcul, ne défendant que leurs propres intérêts en s’alliant à la dictature abidjanaise pour en tirer des dividendes à leur seul profit, notre lutte ne porterait aucun fruit. Soutenir cette grève et celle à venir, c’est refuser la corruption et la dictature qui enrichissent un clan au détriment des autres. En ouvrant le front social du côté des enseignants et du personnel médical, nous avons à comprendre que la crise économique que traverse notre pays malgré les opérations de communication est l’échec de celui qui s’arroge le titre ronflant de grand économiste. Suffit-il de séjourner au FMI, cette monstrueuse institution, cette machine à fabriquer des pauvres en Afrique, pour prétendre rendre un pays émergent ? Les pays émergents que l’on connaît aujourd’hui n’ont pas été dirigés par des économistes sortis des entrailles économiques du FMI. Seuls une gestion rigoureuse des biens du pays, avec les compétences requises et reconnues, le tout dans un climat social et politique civilisé conduit à l’émergence des nations pauvres. Pour ne l’avoir pas encore compris, ceux qui nous dirigent aujourd’hui passent leur temps à quémander des milliards qui finissent toujours dans les caisses et les comptes des chefs de guerre protégés par la communauté internationale. La grève que vit notre pays en ce moment est un signal fort à saisir pour « déboulonner » ce pouvoir de la dictature et de la torture d’un autre âge. Nous sommes appelés à ouvrir les yeux pour voir les faiblesses d’un régime installé dans « le feu, la flamme et la boue » et qui chaque jour divise à souhait les ivoiriens.

     Pour terminer, essayons de lire et de comprendre que la défaite heureuse des éléphants face aux Nigérians était déjà le point de départ de cette grève. Les joueurs ont voulu d’une certaine façon exprimer leur colère à un système qui ne promeut que la médiocrité au sommet. Le sieur Lamouchi doit raisonnement retourner à ses cahiers et comprendre qu’entrainer une équipe comme la Côte d’Ivoire n’est pas un test ou un tremplin pour apprenti-entraineur. A l’épreuve du terrain, la promotion de la médiocrité essuie toujours des revers de ce genre. Quant aux éléphants eux-mêmes, ils doivent désormais avoir le courage de dire non à un sélectionneur sans poids et sans envergure. La compétition de la CAN n’est pas le champ d’expérimentation de l’amateurisme primaire et de la médiocrité sanctifiée.

     Je remercie cet ami de cette rubrique, Donatien Kautcha, qui a bien voulu me créer un blog pour diffuser encore plus amplement mes modestes réflexions. Désormais, vous pouvez donc les lire ou relire en cliquant sur ce lien : http.//perekjean.vip-blog.com

 

 

Père JEAN K.

perejeank@yahoo.fr

 

la france, ses ressortissants et ses intérets

07/02/2013 02:44 par perekjean

La France, ses ressortissants et ses intérêts

« La France n’est pas là pour protéger un régime mais ses ressortissants et ses intérêts ». C’est ce que le président français, l’anti-françafricain hors pair qui a même fait de façon unilatérale le deuil de la Françafrique devant caméras et micros, a eu à dire pour justifier l’intervention de son empire dans la malheureuse crise centrafricaine étouffée aujourd’hui par la guerre au Mali. Les analystes pointilleux et autres « spécialistes » patentés de l’Afrique ont passé par pertes et profits cette grave révélation du sieur Hollande, le roi de l’empire. En fait, il ne fait pas une révélation mais il confirme haut et fort ce que le commun des hommes claironne depuis belle lurette. Les ressortissants français, cette espèce rare, cette « race pure », venue de son empire natale pour se mêler aux eaux boueuses africaines doivent avoir un égard et un traitement spéciaux. Ils doivent être protégés contre les vilains et méchants africains qui s’en prennent à eux. On peut tuer des milliers de nègres aux dents noires. Mais il ne faut pas toucher aux fins  cheveux d’un seul blanc. Séparer l’ivraie du bon grain : telle est la théorie de la France quand il s’agit de protéger ses ressortissants en Afrique. Je crois savoir qu’il y a aussi des français aux Etats unis, au Canada, en Allemagne. Comment la France les traite-ils ? Y a-t-il une armée française dans ces pays pour protéger ces ressortissants ? La France protège aussi ses intérêts sur le continent africain. Par tous les moyens et sans état d’âme, elle protège ses intérêts. Même si elle doit exterminer des vies humaines africaines pour protéger ses intérêts, elle n’hésite pas un seul instant. Par mille fois, elle l’a démontré sur notre continent via la Françafrique barbare et sauvage, sans cœur. D’où la France tire-t-elle ses intérêts dont elle est tant jalouse au point de mépriser les Africains ? Comment un pays peut-il prendre en otage tout une partie d’un continent pour ses basses besognes ? Suffit-il d’être Français pour avoir droit de vie et de mort sur les Noirs et les surexploiter avec tant de mépris et de condescendance ? En protégeant ses ressortissants et ses intérêts en Afrique et non un régime, la France nous démontre une fois de plus et officiellement que sans l’Afrique et ses matières premières qui constituent l’essentiel de ses intérêts, elle n’est rien. Elle serait une puissance quelconque dans le monde. Les dirigeants africains comme le nôtre qui ne jurent que par la France et son soutien doivent bien comprendre que celle-ci n’agit pas en leur faveur parce qu’elle les aime tant mais plutôt parce qu’ils constituent les relais locaux de la colonie. Les sous-préfets qu’ils sont seront bien obligés de céder leur fauteuil dès lors qu’ils commenceront à faire entendre quelques voix discordantes à l’encontre de leur mandant. Quoi qu’on dise, les intérêts et les ressortissants français auront toujours la primauté sur la vie du Noir si les choses restent en l’état. La France ne lâchera jamais du lest surtout qu’aucune pression africaine ne viendra de nulle part. Les Dramane, Compaoré, Gnassingbé, Condé et consorts pourront toujours régner en dictateurs sur leurs sujets, tant qu’ils contribueront à protéger la race pure et ses intérêts, ils ne pourront jamais être perturbés et déboulonnés car la mission télécommandée depuis la France a pignon sur rue sous nos tropiques ensanglantés. Protéger les ressortissants français et les intérêts de la France signifiera toujours pour nous le prolongement de la traite négrière et de la colonisation sauvages qui se sont faites contres les peuples noirs. La France négrière n’a aucun intérêt à voir aujourd’hui les choses évoluées en faveur de ses anciens esclaves que nous sommes. La France, qui est en retard de plusieurs décolonisations, travaille à appauvrir les Noirs pour enrichir ses ressortissants et son empire.

la france, ses ressortissants et ses intérets

07/02/2013 02:34 par perekjean

et la guerre commença au mali

07/02/2013 01:56 par perekjean

Père Jean K. :?? je suis convaincu que la vérité va éclater et Laurent Gbagbo sera blanchi pour de bon??

05/02/2013 14:08 par perekjean

Père Jean K. :”… je suis convaincu que la vérité va éclater et Laurent Gbagbo sera blanchi pour de bon…”

 

Dans le cadre de notre série d’interview entreprise depuis un moment avec les combattants de la liberté, aujourd’hui nous recevons pour vous, un monsieur, homme Dieu très engagé. Pour lui, il ne faut pas monnayer Dieu avec le faux et donc par conséquent il faut dire au peuple de Dieu ce qui est afin que chacun prenne ses dispositions. Lui c’est le Père Jean K., maintenant laissons le nous parler:

Infodabidjan.net: Bonjour mon Père, présentez-vous au public.

Père Jean K. : Je suis le père JEAN K. Je suis prêtre Ivoirien depuis bientôt 11 ans et j’ai exercé plusieurs ministères dans mon diocèse. Présentement je prépare un master en théologie dogmatique.

Infodabidjan.net: Pourquoi avez-vous choisi la voie du combat alors que c’est est chose rare chez les hommes de Dieu?

Père Jean K. : La voie du combat n’est pas chose rare chez les hommes de Dieu. J’allais même dire que c’est courant. Chaque fois qu’un prêtre dénonce un fait de société ou des politiques hasardeuses de ceux qui gouvernent, il est de plain-pied dans le combat. Quand on parcourt l’histoire, on découvre des hommes de Dieu qui à un moment donné de cette histoire se sont résolument engagés dans la société soit en prenant vigoureusement position contre des faits d’injustice, soit en prenant directement la défense des opprimés. Des hommes de Dieu engagés, il n’y en a aussi chez nous en Côte d’Ivoire. L’engagement dans la société est une exigence de notre sacerdoce et de notre foi. Le prêtre vit dans la société et il ne peut pas rester insensible ou indifférent aux événements qui conduisent et marquent la vie de cette société surtout quand ceux-ci sont un contre témoignage de l’Evangile. C’est l’Evangile lui-même qui nous l’exige. Et le Christ, sur ce plan, est notre modèle. Il s’est révolté contre les dictateurs et les oppresseurs et cet engagement est notre héritage aujourd’hui. Nous devons l’assumer sans crainte et dans la foi. D’ailleurs la foi signifie le regard que Dieu veut que chacun de ses disciples porte sur sa situation dans ce monde où il vit. L’homme de Dieu qui n’a pas compris cela n’a pas sa place dans la moisson du Seigneur.

Infodabidjan.net: Quel est la réaction de vos supérieurs par rapport à vos écrits?

Père Jean K. : Je n’attends pas la réaction de mes supérieurs. Et je ne cherche pas à savoir ce qu’ils pensent. Je sais où je vais et ce que je fais. D’ailleurs, je ne parle pas au nom de l’Eglise. Je ne suis pas le porte-parole de l’Eglise de Côte d’Ivoire quand j’écris mes articles et prends fermement position sur tel ou tel sujet. L’Eglise est très organisée. Elle a ses structures officielles qui interviennent quand il le faut. Je ne suis pas membre de ces structures. Ce que je fais est ma conviction personnelle. Personne ne peut me demander d’en rendre compte. C’est ma foi en Jésus-Christ qui guide mes convictions et mes réactions. Je ne supporte pas la dictature et l’injustice et je me sens donc le devoir de les combattre partout où je les constate. En faisant cela je ne porte nullement atteinte à une quelconque hiérarchie.

Infodabidjan.net: Recevez-vous des menaces de personnes extérieures?

Père Jean K. : Non, je ne reçois aucune menace. D’ailleurs beaucoup ne me connaissent pas vraiment.

Infodabidjan.net: Comment recoivent vos fidèles vos écrits?

Père Jean K. : Je n’écris pas pour mes fidèles. Mes écrits ne sont pas des homélies ou des sermons de dimanche. J’écris pour tout le monde. Ceux qui savent que ces écrits viennent de moi les apprécient. Ils m’appellent même pour me féliciter et m’encourager. Ils apprécient la forme et le fond de mes écrits. Beaucoup disent que ce sont des propos courageux et engagés. Chacun est libre de faire sa lecture de mes écrits. Beaucoup aussi me prédestinent déjà à un avenir meilleur. Mais, croyez-moi, ce n’est pas mon objectif. Ça ne fait pas partie de mon programme. Je constate qu’il y a l’injustice et la dictature dans mon pays aujourd’hui et en tant que simple citoyen et prêtre, donc prophète, je réagis pour attirer l’attention de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui. C’est tout ce que je fais. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à le faire. Vous savez, les prophètes dans la Bible, surtout dans l’Ancien testament, avaient pour mission d’annoncer et de dénoncer les injustices de la société de leur époque. Le prêtre d’aujourd’hui dont la mission s’inscrit dans le sillage de celles des prophètes, ne peut pas faire autrement que ce que Jésus a fait. On n’est pas disciple du Christ pour prier seulement pour avoir accès au Royaume de Dieu.

Infodabidjan.net: Revenons à la crise ivoirienne, que dites-vous de cette crise?

Père Jean K. : C’est une crise absurde et laide. Depuis que je suis l’évolution de la vie politique dans mon pays, précisément depuis le retour du multipartisme, je constate que le mensonge est une règle d’or chez ceux qui font la politique chez nous et leurs suiveurs. Et ce que nous vivons depuis est le résultat de l’accumulation des mensonges des politiciens. Tout est mensonge. On arrive au pouvoir dans le mensonge. On règne dans le mensonge et on le quitte dans le mensonge. Quand les Ivoiriens apprendront à dire la vérité et à être honnêtes et intègres dans leur choix et agir politiques, vous verrez que nous ne vivrons plus de telles crises. Beaucoup ne savent pas pourquoi ils font la politique. Ou du moins pour eux la politique est un tremplin pour arrondir leur ventre ; c’est cela la ventrologie. Comme ils manquent de conviction et de vérité, ils passent de parti en parti pour assurer leurs arrières en protégeant leurs affaires. Tant qu’on aura ce genre de politiciens en Afrique et chez nous particulièrement, nous serons toujours en crise. Et celles qui viendront risquent d’être plus graves que celles que nous avons déjà connues. Il nous faut donc sortir des sentiers battus.

Infodabidjan.net: Pensez-vous qu’il peut avoir une vraie réconciliation dans l’état actuel des choses?

Père Jean K. : Non, il ne peut jamais avoir de réconciliation dans notre pays dans l’état actuel des choses. J’ai écrit beaucoup de papiers sur notre réconciliation. On n’a vraiment pas besoin d’être analyste ou expert pour constater et dire cela. Je dénonce d’abord la façon dont cette fameuse commission a été constituée. Je remarque que ceux qui l’ont inventée l’ont fait pour plaire à des amis extérieurs, la fameuse communauté internationale, pour recevoir des prébendes. Ensuite, ceux qui la composent ont été cooptés pour jouer le jeu, les civiles comme les religieux qui la composent. On a réuni des copains pour leur faire plaisir et les remercier pour leur soutien à leur mentor. Enfin, c’est une commission vérité qui paradoxalement ne dit pas et ne fait pas la vérité et a même peur de la vérité. Je suis convaincu que cette fameuse commission navigue à vue parce qu’elle manque de vérité. Elle sait bien ce qu’il faut pour prétendre réconcilier les Ivoiriens mais elle louvoie et tourne en rond. Elle est budgétivore mais proprement inefficace. C’est vraiment un gâchis. Il me semble que ses membres se complaisent dans cette situation parce que cela leur rapporte de l’argent, même beaucoup d’argent, surtout que cela vient des fameux bailleurs de fonds, toujours les mêmes. Ils veulent une tranquillité pour pouvoir piller davantage nos ressources. Et notre commission joue parfaitement le jeu. Mais elle le joue très mal.

Infodabidjan.net: Quel est votre mot pour Banny, président de la CDVR?

Père Jean K. : Un seul mot à Banny qui est chrétien : dire et faire la vérité au nom de sa foi en Christ. Lui et sa commission seront plus libres et efficaces en disant la vérité, rien que la vérité.

Infodabidjan.net: Pour vous, aucune réconciliation en Côte d’Ivoire n’est possible avec Laurent Gbagbo à La Haye?

Père Jean K. : Je ne suis pas le seul qui pense cela. L’évidence saute aux yeux de tous, sauf de ceux qui ne veulent pas la voir. Il y a beaucoup qui croient encore que les Ivoiriens peuvent se réconcilier aujourd’hui sans GBAGBO Laurent. Il faut être de mauvaise foi ou simplement aveugle pour croire cela. C’est en cela que je dis que la fameuse commission de Banny louvoie avec la vérité.

Infodabidjan.net: Comment avez-vous vécu le kidnapping et la déportation du Président de la République de Côte d’Ivoire, SEM Laurent Gbagbo?

Père Jean K. : C’était un grand moment de torture à la fois physique, psychologique, morale et même spirituelle pour moi. Il me semblait que je souffrais à sa place. Ce monsieur, je n’ai eu aucun contact avec lui. On ne peut pas me compter parmi ses amis ou pasteurs. Je n’ai jamais reçu un seul centime de lui. Mais ce que je ressens pour lui me dépasse parfois. J’ai vu le président GBAGBO pour la première fois en 1988, le jour où revenu d’exile, il a été reçu par le président Houphouët. Je ne me l’explique pas encore, depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui, ma sympathie pour ce monsieur ne s’est jamais émoussée. Je me souviens qu’à l’époque, j’étais encore en 4è au collège, mon père me forçait presque, de me détourner de lui et d’aimer le Pdci parce que je suis Baoulé. Je lui ai répondu naïvement et sèchement que je ne veux pas. Il a fini par me laisser tranquille. Depuis, j’ai suivi toutes ses activités jusqu’aujourd’hui et je vois en lui un grand combattant, un grand homme. Comprenez donc que son kidnapping et sa déportation soient pour moi des moments de douleurs et d’amertume. J’ai beaucoup souffert durant ces moments. Mais après, je me suis dit que c’est le destin de ce monsieur qui est de souffrir. Et je suis convaincu que ce monsieur n’a pas encore dit son dernier mot. Il a encore un grand avenir devant lui. C’est ma foi qui me fait croire à cela. Le président Gbagbo sera blanchi et compté un jour parmi les grands de ce monde. J’en suis convaincu.

Infodabidjan.net: Selon vous pourquoi Alassane refuse de faire partir d’autres ivoiriens à La Haye?

Père Jean K. : Lui seul sait pourquoi. Cependant je peux penser qu’étant lui-même un acteur clé et incontournable de cette crise, il sait ce qui l’attend en livrant ses complices à la CPI. Mais, mon jugement me fait croire qu’il n’échappera jamais au jugement de l’Histoire et de Dieu. Tôt ou tard l’Histoire le jugera.

Infodabidjan.net: Pensez-vous qu’il échappera à la justice des vrais ivoiriens, nous ne parlons pas de la justice des vainqueurs?

Père Jean K. : Il peut échapper à la justice des Ivoiriens, mais jamais à celle de l’Histoire. Vous savez, tout se paie sur cette terre. Et l’Histoire doit être pour chacun un grand livre qu’il doit lire chaque jour pour voir comment les choses se sont passées et comment on peut soi-même prévoir sa propre fin par rapport à ses agissements d’aujourd’hui.

Infodabidjan.net: Alassane est à la tête de la Côte d’Ivoire grâce à Sarkozy, maintenant qu’il n’est plus là, penses-tu que les choses vont changer?

Père Jean K. : Sur ce sujet, j’ai aussi écrit des articles. Ma conviction est que la relation entre la France, qu’elle soit droitière ou gauchère, ne changera jamais, du moins si nous-mêmes nous ne la faisons pas changer. Je ne suis donc pas de ceux qui jubilent parce que Hollande est arrivé au pouvoir. Beaucoup ont cru, naïvement, que l’arrivée d’OBAMA au pouvoir aux Etats-Unis allait développer l’Afrique comme par un coup de bâton magique. Quatre ans après, je crois que ceux-là regrettent d’avoir jubilé trop tôt. Concernant Sarkozy, je suis de ceux qui ont bruyamment jubilé de sa défaite. Je ne cesse de dire que ce monsieur est le pire président français que l’Afrique n’ait jamais connu. Il a trop fait de mal à l’Afrique, ce monsieur. Croyant, je suis convaincu qu’il a payé cash ses dérives en Afrique. Je le répète, tout se paye sur cette terre. Il faut que nous Africains prenions nos responsabilités pour nous libérer du joug français et occidental. Tant que nous resterons là à faire de petits calculs d’intérêts, nous serons toujours dominés et humiliés. Aucun peuple n’a jamais développé un autre peuple. Le jour où nous comprendrons cela, nous ferons un grand bond vers la vraie civilisation et nous irons plus loin.

Infodabidjan.net: Le 18 Juin 2012, le procès du Président Gbagbo commencera, attendez-vous quelque chose de particulière de ce procès?

Père Jean K. : Bien sûr que j’attends quelque chose de particulier, c’est sa libération pure et simple. Et je suis convaincu que la vérité va éclater et il sera blanchi pour de bon. Dieu ne peut pas faire payer à Gbagbo ce que les autres ont fait contre lui. Ce monsieur n’a rien fait de mal. Il était président et des individus sont venus l’attaquer nuitamment. Devant les hommes c’est lui qui a tort. Mais devant Dieu, c’est lui qui aura raison. Et comme la Justice appartient à Dieu, il la rendra en sa faveur. Apprêtons-nous à célébrer sa libération pour bientôt.

Infodabidjan.net: D’aucun dise que le Président fera une demande de mise en liberté provisoire, quel est votre avis?

Père Jean K. : Une mise en liberté provisoire n’a aucun sens. Pour lui, c’est une liberté totale qui lui sera accordée bientôt.

Infodabidjan.net: Pensez-vous que votre message est compris par votre public cible?

Père Jean K. : Je pense bien. Les échos qui me parviennent m’encouragent à persévérer dans mon discret engagement. Comme je l’ai dit, je ne le fais pas pour une gloire personnelle. Je le fais tout simplement par conviction due à ma foi catholique doublée de mon ministère sacerdotal.

Infodabidjan.net: Mon Père, votre dernier mot.

Père Jean K. : Je vous remercie pour votre soutien et surtout pour votre engagement pour la libération de notre pays des pouvoirs du mal. Quand on est convaincu de quelque chose, on n’a pas peur. Ensemble, libérons notre pays, pas avec des armes mais avec nos intelligences, nos convictions et notre foi. Allons jusqu’au bout!

Interview réalisée par Mawa Koné

Source: Infodabidjan.net